La production française n’a atteint cette année que 140 000 tonnes de tomates dédiées à la transformation, contre 192 000 tonnes l’an passé.
Les premières tomates destinées à l’industrie ont été récoltées autour du 20 juillet cette année. Fin octobre, les usines de première transformation fermaient leurs portes. Au plan national, les organisations de producteurs auront livré au total 151 272 tonnes de tomates destinées à la transformation. Après réfactions contractuelles, 140 000 t ont pu être transformées.
Les contrats initiaux annonçaient pour cette campagne un léger retrait des surfaces par rapport à l’an dernier, soit 2200 hectares. Mais le printemps, très délicat à négocier pour les producteurs, a contrarié les prévisions de production. En effet, les pluies de mai ont provoqué la sortie de maladies, notamment mildiou et bactériose. Un peu plus habitué à ces conditions très humides, les producteurs du bassin du Sud-Ouest ont davantage pu gérer.
Un mildiou très impactant.
Dans le Sud-Est, la situation a très compliquée pour les cultures, jusqu'à ce que la météo devienne plus favorable, rapporte Robert Giovinazzo, ingénieur responsable technique de la Sonito (Interprofession nationale de la tomate destinée à la transformation). « À cause du mildiou, nos productions les plus précoces n’ont pas généré de rendements suffisants. Ils se sont améliorés par la suite, mais ensuite, la météo a de nouveau perturbé la production. Les amplitudes thermiques ont entraîné des problèmes physiologiques, avec des pertes de fleurs et des avortements de fruits », observe le responsable. En cours de saison, des évènements climatiques ponctuels ont aussi fait craindre au pire. Toutefois, une tempête de grêle, dans la Drôme, mais surtout une grosse pluie, survenue le 9 août dans le Vaucluse, n’ont finalement pas eu l’impact redouté.
Heureusement que le mois de septembre n’a pas été pluvieux ! Ce n’est donc qu’en fin de campagne que les producteurs ont pu souffler. « Mais au final, la qualité produite en terme de matière sèche soluble était très intéressante. L’agréage, en légère hausse, non consécutif à des pourritures ou à une mauvaise qualité des tomates, était assez correct », souligne Robert Giovinazzo.
Avec 63 tonnes produites par hectare sur la saison – alors qu’ils se situent habituellement au tour de 75 à 78 t/ha – les rendements n’ont jamais été aussi bas.
Le printemps 2018 n’aura pas été seulement préjudiciable pour la production française. La production mondiale a plafonné à 34 millions de tonnes (Mt) quand elle atteint plutôt 38 Mt en moyenne. Pour les mêmes raisons qu’en France, les rendements ont fortement chuté en Europe : l’Espagne n’a produit que 2,8 Mt au lieu de ses 3,2 Mt habituelles, et l’Italie 4,6 Mt, contre 5,2 Mt habituellement. Les tonnages ne parviendront logiquement pas à répondre à la consommation mondiale cette année, et déjà des soubresauts se font sentir sur les prix du concentré.
La tendance du bio s’accélère.
Paradoxalement dans certains secteurs de la région, le tonnage moyen des producteurs en agriculture biologique a été plutôt correct, voire meilleur que les rendements conventionnels pour certains. « C’est grâce notamment aux variétés qui ont su tenir face aux maladies. Les variétés sont en effet de plus en plus performantes et, notamment, tolérantes au mildiou de la tomate », explique Robert Giovinazzo.
D’ailleurs, d’une manière générale, l’augmentation des surfaces en bio accélère sur la tomate dédiée à la transformation. Une tendance observée depuis plusieurs années et qui se confirme un peu plus à chaque récolte. Les surfaces en bio de la région Sud-Est sont passées de 5% à 8,5%, et de 5% à près de 13% au niveau national. Ces augmentations devraient se renforcer en Paca, mais davantage encore dans le Sud-Ouest, région qui compte en 2018, 18% de ses surfaces de tomate dédiées à la transformation. « C’est une volonté des industriels d’aller vers de la tomate bio, ou avec le moins d’intrants possibles. »
Emmanuel Delarue
ICI
Votre encart
publicitaire !
Recherche
expérimentation

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner