Les stagiaires tractoristes attendent ensemble, avant d'être appelés pour les entretiens individuels.
« Trouver des tractoristes formés avec le Caces (Certificat d'aptitude à la conduite en sécurité) devient indispensable, mais c'est une denrée rare et quasiment introuvable » confesse un employeur. « Nous allions lancer un recrutement, alors cette rencontre tombe bien. C'est une très bonne idée. »
En face de la dizaine d'employeurs, venus prendre contact au lycée viticole, une quinzaine de stagiaires de la seconde année, à quelques jours de la fin de leur formation de tractoriste, proposée et financée par Pôle Emploi. Par sa technicité elle est maintenant très recherchée. Elle comprend : un Certiphyto (une certification pour l'utilisation de produits phytosanitaires), un SST (Certificat de Sauveteur secouriste au travail), une formation à la taille et le CACES : « C'est une formation complète et très spécialisée, très professionnelle, avec mise en condition de travail réel. Nos stagiaires travaillent sur le site du Domaine Mongin où trois tracteurs sont disponibles (mais pas encore d’enjambeur) » explique Gilles La Salvia, l'un des dix formateurs mis à disposition conjointement par le lycée viticole d'Orange et le CFPPA de Carpentras Serres.
A tour de rôle, chaque stagiaire se présente aux employeurs. Ceux-ci, très attentifs, prennent des notes en vue de l'entretien individuel qui va suivre juste après. Une fois la présentation terminée, tous les stagiaires attendent leur tour, anxieusement, comme avant tout examen décisif. Au fur et à mesure que le temps passe, ceux qui n'ont pas encore été appelés sont de plus en plus stressés...
En attendant, Angélique (28 ans) se confie : « Je travaillais dans des pépinières. L'idée m'est venue de faire ce stage en voyant les gros tracteurs sur l'exploitation. Cela m'a toujours plu. Et il manquait quelquefois quelqu'un pour les conduire. Et comme on m'a dit que cette formation était recherchée, j'ai donc suivi ce stage pour être polyvalente ». Puis Elodie (24 ans) : « J'ai fait les vendanges, puis l'embouteillage, dans la cave. Je me suis rendu compte que je préférais travailler en extérieur. J'ai fait cette formation pour être plus polyvalente, mais aussi parce que j'ai appris que l'on recherchait des femmes tractoristes ». Encore Ondine (25 ans) : « Mon père est agriculteur et je conduis le tracteur depuis que je suis toute petite. Puis j'ai suivi un Bac pro et un BTS ici au lycée viti d'Orange. Cela m'a beaucoup plu. J'ai voulu approfondir mes connaissances avec cette formation ».
Il y a aussi Emmanuel (54 ans) : « Je travaille dans la vigne depuis six ans, en reconversion. Actuellement j’enchaîne les CDD, j'espère que cette formation me procurera un travail plus durable, comme un CDI ». Puis Frédéric (53 ans) : « La vigne, j'y travaille depuis 22 ans. Cette formation me permettra surtout de travailler avec des outils ». Pour Cédric (41 ans) : « C'est une nouvelle étape, proposée par Pôle Emploi. Actuellement je travaille dans la viticulture depuis 7 ans, je fais surtout beaucoup de travaux manuels. Cette formation a été parfaite, j'ai appris énormément de choses. Avant, le tracteur c'était un mystère pour moi, ce stage m'a ouvert l'esprit ».
Finalement, tout le monde a été appelé pour un entretien individuel : « Je souhaiterais vous rencontrer, vous... et vous » s'avance un employeur, pointant du doigt deux personnes. Certains ont été appelés plusieurs fois, multipliant ainsi leurs chances. Avec au bout de l'entretien, peut-être un emploi. Car les employeurs présents ont vraiment besoin de personnel qualifié : « Il y a eu trois départs en retraite en deux ans sur mon exploitation » raconte ce viticulteur de Jonquières. « Je cherche aujourd'hui une personne polyvalente, un tractoriste en même temps ouvrier agricole qualifié. Deux personnes correspondent au profil que je recherche. Nous allons nous revoir et faire un essai », et c'est aussi concluant pour cet exploitant de Châteauneuf-du-Pape, qui cherche un tractoriste : « J'ai trouvé le profil qui m'intéresse, nous devons nous revoir. Si nous trouvons un terrain d'entente, ce sera formidable ».
Cette rencontre, fort appréciée, qui a permis de nouer de nombreux contacts positifs, fait l'objet d'un vœu formulé par les employeurs : « Cela devrait être réalisé également avec les étudiants, ce serait une bonne chose pour tous ».
Francis Pabst, CLP
ICI
Votre encart
publicitaire !
vin

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner