Stéphane Gigne, président du Comité agricole de la Fédération français des sociétés d’assurance, Frédéric Bosquet, viticulteur en Ardèche, et Guilhem Vigouroux, secrétaire général de la FDSEA 34.
Des intempéries et catastrophes naturelles à répétition. L’an passé, plus de 1000 ha rayés de la carte en quelques heures dans l’Aude. Et que dire des dégâts rencontrés en Paca ces 5 dernières années… En cette semaine de lancement de la Cop21, les assureurs sont sur le pied de guerre, car le produit doit être opérationnel le 1er janvier 2016.
L’objectif de ses défenseurs est de rendre une assurance récolte accessible à tous pour que le maximum d’agriculteurs adhèrent à ce système afin de permettre la plus grande mutualisation des risques et une meilleure pérennité du système. « Nous savons qu’il n’est pas possible de rendre l’assurance récolte obligatoire, mais nous avons néanmoins réussi à mobiliser plusieurs filières : arboriculture, viticulture, maraîchage céréaliers, éleveurs… », expliquait le 24 novembre dernier Guilhem Vigouroux, secrétaire général de la FDSEA 34, lors de la conférence organisée sur le sujet par Groupama Méditerranée. « Nous devons avoir une assurance qui couvre tous les sinistres, c’est une question de survie, en particulier dans nos régions d’excès. »
Le message c’est cristallisé, « non sans mal » auprès des sociétés d’assurance en 2014 et Jérôme Despey l’a porté auprès du ministère de l’Agriculture. « Ça a été long et compliqué, y compris avec la profession, une fois l’accord politique trouvé », notait le syndicaliste.
Aujourd’hui, on y est : le contrat socle n’est certes pas obligatoire, mais il est accessible à tous, avec différents niveaux assurantiels et « la participation de l’état n’est pas neutre », avec un taux de prise en charge de la prime par l’Etat de 65%. Et Guilhem Vigouroux d’avertir : « Il sera inacceptable que ce taux de prise en charge ne soit pas conservé. Et les deux rackets faits par le Gouvernement avec le consentement du ministère de l’Agriculture – ponction dans les Chambres d’agriculture et dans le fonds des calamités agricole de 255 millions d’euros – me laissent inquiets ».
6 agriculteurs sur 10 non assurés.
En moyenne en France, six agriculteurs sur dix ne seraient pas assuré. La faute à des niveaux de cotisation jugés trop importants, surtout en période de crise agricole. Lancé à partir de 2005, les contrats d’assurance récolte n’ont pas su séduire la majorité des agriculteurs français. En moyenne, en viticulture, il faut compte 73 €/ha pour un contrat d’assurance climatique sur récolte, avec un taux moyen de capital assuré de 2,5 à 2,7%. En 2011, 15% des viticulteurs étaient assurés, contre 30% environ en grandes cultures, avec un système mixte : les pertes de fonds sont couvertes par les calamités agricoles, les pertes de récolte par les assurances.
« En 2013, la question de la sécurisation de l’activité agricole s’est posée en termes clairs », reprend Stéphane Gigne, président du Comité agricole de la Fédération français des sociétés d’assurance. « Le ministère de l’Agriculture nous a posé le problème en ces termes : proposez nous un système où tout le monde puisse s’assurer, une solution de type ‘coups durs’. Mais faire moins cher avec mieux, c’est compliqué… », expliquait-il.
En 2014, les assureurs ont donc cherché à identifier différents leviers permettant de réduire le coût de l’assurance : « Nous avons été cherché des garanties plus limitées en jouant sur le capital pour que les primes par hectare soit moins chères », résume-t-il. Ces propositions ont été portées fin 2014 par les assureurs à la profession. Aujourd’hui, le contrat socle est défini de la manière suivante :
« Pour chercher une économie, il faut aussi se baser sur le bon niveau de capital. En d’autres termes, quel niveau choisir donc pour sécuriser la poursuite de l’exploitation ? C’est sur cette base que nous avons décidé que le capital assuré serait le capital minimum permettant de rembourser les coûts de conduite de la culture pendant un an. » Par exemple, en viticulture, le capital maximum couvert se déclinerait par type de production : 6000 €, 11 000 € et 20 000 €/ha en fonction du segment de production (IGP, AOC). « Ces seuils devrait être revalorisés de 25% car nous voulons tenir compte des remontées professionnelles sur ce point », notait Stéphane Gigne.
Céline Zambujo
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