JEUNES AGRICULTEURS VAUCLUSE
2024 a été marquée par un nombre de sorties record pour les Jeunes agriculteurs, mais aussi les élections pour la Chambre d'agriculture. Entre le Mercosur, les prix des vins, les lourdeurs administratives, le pouvoir d'achat et la campagne électorale, les adhérents ont plus que jamais porté la voix des jeunes du département.
Interview de Jordan Charransol sur la chaine youtube du Vaucluse agricole
© Crédit photo : Capucine Lorain
Aussi loin qu'adhérents et anciens adhérents se souviennent, il n'y a jamais eu autant de mobilisations pour le syndicat en une année. 19 au total durant lesquelles les Jeunes agriculteurs (JA) de Vaucluse ont défendu les intérêts de l'agriculture départementale. "Que ce soit sur l'autoroute, sur les allées de l'Oulle, le pont de l'Europe, devant la préfecture, en réunion avec les représentants de l'État et leur réseau", a énuméré le président, Jordan Charransol, lors de l'assemblée générale, qui se tenait à Gordes en fin de semaine dernière. "On sait taper du poing sur la table, mais nous sommes surtout un syndicat de construction. Une fois qu'on est sorti, qu'on a mobilisé, on est capable d'aller porter de vraies idées concrètes pour l'agriculture."
Durant toute l'année, les JA ont mené un combat constant, celui du revenu. "On a réclamé de pouvoir vivre de notre métier, pas pour le plaisir ou pour la gloire, mais pour notre dignité", s'exclame Jordan Charransol. À cela se sont ajoutées d'autres problématiques : lourdeurs administratives, chute des prix du vin, gouvernements successifs, interdictions phytosanitaires, Mercosur... "On s'est battu pour ça. On a vu que la population était avec nous, et quel que soit le combat, on restera mobilisé et on continuera à se battre", a insisté le président, qui tenait sa première assemblée générale depuis son élection, en février 2024. Et si quelques avancées ont pu être obtenues à force de mobilisations, "il y a encore des manques", avoue-t-il.
Le syndicat garde en tête son engagement principal : le renouvellement des générations avec des installations viables, vivables et durables. "On sait que c'est compliqué. Mais quand on s'engage, c'est pour ça", assure le président, qui sait que ce combat est encore grand. D'autant que l'enjeu est important : l'agriculture représente la première économie du Vaucluse, mais ne constitue que 0,9 % de la population active. Elle pèse aussi énormément sur le tourisme, 2e économie du département. Il y a donc "urgence pour tout le monde de la sauver."
Et les espoirs reposent aussi sur les représentants au niveau local et régional. Avec les élections Chambre d'agriculture, les JA, vainqueurs avec la liste commune de la FDSEA 84, ont obtenu 4 sièges sur les 13 dont les deux syndicats disposent. Trois d'entre eux sont au bureau, un record. Au niveau régional, Jordan Charransol a salué l'élection de Georgia Lambertin à la Chambre : "Avoir une présidente vauclusienne va nous permettre de faire peser notre agriculture dans les orientations." Il compte aussi sur les prochaines élections MSA et a lancé un appel à l'assemblée : "Nous avons une liste commune avec la FDSEA. On a besoin de vous pour voter et pouvoir ensuite mailler le territoire."
'Quelle place dans les exploitations pour le syndicalisme ?' Le thème a été décliné lors de la table ronde, qui accueillait Bastien Chappet, administrateur aux JA national, agriculteur en Haute-Savoie, et Audrey Piazza, vice-présidente des JA Vaucluse et secrétaire générale de JA Paca.
