FDSEA 84
C'est une table ronde exceptionnelle qui a réuni quatre des cinq anciens et actuelle présidents de la FDSEA de Vaucluse. L'occasion de revenir sur le sens de l'engagement syndical agricole. Et d'annoncer des changements de présidences.
Pour marquer les 80 ans d'existence de la FDSEA de Vaucluse, les présidents anciens et actuelle ont partagé leurs souvenirs : André Bernard, Bernard Mille, Sophie Vache et Jean-Pierre Boisson.
© Crédit photo : CL
"L'année qui vient de se terminer a été dense, par les actions que nous avons menées, les dossiers que nous avons portés, qui sont le reflet des contraintes que nous subissons. Et le point d'orgue en a été la campagne menée pour les Chambres d'agriculture, dans un contexte de mal-être généralisé." Les premiers mots du rapport moral de Sophie Vache symbolisent à eux seuls le film d'une année 2024 particulièrement intense pour la FDSEA de Vaucluse. Ils étaient portés devant une assemblée réunie jeudi 20 mars après-midi à Vaison-la-Romaine, à l'occasion du 81e congrès du syndicat, accueilli par Jean-François Perilhou, maire de Vaison, et Nathalie Schneider, présidente du SEA cantonal.
Au cours de la rencontre, la parole aura d'abord été donnée aux derniers présidents1 venus raconter "leurs mandats" et donner leurs visions d'un syndicalisme au service du Vaucluse, en présence de Jordan Charransol, président des Jeunes agriculteurs de Vaucluse, de Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d'agriculture, de Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud, de la députée Marie-France Lorho et du sénateur Lucien Stanzione, sans oublier Édouard Brodagh, DDT de Vaucluse représentant le préfet, Thierry Suquet, qui a conclu l'assemblée.
Auparavant, Sylvain Bernard aura retracé une année de mobilisation majeure, une "année de rien", résume le secrétaire général, malgré 19 jours de mobilisation historique. De "rien" ? Pas exactement, puisque les agriculteurs auront déployé sur le bitume leurs revendications, leurs colères, leur mal-être, "en regardant passer chaque jour 13 000 camions qui ne nous laissent que du CO2 (...), ne font que traverser le pays et nous inondent de marchandises déloyales". Pointant des dates symboliques - le 30 janvier 2024, "l'alerte enlèvement pour Michel Édouard Leclerc" ; le 1er février, 200 vignerons en colère devant le siège d'Inter Rhône ; le 14 février, la rencontre avec la préfète et "la seule simplification obtenue, le GNR et la promesse d'un TO-DE pérennisé à 1,25 Smic" pour n'en citer que quelques-unes - Sylvain Bernard a égrené des dates qui montrent combien l'activité a été dense, marquée par des rendez-vous manqués, des lois suspendues à des dissolutions, des mobilisations qui redisent encore et toujours "les prix indécents auxquels sont vendues nos productions" et jusque tard dans l'année : le 4 novembre, dernière mobilisation chez Lidl (pour le prix des côtes-du-rhône, ndlr) puis le 18 novembre, avec le blocage du pont de L'Europe. "En fin d'année, nous n'avions toujours pas de LOA." Il aura fallu attendre quelques heures avant l'ouverture du Salon de l'agriculture 2025 pour que l'on sente enfin les choses évoluer, sans compter les attentes fortes actuelles autour de la loi Duplomb.
"En regardant ce qui a été fait tout au long de cette année exceptionnelle par sa densité, en écoutant nos anciens présidents, on a quand même l'impression que l'histoire bégaie", reprend Sophie Vache. "Moi, une femme que l'on a longtemps pris pour l'animatrice de la fédé", rapportait-elle quelques instants auparavant, en confiant que le syndicalisme lui avait appris "tout ce qu'elle n'était pas" : une personne qui prend la parole en public, l'engagement pour le bien commun, les manifestations...
