Cindy Coq, directrice d'exploitation du centre de valorisation des déchets verts Alcyon, avec une bouteille du Domaine La Bertaude à Orange. La viticultrice, Magali Point a obtenu son cru avec des vignobles amendés avec du compost certifié d'Alcyon.
Que faire des déchets verts ? Si depuis 2011, suite au Grenelle de l'environnement, il est interdit de les brûler pour lutter contre la pollution de l'air, un visionnaire a trouvé la solution en Vaucluse depuis 15 ans ! En effet, Yvon Coq - frère du regretté Max Coq - agriculteur, crée Alcyon dès 1996 pour fabriquer du compost, et ainsi amender ses parcelles et celles d'autres agriculteurs avec des déchets verts et des boues d'épuration. Mais dès 2000, Alcyon se focalise sur le compostage des déchets verts, qui produisent moins de nuisances olfactives.
Sa fille, Cindy Coq, directrice d'exploitation depuis 2005, explique : « A partir de 2011, l’interdiction de brûler les déchets à l'air libre a fait augmenter progressivement le tonnage de bois recueilli par Alcyon. Nous avons alors renforcé notre développement dans la filière bois énergie entrepris depuis les années 2000. Nous valorisons maintenant les souches et les troncs, ainsi que le bois de coupe de récupération. Une fois broyés, ces bois sont utilisés comme combustible. En 2015, nous avons traité 6200 t de palettes, 1400 t de souches et 2430 t de bois ».
L'activité historique n'est pas délaissée : les bennes de déchets verts, qui proviennent de déchetteries situées dans un rayon de 25 km autour du centre, effectuent un ballet incessant, surtout à l'automne et au printemps : « En 2014, 18 000 t de déchets verts et 3 000 t de déchets agro-alimentaires recueillies ont été transformées en 13 000 t de compost. Et en 2015, le site a traité 25 000 t de déchets verts, 3 500 t de déchets agro-alimentaires pour produire 18 000 t de compost ». Et pour illustrer ses propos, Cindy Coq mène la visite du centre Alcyon et montre l'itinéraire des végétaux issus de la taille, du déchet vert au compost.
Un long processus.
A l’arrivée des bennes, elles sont pesées sur le pont bascule, puis déversées, en attente du traitement qui va durer en moyenne huit mois : « Les déchets verts sont ensuite broyés » détaille la directrice de production. « Les déchets broyés sont disposés en longs andains, où ils vont ensuite entamer la phase de fermentation pendant quatre mois. Durant cette étape leur température peut atteindre 80°C, puis elle est maintenue autour de 45°C (ndlr : la température est un paramètre essentiel du processus). Pour la maintenir et favoriser l'activité microbienne destinée à dégrader les déchets verts, nous effectuons un apport en oxygène par ventilateur ou retournement et nous effectuons des arrosages pour maintenir l'humidité. Puis, pendant quatre autres mois, c'est la phase de maturation où la température décroît pour se stabiliser à 30°C. Enfin, c'est le criblage (tamis) pour ne garder que le produit fin, inférieur à 20 mm. Les éléments trop gros repartent en tête du processus et ensemencent le broyat frais. Pour terminer, le compost criblé est stocké, en attente des analyses du laboratoire agréé, analysé selon les critères de la norme NFU 44-051. Le compost est ensuite vendu aux particuliers (vignerons), aux municipalités et aux entreprises d'espaces verts ».
Le compost, un produit aux multiples propriétés.
Cindy Coq rappelle : « Le compostage est un processus biologique contrôlé, entièrement naturel (rien n'y est ajouté), qui se déroule en présence d'oxygène. Il permet de convertir la matière organique en un produit stable et sain, utilisable pour améliorer la qualité des sols. Notamment grâce à ses effet physiques : le compostage améliore la stabilité structurale, lutte contre le tassement et augmente la réserve utile en eau. Le compost a aussi des effets biologiques : stimule la vie du sol et la minéralisation lente de la matière organique, limite l'action des parasites et des maladies. Enfin, le compost présente également des effets chimiques : il améliore les capacités de réserve du sol en éléments minéraux, facilite les échanges sol/plante et permet une disponibilité des éléments fertilisants dans la durée ».
Même si l'activité du centre engendre le dégagement de nuisances olfactives, Cindy Coq affirme tout faire pour les diminuer, notamment en réduisant les manipulations lors d'épisodes météo défavorables. Alcyon, certifié ISO 14001 depuis 2009 se veut : « acteur engagé et responsable de l'économie circulaire ». Selon Cindy Coq : « Notre cœur d'activité est résolument tourné vers l'environnement et sa préservation. Notre offre est à la fois en phase avec les besoins des professionnels, mais aussi avec la transition énergétique ».
Francis Pabst, CLP
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06/06/2023
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