En cette période compliquée pour l'agriculture, il était important pour le syndicat d'essayer de convaincre les jeunes, souvent désabusés, de l'importance d'appartenir à un syndicat agricole. Alors, pourquoi s'engager, et quel est le véritable gain pour les exploitations ? "Pour défendre notre métier et ce qui est déjà acquis", a commencé par argumenter Bastien Chappet. "Sans mobilisation de la part des Jeunes agriculteurs en particulier, le Pacte et Loi d'orientation et d'avenir agricole n'auraient jamais vu le jour", a-t-il donné comme exemple. Il a également évoqué la Dotation jeunes agriculteurs (DJA), et l'importance du poids que peut représenter un syndicat sur des décisions, notamment pour faire passer des dossiers, ou obtenir des discussions avec des élus, des politiques... Pour preuve, les mobilisations de l'année dernière, "qui ont pas mal fédéré", ont permis aux JA d'obtenir quelques acquis syndicaux. "La création d'un guichet unique qui va faciliter les démarches à l'installation et le tarif réduit du GNR au pied de facture", a entre autres évoqué l'agriculteur de Haute-Savoie. Un syndicat, c'est aussi "se rencontrer, se regrouper, échanger", a-t-il avoué.
Audrey Piazza de son côté a complété : sur l'enveloppe de 120 millions d'euros attribuée à l'arrachage, 10 M€ n'avaient pas été dépensés. "On s'est battu pour que cela revienne aux jeunes agriculteurs", a-t-elle expliqué. Sur cette enveloppe restante, elle a pu annoncer la décision prise quelques jours plus tôt : "Neuf millions seront consacrés aux jeunes en difficulté suite aux effets du réchauffement climatique et aux pertes engendrées." Dans le détail, cela concernera les jeunes installés depuis moins de 5 ans, âgés de moins de 40 ans, avec une perte du chiffre d'affaires sur 2024 supérieure ou égale à 20 %, ou une perte de récolte supérieure ou égale à 20 % sur la dernière déclaration 2024, plafonnée à 10 000 € par exploitation.
"Concrètement qu'est-ce qui a changé sur l'année ?" C'est la question posée par un adhérent dans le public. La réponse apportée par Bastien Chappet - ré-agurmentant sur la base de la PLOA et de la loi de Finances - n'a pas suffi à le convaincre. "On veut être reconnu à la hauteur de notre métier. C'est bien les textes ; mais on veut des changements dans nos exploitations", lançait-on dans la salle. L'administrateur aux JA national reconnaît que cela peut prendre du temps pour que les résultats arrivent concrètement sur les exploitations, et qu'il faut continuer de mettre la pression, échanger avec les élus au quotidien, pour ne pas voir le soufflé retomber.
Mais un autre point a été soulevé par Mathilde Revol, présidente du canton d'Avignon. Celui de l'augmentation de la cotisation. Jordan Charransol justifie : "C'est un sujet qui revient régulièrement. Grâce au soutien du Département, nous avons atténué en partie cette augmentation. Mais c'est un appel au niveau du national, donc nous n'avons pas le choix, nous devons le répercuter." Il a aussi rappelé que lors du dernier congrès, JA Paca avait voté contre cette augmentation. Pour défense, Bastien Chappet a souligné les augmentations dues à l'inflation et les avantages à tirer d'une adhésion au syndicat. Audrey Piazza a évoqué la possibilité de se rapprocher des partenaires, pour obtenir un soutien financier et ne pas répercuter dans sa totalité cette augmentation.
Enfin, face à la concurrence des autres pays européens sur les fruits comme la fraise, certains adhérents ont demandé de nouvelles actions : "On ne veut pas importer des produits qu'on a nous." Sentiment partagé, notamment par Audrey Piazza : "Il faut qu'on réaffirme très rapidement nos positions vauclusienne et régionale auprès des acheteurs et de la grande distribution."
Pour conclure, Guillaume Greter, vice-président, a alerté les élus et représentants présents de la situation que traverse l'agriculture et demandé des actes : "Ça suffit les paroles. Nous voulons maintenant redonner les moyens de produire au monde paysan." Applaudissements de la salle.
ICI
Votre encart
publicitaire !
IGP Cerise des coteaux du Ventoux
Samuel Masse, ancien président du Ceja
Groupama Méditerranée

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner