Couverts végétaux
La Fnab et l'Inrae ont travaillé de concert pour mettre au point un outil d'aide à la décision, afin d'aider les viticulteurs et les arboriculteurs à déterminer les espèces de couverts répondant aux services attendus.
Le nouvel Outil d'aile à la décision Cap Couverts a pour but d'aider les agriculteurs à sélectionner les espèces et les mélanges adaptés aux conditions pédoclimatiques de leurs sols et aux services rendus recherchés.
© Crédit photo : Civam Bio 66
Si l'intérêt de l'usage des couverts végétaux n'est plus à démontrer - particulièrement pour les cultures arboricoles et viticoles - en raison des niveaux élevés de dégradation du sol et de perte de biodiversité qu'elles présentent, des difficultés demeurent quant au choix des variétés, de leur mélange, mais aussi de leur conduite, de leur semis à leur destruction. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles l'usage des couverts végétaux est encore trop peu développé.
"Les couverts végétaux en agriculture biologique, on en parle beaucoup, et nombreux sont les GIEE (Groupements d'intérêt économique et environnemental, ndlr) à se pencher sur le sujet. Mais, force est de constater qu'en matière d'hectares couverts, cette pratique est loin d'être majoritaire, car les couverts sont assez complexes à mettre en œuvre et peuvent avoir un effet dépréciatif, si on les sème mal ou si on les détruit trop tard. La technicité que cela implique a sans doute un effet repoussoir pour nombre d'agriculteurs", analyse Nicolas Dubreil, animateur et conseiller en viticulture au Civam bio des Pyrénées-Orientales.
Outre cette pratique encore trop peu répandue, les couverts végétaux sont souvent utilisés en mono-espèce et peu de rotations sont réalisées. "Peu d'espèces sont utilisées actuellement, une dizaine environ, et on a tendance à raisonner par défaut au vu de leur disponibilité, et non par rapport aux objectifs que l'on recherche", ajoute-t-il.
Aussi pour faire évoluer les pratiques, diversifier les espèces et faciliter la tâche aux agriculteurs, les chercheurs de l'Inrae de Toulouse - en collaboration avec les Civam, le Groupe de recherche en agriculture biologique (Grab) et le réseau de la Fédération nationale de d'agriculture biologique (Fnab) - se sont lancés, en 2019, dans la création d'un Outil d'aide à la décision (OAD), au nom de code, Cap Couverts. S'inspirant du précédent OAD - développé par l'Inrae de Toulouse sous la houlette de Vladimir Gautier, Capflor - et permettant de déterminer les espèces à privilégier dans les prairies temporaires, Cap Couverts a pour but d'aider les agriculteurs à sélectionner les espèces et les mélanges adaptés aux conditions pédoclimatiques de leurs sols et aux services rendus recherchés. Autres objectifs : découvrir de nouvelles espèces utilisables en couvert, faciliter l'accès aux couverts diversifiés et favoriser la rotation des couverts végétaux.
Après trois ans de recherche, le projet est arrivé à terme en juillet dernier. Désormais, les chercheurs travaillent à la mise au point d'une version Bêta de l'OAD. Mais, avant sa version définitive, des tests de mélanges déterminés par l'OAD vont être réalisés dans les vignes et les vergers dès cet automne, ce qui permettra également de caractériser toutes les espèces existantes pour déterminer les services écosystémiques qu'elles rendent. L'étape suivante sera le déploiement de l'outil.
Comme pour n'importe quel autre OAD, l'agriculteur doit saisir quelques données : type de culture et contexte pédoclimatique (commune, type de sol). Le moteur de recherche se met en branle pour définir quelles seront, parmi les 77 espèces commerciales répertoriées, les mieux adaptées à implanter. Suit un deuxième niveau de sélection, à partir de la conduite que l'agriculteur souhaite retenir : durée de vie de l'enherbement ? Couverts à détruire ou pas ? Ce qui permet de réduire la liste des espèces. Ne reste plus qu'à entrer les services systémiques attendus (apport d'azote, gestion de la matière organique du sol, capacité mellifère des couverts, limitation du développement des adventices, augmentation de la capacité en rétention de l'eau...), pour obtenir une liste encore plus raccourcie. "Il restera alors probablement entre 10 et 30 espèces pour des requêtes classiques, ce qui constitue un pool encore large", reconnaît l'animateur du Civam bio.
Le moteur de recherche continue ensuite à tourner en combinant les espèces restantes, pour définir celles qui vont le mieux ensemble, et la proportion de chacune dans le mélange, en fonction des objectifs recherchés et des caractéristiques de la parcelle. "C'est un fonctionnement assez similaire à celui de l'OAD Capflor", indique Nicolas Dubreil.
Si les tests au champ sont con- cluants, l'outil devrait être disponible à l'automne prochain. La question qui restera toujours en suspens et à laquelle l'OAD ne pourra pas répondre est celle de la disponibilité des espèces.
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06/06/2023
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