Ail de Piolenc
La saison de l'ail de Piolenc est lancée. Depuis un mois, les six producteurs de l'aire d'appellation sont à pied d'œuvre pour récolter et préparer les têtes. S'ils ont déploré des problèmes de rouille sur leurs cultures, ils sont satisfaits de la qualité et de la quantité.
Benjamin Favalier et Fanny Clement font partie des six producteurs de l'Association des producteurs de l'ail de Piolenc.
© Crédit photo : CL
Ils espèrent que ce soit la dernière saison sans l'appellation. "On sait que c'est long, qu'il faut attendre et faire preuve de patience, on le comprend. On veut croire que l'année prochaine sera la bonne, sinon, la suivante", sourit Benjamin Favalier, producteur et président de l'Association des producteurs d'ail de Piolenc (Apap).
Pour le moment, le dossier est en instruction. Alors, en attendant de recevoir la précieuse bonne nouvelle, les producteurs s'occupent de leur récolte. Elle a débuté aux alentours du 15 mai, un peu en avance sur les autres années, pour se finir un mois plus tard. Ensuite, la saison continue avec la vente, puisqu'en chambre froide, l'ail frais peut tenir encore un mois. De quoi prolonger les plaisirs d'un bon aïoli.
Au niveau commercial, l'ail de Piolenc s'impose comme une référence. "C'est localement très marqué, mais on constate depuis plusieurs années une notoriété grandissante au national et à l'export. Il est reconnu jusqu'à Rungis", confirme le producteur. S'il s'agit du condiment le plus labellisé en France, avec cinq labels déjà reconnus et deux en émergence dont Piolenc, c'est bien l'ail du Sud-Est qui se démarque en qualité par rapport aux autres bassins de production, affirme Benjamin Favalier. Et cette année ne déroge pas à la règle : l'ail est beau et bon !
Deux tiers de la production sont vendus en frais, le reste, en sec. C'est ce côté frais qui lui donne ce prestige. Un ail plus fort en bouche, bon à déguster cru.
Si la qualité et la quantité sont au rendez-vous cette année, le producteur se félicite de l'absence de problèmes liés à la chaleur : "Nous n'avons pas eu de difficulté à semer, avec un bel automne qui a favorisé la croissance des plantes et un rapport température-eau idéal, ce qui a permis à la plante de se développer correctement", détaille Fanny Clement, productrice.
Mais une saison d'ail n'étant jamais un fleuve tranquille, les producteurs se sont malgré tout heurtés à la pression des maladies, "qui augmente". Moins de solutions phytosanitaires disponibles, mais des maladies qui persistent chaque année, à commencer par la rouille, toujours plus virulence. "Cela nous force à nous adapter, à être plus performant, plus réactif", constate le président des producteurs d'ail. Car il n'existe désormais plus que des traitements préventifs, et un seul curatif.
Cette année, la rouille, très agressive, a donné du fil à retordre aux producteurs. "Il y a eu une forte pression", reconnaissent-ils. D'autant qu'une rosée ou quelques gouttes de pluie lui suffisent pour propager ses spores. "Ça va très vite", affirme la jeune productrice. Une fois installé, le champignon crée une pellicule orange, grille la chlorophylle, détruit la photosynthèse... et l'ail n'arrive pas au bout de son cycle. En production, il faut donc anticiper la pluie car, une fois qu'elle est passée, si la parcelle n'a pas été ramassée avant, "selon la quantité de pluie, on ne peut plus rentrer dans le champ et c'est trop tard", rapporte Fanny Clement.
Cette forte pluie a également entraîné un éclatement des bulbes. Si cela change uniquement son apparence et sa conservation (moins longue), le goût reste le même. "Mais l'ail de Piolenc est un ail de prestige, qui doit être vendu totalement indemne" rappelle Benjamin Favalier.
Face à l'absence de solutions techniques pour faire du bio, les producteurs tardent à se convertir, "mais des recherches alternatives sont en cours et sont en bonne voie", soutient Benjamin Favalier qui veut y croire. Seule incertitude, le désherbage. Deux désherbants principaux sont sur la sellette, et sans eux, les producteurs se montrent inquiets. Ils espèrent également trouver une solution préventive pour réussir à combattre la rouille qui s'installe chaque année.
Si l'ail de Piolenc est joli, "goûtu" et reconnu, ses ventes ne suivent pas aussi vite que les producteurs ne le voudraient. L'année dernière, les 600 tonnes avaient trouvé preneur, et si pour cette année Benjamin Favalier n'est pas inquiet, il trouve que la consommation d'ail frais ralentit, au profit de l'ail sec. Un produit moins cher à l'achat, "il correspond plus au portefeuille des ménages français". Un épiphénomène ou une situation qui va s'installer durablement ? Les producteurs ne l'espèrent pas. D'autant qu'ils se battent aussi contre les produits étrangers : en effet, 55 % de l'ail vendu en France est de l'import. "On veut privilégier un marché français de qualité avec la différenciation régionale. Le but, c'est que les gens consomment de l'ail français."
En attendant de recevoir l'appellation, l'association continue de faire connaître et reconnaître son ail en région et en France. Salon de l'agriculture, Sénat, Terroirs en fête, mise à l'honneur du produit. Le 8 juin dernier, le marché de l'ail nouveau à Piolenc a rencontré un beau succès, "avec un public averti, qui venait consommer", se réjouit le président, Benjamin Favalier.
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06/06/2023
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