AOC Ventoux
Le premier conteneur pour le réemploi de bouteilles en verre usagées a été inauguré le 13 juin dernier. Cette initiative, unique en Vaucluse et portée par l'AOC Ventoux, la CoVe et l'ICV, vise à soutenir l'économie circulaire et à réduire l'empreinte carbone. Le service de collecte et lavage est gratuit pour les producteurs, renforçant ainsi l'engagement écologique local.
Dans une logique d'économie circulaire et de soutien aux filières locales, la CoVe, avec l'ICV et l'AOC Ventoux, mettent en place un nouveau dispositif en faveur du réemploi des contenants en verre. Il a été inauguré le 13 juin dernier.
© Crédit photo : FP
"On ne peut pas faire mieux que nos parents : le réemploi, ils le faisaient déjà !" remarquait, admirative, Jacqueline Bouyac, présidente de la Communauté d'agglomération Ventoux Comtat Venaissin (CoVe), ce vendredi 13 juin, en inaugurant le tout nouveau conteneur mis à disposition par la collectivité, financé à hauteur de 10 000 €.
Ce dispositif est destiné à recevoir, à l'abri de la lumière et de la pollution, les bouteilles en verre usagées des producteurs et qui sont aptes au réemploi "dans une logique d'économie circulaire, de soutien aux filières locales et dans la continuité de notre dynamique pour faciliter le retour des bouteilles usagées".
Cette initiative de la CoVe, de l'Institut coopératif du vin (ICV) et de l'AOC Ventoux, unique en Vaucluse, est née "voici déjà quatre ans, pour avoir un impact positif sur notre territoire. Si l'on veut un véritable impact sur l'environnement, il faut aller au-delà du recyclage avec le réemploi" explique Frédéric Chaudière, président de l'AOC Ventoux : "Nous ne sommes vraiment qu'au tout début du réemploi, aux prémices de la mise en place d'un usage et d'une filière. Les chiffres sont très clairs : le réemploi par rapport au recyclage, c'est 79 % d'énergie consommés en moins, 51 % d'eau économisés et 76 % de CO² non produits !".
Seulement voilà, "une bouteille réemployée peut aujourd'hui coûter presque deux fois le prix d'une bouteille neuve. Plus de la moitié de ce coût dépend de la logistique. C'est pourquoi, pour surmonter cet obstacle, nous avons opté pour un conteneur permettant de faciliter la collecte, protéger les bouteilles, réduire les stocks chez les producteurs et massifier la collecte pour réduire le coût de transport", détaille le président. Le premier vice-président de l'ICV, Éric Lambert, abonde dans le sens du vigneron : "Nous participons déjà à la collecte des échantillons. Nous pouvons également aider à la collecte des bouteilles usagées et à la massification".
Mais attention, n'est pas consignable qui veut : le réemploi ne concerne pas les bouteilles armoriées, les modèles acceptés étant uniquement celles de type bourgogne et bordeaux, dans les trois coloris. Elles ne doivent pas non plus comporter de numéro de lot gravé (il doit être mentionné sur l'étiquette). Sans compter les bouteilles qui s'évaporent ailleurs suite aux achats de clients, étrangers au département. En outre, toutes ces bouteilles doivent présenter le pictogramme réemploi (faisceau de quatre flèches pointant vers une bouteille au centre), qui certifie que les bouteilles sont lavables, réutilisables jusqu'à 50 fois et que l'étiquette se détache au lavage.
"L'obstacle augmente mon ardeur", ce dicton d'un village vauclusien semble bien adapté aux trois forces enthousiastes qui s'engagent résolument dans le réemploi, malgré le taux de retour qui semble pour l'instant assez faible : "Sur 100 000 bouteilles réemployables, environ 3 000 ont été récupérées sur une période d'un peu plus d'un an" précise l'ICV. Mais le trio porteur du projet reste confiant dans l'avenir, et compte sur un potentiel de 250 000 à 300 000 bouteilles réemployables, surtout grâce aux partenariats conclus jusqu'à présent avec 4 caves et à venir, sans doute 8 d'ici fin 2025 ; et 2 opérateurs stratégiques du réemploi : 'Ma bouteille s'appelle reviens' (SCIC Locaverre) et 'L'incassable', en 2022. Ces deux acteurs travaillent à l'accompagnement des producteurs, la collecte et le lavage des contenants réemployables. La "locomotive" 'Ma bouteille s'appelle reviens' et son usine de lavage, située à Chabeuil, (Drôme) a réemployé 1 356 541 bouteilles en 2024. Elle a ainsi évité 678,27 tonnes de déchets, représentant 656,07 t d'équivalent carbone et économisé, et 1 331,88 m3 d'eau !
Donc, il n'y a plus qu'à... déposer les bouteilles dans les points de collecte de l'ICV, qui les portera dans ce nouveau conteneur, situé 6 route de Carpentras, à Beaumes-de-Venise. Ensuite, direction Chabeuil pour le lavage. Un service entièrement gratuit, les laveurs prenant à leur frais le transport. Ils revendront les contenants tout propres aux producteurs qui le souhaitent.
Ce projet se cantonne pour l'instant à l'appellation Ventoux, mais ne demande qu'à se développer à d'autres secteurs viticoles : "Nous sommes fiers d'être pionniers dans le Vaucluse pour répondre aux problèmes cruciaux de collecte de contenants en verre, œuvrer à la réduction des déchets à la source - il faut considérer ces bouteilles non pas comme des déchets mais une ressource - améliorer le bilan carbone des exploitations viticoles et permettre la diffusion de bonnes pratiques chez les producteurs locaux", déclare Frédéric Chaudière, qui ajoute : "Inter-Rhône aurait mis ce problème à son agenda. Nous espérons que cela aboutira bientôt sur des projets concrets".
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