À proximité d'un hôtel à abeilles, le public découvre le 18 juin la diversité et l'écologie des abeilles sauvages, à l’Inra de Montfavet. ©Inra Paca
« La région se caractérise par une biodiversité riche, spécifique, mais menacée », rappelle le président du centre Inra Paca, Michel Bariteau. L’histoire de la recherche agronomique en Avignon remonte avant même la création de l’Inra. De longue date, le centre a travaillé sur les variétés maraîchères, avec une activité centrée aujourd’hui sur 5 espèces : aubergine, laitue, melon, piment et tomate. Le travail de recherche a abouti à quelques stars, comme la gariguette. En 1970, né le Geves (groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences) auparavant département de l’Inra. L’Inra d’Avignon est également connue pour son unité de service Agroclim, régulièrement sollicité pour parler de réchauffement climatique. Son unité abeilles, qui travaille sur le déclin des colonies, a permis également de faire des avancées significatives. Mais qui dit recherche fondamentale ne veut pas dire autarcie. L’Inra Paca est très intégrée dans le tissu régional et a créé des collaborations avec l’université d’Avignon, d’Aix-Marseille et de Nice-Sophia-Antipolis. Le 24 juin, à l’occasion des 70 ans de l’Inra, était organisée une conférence offrant notamment un focus sur les actions menées, dont certaines, main dans la main, avec des entreprises, un travail qui permet d’aboutir à des procédés innovants opérationnels.
« Nous travaillons sur la transformation des fruits et légumes, sur les pigments, les aromes, les antioxydants, les bénéfices nutritionnels… », explique Catherine Renard, directrice Inra de l’unité Sécurité et Qualité des Produits d'Origine Végétale. « Nous avons notamment travaillé sur les bactéries sporulées, qui peuvent survivre longtemps et se redévelopper en conditions favorables. » L’unité a notamment travaillé sur Bacillus cereus dans les produits de 5e gamme, comme le jambon, et la possibilité de détruire ces bacilles à l’aide de lumière pulsée. « Une destruction, sans eau, sans produit chimique et extrêmement rapide, avec la possibilité de détruire 100 000 cellules en un à trois flash. » Depuis 8 ans, l’Inra travaille sur le sujet, démontrant tout d’abord l’efficacité de la méthode et mettant au point une méthodologie pour l’utiliser : durée, puissance… « Nous avons débuté en 2007 la collaboration avec l’Inra », poursuit Christophe Riedel, directeur général de Claranor et président d’Agroparc, « pour établir les paramètres physiques, modéliser et mettre au point les machines de décontamination. C’est une problématique d’avenir, en lien avec l’environnement. Aujourd’hui, nous sommes les seuls promoteurs industriels de cette solution au niveau mondial. Avec un coffret de 40 cm de côté, nous pouvons remplacer de grosses unités de traitement. Nous avons notamment beaucoup de demandes dans le traitement de l’eau. »
Sélectionneurs du futur.
L’unité Génétique et Amélioration des Fruits et Légumes de l’Inra d’Avignon travaille sur 5 espèces maraîchères, mais aussi sur pêche, abricot et leurs porte-greffe. « Pour les fruits, où il y a moins d’opérateurs privés, nous allons plus souvent jusqu’à la création de variétés. Pour les légumes, nous travaillons en collaboration avec les semenciers, pour leur apporter des éléments qui facilitent la sélection », explique Jean-Marc Audergon, ingénieur de recherche Inra. Ce qui n’empêche pas l’unité d’avoir créé quelques variétés maraîchères de renom, telles que la fraise gariguette, la tomate Montfavet 63-5 ou encore Garance, une tomate savoureuse, riche en nutriments, et bien adaptée à l’agriculture biologique. Côté arboriculture, l’unité a créé les pêches Elise, Conquise, Surprise, mais aussi la pêche plate, à partir des travaux de René Monnet de l’Inra de Bordeaux. En abricot, ils créent : Elena, Royal Roussillon, Bergarouge, et Aramis, résistant à la sharka. « Nous transférons notre méthodologie, identification des marqueurs et des processus vers le Geves (groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences. » Créé en 1970, le Geves sert à évaluer les variétés en vue de leur inscription au catalogue officiel. Seules les variétés qui marquent une différence significative avec les variétés existantes peuvent être inscrites. Initialement département de l’Inra, le Geves devient en 1989 un groupement d’intérêt public, et est financé par le ministère de l’Agriculture, le Gnis (Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants) et l’Inra, via la mise à disposition d’un ingénieur. Le Geves de Cavaillon-Carpentras est chargé des études variétales des espèces légumières, fruitières, ornementales, aromatiques et oléagineuses dans la zone sud de la France. « Notre travail en partenariat avec l’Inra nous permet une meilleure caractérisation du matériel végétal. Nous disposons ainsi de marqueurs pour caractériser les variétés de pêches ou d’abricots. En contrepartie, nous leur mettons à disposition nos collections variétales et nos laboratoires », explique Carole Dirwimmer, directrice du Geves de Cavaillon-Carpentras.
Présents pour fêter cet anniversaire, les représentants du Département et de la Région ont rappelé l’importance de la recherche agronomique. « Nous souhaitons ainsi placer notre agriculture en pole position, en accompagnant au mieux la recherche », explique Christian Mounier, président de la commission agricole du Département. « J’ai découvert depuis quelques semaines une expérimentation et une agriculture loin des stéréotypes qu’on nous présente, soucieuse d’agriculture durable. En 2016, le budget pour la recherche est le seul que nous avons sanctuarisé en 2016 », a rappelé Bénédicte Martin, présidente de la commission agricole de la Région.
Magali Sagnes
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