Cavaillon
Aux Vignères, à Cavaillon, Romain Gamet élève des carpes koï de différentes variétés. Un métier avant tout passion qu'il a dû apprendre seul, face à de nombreuses difficultés, dont il a su faire sa force.
Romain Gamet, de chez Gams Koï, aux Vignères, vit de sa passion pour les carpes koï.
© Crédit photo : CL
En France, il existe seulement quatre éleveurs de carpes koï. Romain Gamet est l'un d'eux. Depuis maintenant dix ans, il a lancé son entreprise 'Gams Koï', dans le seul et unique but de donner du sens à sa passion. L'argent ne l'intéresse pas. Pourtant, dans ce milieu, le marché est important. Mais ce qu'il souhaite avant tout, c'est obtenir l'élite, le poisson du plus haut niveau, pour sa collection personnelle. Une collection qui, en Europe, est considérée comme l'une des plus belles. Quand il en parle, c'est avec des étoiles plein les yeux.
C'est à l'âge de six ans que Romain commence à s'intéresser aux poissons. D'abord, avec ceux du canal, qu'il allait récupérer à l'épuisette avec ses cousins, avant de les mettre dans un bassin. "Quand on est petit-fils d'agriculteur, c'est plus facile et plus cool de creuser un trou pour y mettre de l'eau que d'avoir un aquarium", rigole-t-il. Rapidement, il complète sa collection avec des poissons rouges, puis une première carpe. Un passe-temps d'enfant devenu au fil de l'eau une passion, à tel point que pour avoir plus de poissons, le petit Romain travaillait pour sa mamie, afin d'avoir quelques sous. "Je ramassais les prunes, je plantais les salades...", tout cela dans un seul but : avoir des carpes de meilleure qualité.
À 17 ans, pour le plaisir et par passion, le jeune homme commence à faire de la reproduction. Puis, il a fallu donner du sens à tout ça. Depuis dix ans, Romain est à la tête de 'Gams Koï'.
Signe de fertilité et de prospérité, les carpes koï sont les poissons d'eau douce les plus chers du monde. Il en existe de nombreuses variétés. Mais ce qui plaît à Romain, c'est son côté rare, sa beauté, mais surtout qu'il soit paisible : "Avec eux, je ne pense pas aux problèmes, j'aime les regarder nager".
L'éleveur s'est spécialisé dans les tatégoïs, des variétés de carpes, très recherchées pour leur taille et leurs couleurs, mais aussi leur rareté et leur valeur, certaines pouvant atteindre des sommes folles auprès des passionnés du monde entier. Car ces poissons sont considérés comme de véritables œuvres d'art, des tableaux vivants.
Mais si certains y voient un business, Romain, lui, ne pense pas à l'argent. Pour preuve, il refuse de vendre certains de ses poissons, qu'il considère un peu comme ses enfants. "Si je produis des koï, ce n'est pas pour faire de l'argent. C'est pour faire le plus beau poisson, pour moi. Ceux qui ne voient que le gain, ça m'écœure."
Pour obtenir un poisson de Romain, il faut le mériter. Car en amont, ce dernier s'assure que le client est un fin connaisseur de cette espèce très spécifique. Un passionné comme lui, sinon, il n'y a pas de vente. L'homme de 36 ans ne laisse pas "ses bébés" à n'importe qui. Il a d'ailleurs une réelle relation de complicité avec eux. Lorsqu'il arrive près des bassins, ils se pressent pour venir le voir, et sont capables de reconnaître sa gestuelle, ses pas. Un lien qu'il crée avec eux au fil du temps, qui rend aussi la séparation plus difficile pour l'éleveur.
D'autant que le monde de la carpe koï est très fermé, monopolisé par le Japon et des familles qui règnent en maître depuis des générations sur le marché. "Personne ne veut vous apprendre", déplore Romain, qui a dû se former seul, à travers des livres, des vidéos, grâce à son vétérinaire et à force d'échecs. "Au début, je ne savais pas faire : j'ai dû apprendre dans la douleur, perdre des poissons", regrette-t-il. Mais à force d'abnégation, lui qui avoue être un gros bosseur, a appris la chimie de l'eau, à détecter des maladies, virus, à faire des soins, à adapter ses structures... Il doit aussi faire très attention aux bactéries, à l'origine d'infections qui pourraient facilement lui décimer l'ensemble de ses poissons.
Depuis des années, Romain cherche comment obtenir telle ou telle espèce de carpe koï, car il en existe des dizaines. Il réalise pour cela des croisements avec ses géniteurs, "pour essayer d'avoir la carpe avec la couleur et la taille parfaite". Car son objectif n'est pas de les vendre, loin de là. En éternel passionné, il cherche la perfection, l'élite. Un travail d'une vie, assume-t-il, mais qu'il ne voudrait arrêter pour rien au monde.
Lors de la saison de la reproduction, une fois par an, il doit ainsi trier entre 100 000 à 200 000 alevins, pour ne garder que les plus gros et les plus colorés. C'est ainsi qu'il peut espérer conserver les lignées d'exception qu'il développe.
Dans les années à venir, son objectif est de gagner des records du monde dans chacune des variétés qu'il produit. Plus loin dans l'avenir, il n'a qu'un souhait : que ses enfants reprennent l'affaire.
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06/06/2023
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