dépérissement
Alors que le plan national de dépérissement du vignoble acte de multiples facteurs, Institut Rhodanien et Chambre d'agriculture de Vaucluse mènent leur recherche. Dans le travail et les projets effectués, le lien entre la taille et la conduction de la sève se vérifie jour après jour.
En termes de taille, l'important est de minimiser la taille de plaie et de la faire le plus nettement possible.
© Crédit photo : CZ
Le plan national de dépérissement du vignoble a répertorié 72 facteurs de dépérissement possibles dans les vignes, en partant du principe qu'il ne faut pas trouver "une cause et sa solution, mais bien des facteurs et des effets sur lesquels agir", comme le souligne Marion Claverie, ingénieur agronomie et dépérissement du vignoble de l'Institut Rhodanien d'Orange.
À l'Institut, "cinq axes sont notamment étudiés en priorité : le rendement, le sol, les pathogènes, les plants, et les leviers socio-économiques", explique-t-elle.→
Des travaux de dépérissement sur la virose émergeante du GPGV (Grapevine Pinot gris virus, ndlr), la réduction de la mortalité du cépage grenache, un diagnostic sur le bas rendement sur syrah, ou encore le recensement et la capitalisation des travaux en cours sur le dépérissement (Recap&Dep) sont également menés.
À l'Institut français de la vigne et du vin (IFV), plusieurs projets ont étudié l'impact de la qualité de la taille sur la conduction de la sève, mais aussi le lien entre taille mécanique, taille minimale et maladie du bois. Ils ont comparé les tailles respectueuses des flux de sève et standards, ou encore mesuré l'impact d'une taille rasante ou à chicot sur la formation d'un cône de dessèchement dans le bois.
En 2019, deux essais menés dans le Jura et à Bordeaux avaient pour objectif de comparer des ceps "bien" et "mal" taillés. D'abord, la conductance du cep a été mesurée avec l'outil Xyl'em, un appareil portable permettant la détermination de la conductance hydraulique et de l'embolie gazeuse du xylème d'un échantillon végétal. Ensuite, c'est la surface de bois conducteur qui a été mis en évidence, grâce à la coloration par phloxine. Si ces essais en sont arrivés à la conclusion que la qualité de la taille a bien un impact, "on ne sait pas encore s'il y a un lien physiologique", tempère Marion Claverie. Quelle est la conséquence pour le cep ? Il est encore trop tôt pour le dire, l'experte estimant que les essais sont "trop courts" et demandent à être renouvelés.
Parallèlement, un autre essai est actuellement mené dans le Gard, cette fois entre la taille rase de précision et la non-taille, le tout sur une même parcelle pour visualiser directement. "Il semblerait que sur les rangs sur lesquels est pratiquée la taille rase de précision, on retrouve moins d'expression de symptômes de maladies du bois", explique plus récemment Clarisse Ciceron, conseillère en viticulture à la Chambre d'agriculture de Vaucluse. La technicienne estime qu'il est trop tôt pour valider les hypothèses, mais elle assure que "le fait de tailler mécaniquement sur les bois de l'année, génère moins de plaies". Marion Galanopoulo, elle aussi conseillère en viticulture confirme : "Quand vous faites de la TRP, vous coupez les sarments de l'année. Vous faites plein de petites plaies, mais pas de grosses sur le vieux bois comme on a tendance à le faire manuellement et qui pour le coup, risquent d'endommage la vigne".
La TRP pourrait de cette façon être une solution au dépérissement du vignoble, permettant à celui-ci de repartir plus facilement et de faire de nombreux rameaux. "Année après année, on constate que la vigne est de plus en plus buissonnantes. Le nombre de grappes augmente, bien que les baies soient plus petites, et les rendement également, d'environ 40 à 45 %", précise Clarisse Ciceron. La technique n'est toutefois pas compatible avec les cahiers des charges des AOC pour le moment. Pour les vignobles qui ne pourraient pas appliquer cette technique de taille, Marine Galanopoulo, préconise de privilégier l'ébourgeonnage, "quand les plaies sont faites en vert, le bois est moins abîmé, ce qui permet d'avoir un trajet de la sève le plus continu possible". L'objectif réside également dans l'idée de minimiser les plaies. "Quand on taille un bois de l'année, il faut conserver la couronne et ses bourgeons. On évite également de racler", conseille-t-elle. Vis-à-vis du gel, l'intérêt semble d'ailleurs accru, puisque dans de nombreux cas, elle a constaté que cela avait permis à la vigne de mieux repartir.
Il n'y a cependant pas que deux possibilités, des tailles adaptatives intermédiaires sont tout à fait possible. "Il faut garder en mémoire que sur du vieux bois, plus la plaie est rase, plus la nécrose sera profonde", conclut la Marine Galanopoulo. Des techniques de taille différentes, pour des vignobles tout aussi différents donc.
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