"Je ne regrette absolument pas d'avoir fait tout ce chemin. Et les élections Chambre nous ont montré qu'ensemble, FDSEA et JA sont capables de se mobiliser les énergies, malgré le contexte anxiogène", rappelait-elle avant d'annoncer un congrès 2026 électif à Montfavet, congrès où "vous découvrirez notre nouveau président pour la prochaine mandature départementale". Mais qu'on ne s'y trompe pas, le chemin ne devrait pas s'arrêter pas là pour Sophie Vache. En effet, dans sa prise de parole lors du congrès, Georgia Lambertin a annoncé qu'elle allait "quitter la présidence de la Chambre d'agriculture de Vaucluse" et qu'elle "aimerait que Sophie [la] remplace", afin de se concentrer sur la présidence de la Chambre régionale et de pleinement "soutenir le dossier des cultures spécialisées au sein de Chambres d'agriculture France", comme l'expliquait la principale intéressée : "Au niveau national, je porterai le dossier des cultures spécialisées. Au niveau régional, je vais œuvrer avec l'équipe élue, pour renforcer le rôle de proximité des Chambres et travailler au renouvellement des générations, tout en continuant à structurer l'amont et l'aval avec de nouvelles filières, autour d'objectifs adoptés sur la base d'études technico-économiques, pour n'emmener personne dans une impasse. Nous devons aussi nous atteler à la nouvelle réforme de la Pac et aux enjeux vitaux du dérèglement climatique, qui doit être pris en compte jusqu'à Bruxelles avec un accompagnement spécifique. Nous devons aussi aller à la rencontre des consommateurs et proposer des perspectives à nos agriculteurs. En ce sens, je poursuivrai le dossier labellisé 'Tommates'" confirmait-elle à l'assemblée, avant de rappeler les dossiers d'enjeux pour le département : sur le foncier, le dossier des Hauts de Provence rhodanienne au nord et la poursuite des travaux avec la Société du canal de Provence au sud du département, sans oublier ceux de modernisation des Asa, ou bien encore "la maison des agriculteurs de Monteux, qui n'est plus un rêve, mais une réalité".
Avant elle, Jordan Charransol avait salué "ses aînés", confiant avoir "un peu la pression devant tous ces anciens présidents de JA". S'il convient que l'année a effectivement été "chargée en mobilisations et en élections", le jeune agriculteur préfère s'attarder sur les avancées amenées ces dernières semaines par le travail syndical de tous les jours, "un travail de l'ombre" réalisé sur la durée. "Cette rétrospective est importante, car elle permet de savoir collectivement d'où l'on vient. Certes, on a parfois du mal à mobiliser, mais le syndicalisme apporte à l'agriculture. Et s'engager pour les autres est épanouissant. On y vit une aventure humaine particulière et le collectif redonne parfois sens à notre métier", confiait le jeune vigneron.
Enfin, pour conclure les travaux de ce 81e congrès, Édouard Brodhag, directeur départemental des territoires, a salué l'exercice tenu en faisant témoigner les anciens présidents, confiant du maintien "de la continuité de l'État dans son engagement agricole", et ceci pour deux raisons : "D'une part, car les Français sont attachés à leur agriculture, même si cette agriculture a parfois une forme de carte postale, et notamment celle du Vaucluse. D'autre part, car c'est une vraie question de souveraineté alimentaire".
Reconnaissant pour l'implication des agriculteurs lors du Covid - "on s'est posé beaucoup de questions, mais pas celle de comment nous allions nourrir les Français ce qui en soi veut dire beaucoup" confiait-il - il a convenu que si nombre d'avancées sur les dossiers qui préoccupent les agriculteurs pouvaient se faire lors des mobilisations, "elles se faisaient surtout en salle de réunion, où nous cherchons toujours à avoir une écoute active. C'est exigeant, car les problématiques agricoles sont complexes". Il a également prévenu que si la loi d'orientation agricole répondait aux attentes en partie, "elle mettra du temps à porter ses fruits". Mais ses services sont déjà à l'œuvre, avec le dossier du contrôle unique lancé dans le département. "Les éléments vous seront présentés en session, mais je peux déjà vous dire que dans le Vaucluse, cela représente 2 600 interventions par an. Nous allons voir comment améliorer les choses et nous allons faire une charte, afin que ces contrôles soient moins anxiogènes et leur donner du sens. Et nous allons commencer par celui qui vous préoccupe le plus, celui sur les contrôles phytosanitaires", avant de conclure avec une pointe d'humour saluée par l'assemblée : "Dans tous dossiers présentés cette après-midi, l'État sera à vos côté. On ne maîtrise pas trop mal la technique administrative, et on doit pouvoir mettre à votre disposition ce savoir-faire."
ICI
Votre encart
publicitaire !
foncier agricole
AOC BEAUMES-DE-VENISE

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner