Fruits et légumes frais
Défenseur des intérêts de la filière fruits et légumes - des producteurs aux distributeurs - Interfel a lancé son comité régional Paca. Une nouvelle instance de concertation aux multiples missions.
Laurent Grandin, président d'Interfel, et Sabine Alary, présidente du comité régional Paca, ont inauguré à Marseille le 6e comité régional lancé par Interfel.
© Crédit photo : ED
Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs s'efforcent de faire entendre leur voix sur les routes. Mais ce climat de mobilisation ne fait pas oublier à la profession ce qui l'attend au quotidien. Au-delà de produire, l'une des difficultés du métier est d'inscrire - avec les partenaires de la distribution - le produit français dans une spirale positive de meilleure consommation. Aussi, dans l'objectif d'améliorer ces relations commerciales, l'Interprofession des fruits et légumes frais, Interfel, voulait continuer de marquer sa volonté de représentation au plus près des acteurs régionaux. Le premier comité régional créé par Interfel a été lancé en 2019 en Auvergne-Rhône-Alpes. Depuis, d'autres ont suivi. Dans ce contexte particulier, des représentants de toute la filière régionale étaient présents au lancement du comité régional en région Paca, lundi 31 janvier à Marseille. "Nous sommes la voix des territoires et les ambassadeurs du travail de nos agriculteurs", assure Sabine Alary, représentante des expéditeurs et présidente de ce nouveau comité régional. Comme elle l'explique, ce maillage est issu de la volonté des représentants de 15 organisations professionnelles des territoires, regroupant producteurs, expéditeurs, metteurs en marchés, coopératives, grossistes, distributeurs, détaillants, importateurs sans oublier la restauration collective. La mise en place ces instances répond à un enjeu essentiel. "Notre challenge sera d'assurer et de renforcer la pérennité de la production, de faire connaître la filière, d'augmenter la consommation des fruits et légumes en lien avec les politiques de santé publiques. Il s'agit de préserver notre souveraineté alimentaire sans opposer les modèles. Ce comité est lieu de dialogue, où les enjeux sont forts et reposent sur la volonté de partager, d'échanges et de partenariats."
Pour que les réalités, les difficultés et les spécificités des producteurs de fruits et légumes frais de la région puissent être mieux comprises et prises en compte, il y avait nécessité d'un ancrage territorial de l'interprofession. Plus proche des producteurs, cette instance devrait ainsi fluidifier les liens entre l'amont et l'aval des filières, trouver des pistes et des moyens permettant de mieux communiquer avant les lancements des campagnes de commercialisation des produits par exemple, "car quand une campagne est bien lancée, il n'y a généralement pas de crise", note René Reynard, président de président de l'ODG Fruiventoux.
Dans le cadre du champ d'action interprofessionnel, "ce comité régional vient renforcer la présence d'Interfel au plus près des préoccupations locales des acteurs de nos filières. Son objectif est de déployer au mieux la stratégie nationale d'Interfel, mais également d'offrir aux professionnels dans les régions la possibilité de contribuer aux orientations générales de la filière", explique Laurent Grandin, président d'Interfel. L'ambition de l'interprofession est de lancer d'autres comités régionaux. En 2024, la région Occitanie devrait par exemple en être dotée.
Pour une gestion de marché efficace, il était indispensable de trouver un mode de concertation entre les grandes familles et de se fixer des objectifs. En cela, "ces comités régionaux sont une excellente initiative pour l'amélioration des relations commerciales. Cette instance officielle de concertation aura tout son rôle sur les lancements de campagne chaque année", note par ailleurs Florence Verrier, directrice régionale adjointe de la Draaf Paca. Bousculés dans leur organisation et leur fonctionnement, les acteurs de la chaîne alimentaire avaient, par exemple, su s'adapter en un temps record lors du début de la pandémie Covid. Un travail sur la reterritorialisation de l'alimentation avec l'implication des acteurs de la GMS avait ainsi pu être engagé en situation de crise. Le comité régional d'Interfel pourra s'inspirer de ce travail sur l'anticipation des situations de marché, et contribuer à instaurer un meilleur dialogue régional avec toutes les parties prenantes. Le comité pourrait donc créer de meilleures stratégies et démarches interprofessionnelles à l'échelle régionale, par le moyen de réunions économiques et d'orientations.
Mais tout ne sera pas simple. Comme le rappelait Sabine Alary, "il n'y a, par exemple, pas de contractualisation pour les fruits et légumes frais, et le critère local n'est pas pris en compte par Egalim. Si les approvisionnements locaux sont interdits dans les marchés publics, le comité régional d'Interfel pourra cependant encourager et mettre en place des initiatives répondant aux objectifs de la loi à partir des productions de proximité". Notamment dans le cadre des Projets alimentaires territoriaux, où les comités ont beaucoup à apporter, parce que le faible niveau d'autonomie alimentaire sur la production agricole de fruits et légumes frais interpelle. "Notre région est productrice, mais nous avons très peu de fruits et légumes frais produits en région dans nos circuits commerciaux de distribution, peut-être moins de 10 %", constate Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud en charge de l'agriculture.
Tendre vers plus d'autonomie alimentaire est ce à quoi travaille la Région, avec en particulier le récent label '100 % Valeurs du Sud, produisons et consommons responsables' qui encourage une meilleure valorisation des productions agricoles et alimentaires, afin de contribuer à l'amélioration du revenu des agriculteurs en investissant sur le champ de la distribution. "Il ne s'agit pas de culpabiliser le consommateur mais de favoriser une chaîne de valeur où chacun retrouve le juste prix de son travail", estime Bénédicte Martin.
La filière des fruits et légumes frais en Provence-Alpes-Côte d'Azur est un secteur essentiel de la dynamique des territoires : elle produit 900 000 tonnes de fruits et légumes (1er bassin de production en France), pour un "chiffre d'affaires d'environ 4,4 milliards d'euros, 5 400 exploitations agricoles, 276 entreprises actives au stade gros-expédition et plus de 1 000 commerces spécialisés", explique Anne-Laure Levet, du CTIFL.
La région produit chaque année 480 000 t de fruits, soit la 2e région française de production de fruits avec environ 20 % de la production nationale. La région est leader sur les volumes de poire, de figue, de raisin.
En légumes, la région en produit un peu moins de 500 000 t chaque année, ce qui en fait la 4e région de production au niveau national, derrière les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne. Elle reste leader sur les volumes de salades, de courgettes ou encore de citrouille potiron.
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