Union des vignerons desCôtes-du-Rhône
L'Union des vignerons des Côtes-du-Rhône a créé, fin 2022, une commission de jeunes coopérateurs et coopératrices, dignes représentants de ses dix caves adhérentes situées dans la Drôme et le Vaucluse. Ce groupe, fort de ses expériences et accompagné par l'Union, participe depuis deux ans à des ateliers. Le 29 mars, place à un atelier sur les engrais verts.
Les jeunes vignerons de l'Union des vignerons des Côtes du Rhône expérimentent la méthode 'Merci', simple et efficace.
© Crédit photo : UVCDR
Cette année, la commission 'Jeunes' de l'Union des vignerons des Côtes-du-Rhône (UVCDR) a fait le choix d'ouvrir le partage d'expériences sur les couverts végétaux à un vigneron sur la commune de Visan, Sylvain Arrigoni, lui-même adhérent à l'une des caves de l'Union. Les jeunes ont pu découvrir un nouveau mélange, semé un rang sur deux et testé depuis plusieurs années sur la totalité de l'exploitation, à l'occasion d'une visite, pilotée par Marie-Véronique Blanc, responsable 'Amont & direction domaines' de l'UVCDR.
Trois familles végétales sont présentes dans le mélange semé : les légumineuses, avec la vesce qui fixe l'azote atmosphérique ; les crucifères, avec le radis fourrager qui restitue le potassium sous forme assimilable ; et les graminées, avec l'avoine qui structure le sol.
Clément Françon, membre du groupe sur la commune de Saint-Maurice-sur-Eygues, a testé plusieurs mélanges sur son exploitation. Il en a choisi deux bien spécifiques, pour conjuguer au mieux le développement des espèces sur les différents terroirs. Il utilise, entre autres, la vesce sur les coteaux et la féverole dans les sols plus profonds.
L'objectif premier des engrais verts est souvent de vouloir augmenter la fertilité des sols pauvres en matières organiques. Et c'est effectivement l'objectif de Sylvain, dont le vignoble est implanté majoritairement sur des sols sableux avec un taux de matières organiques ne dépassant pas les 1 %. Ses essais, depuis 8 ans, l'ont convaincu en faisant le choix technique de généraliser cette pratique sur ses 25 hectares avec son propre matériel et en produisant, en partie, sa propre semence de graines.
Jean Carrere, un jeune sur la commune de Rousset-les-Vignes, a également fait le choix d'augmenter ses surfaces enherbées, en couvrant plus des trois quarts de son vignoble avec des engrais verts.
Les jeunes de la commission ont tous participé à un atelier de terrain pour estimer la restitution en éléments minéraux des engrais verts dans le sol. Il s'agit de la Méthode d'estimation des restitutions par les cultures intermédiaires ('Merci'), qui se veut une méthode simple et rapide au champ pour démontrer l'intérêt agronomique, environnemental et, pourquoi pas, économique des couverts végétaux sur le recyclage et la mise à disposition des éléments minéraux. La méthode est assurément rapide, surtout à six vignerons, avec une découpe, un classement par espèce, une pesée et une intégration des poids de chaque espèce dans une base de calcul. Le résultat de la restitution est assez satisfaisant, avec un potentiel de 38 unités (U) d'azote, 15 U de phosphore, 110 U de potassium et 10 U de magnésium.
Il faut évidemment avoir en tête que l'assimilation de ces unités va dépendre d'un grand nombre de facteurs, comme le climat, le type de sol, le mode de destruction...Bastien Long, de la commission jeune sur la commune de Taulignan, témoin des résultats, n'a pu que conforter son choix d'implanter prochainement des couverts végétaux sur son exploitation en agriculture biologique.
La question sur le mode de destruction des couverts a été abordée à la fin des échanges terrain, pour amener le sujet du stress hydrique auquel la vigne est de plus en plus souvent confrontée en été, mais aussi au printemps. Sylvain broie ses engrais verts en avril, avant la mise en graines. Il utilise un broyeur adapté, qui localise majoritairement les résidus de broyat sur l'inter-rang. La repousse de la vesce et de l'avoine le contraint à renouveler la tonte, qu'il couple avec l'écimage ou le travail du rang pour optimiser le passage du tracteur. Jérémy Bellier, jeune sur la commune de Tulette, a testé l'utilisation du rolofaca, dont le principe est de coucher les couverts en pliant les tiges sans les sectionner. Cette pratique permettrait d'obtenir un mulch sur l'inter-rang, abaissant ainsi la température du sol et préservant l'humidité du sol.
Le groupe a partagé par expérience plusieurs états de fait sur l'emploi du rolofaca : en effet, certaines espèces après le passage du rolofaca se relèvent, d'autres continuent leur croissance - parce que la pliure ne suffit pas à arrêter la circulation de la sève - et le mulch se désagrège rapidement avant le mois d'août, période où sa présence serait plus qu'attendue.
Romain Reynier, le plus jeune du groupe, en cours d'installation sur l'exploitation familiale, a bien pris note de tous les apports techniques échangés lors de l'atelier, marqués par la réalité du terrain.
"Ce partage d'expériences entre jeunes coopérateurs sur des secteurs proches est d'une richesse incontestable, primant la solidarité et la durabilité au sein de la filière viticole", conclut Marie-Véronique Blanc.
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