Président de l'Afidol, Laurent Belorgey ambitionne d'augmenter la productivité des vergers tout en abaissant le coût de la récolte.
Laurent Belorgey a conservé de son passé de banquier une appétence pour le commercial. Une qualité qui lui aura permis de reprendre, avec succès, l’exploitation familiale et de repositionner, sur un créneau haut de gamme, l’huile d’olive et les olives de table produites sur le domaine. Une réorientation professionnelle complète pour cet ingénieur de formation qui travaillait précédemment au Luxembourg, dans le secteur de la finance. Le décès brutal de son père, en 2001, vient brouiller les cartes d’une carrière toute tracée. Il effectue dans un premier temps des allers-retours mensuels entre le Luxembourg et Avignon pour superviser la conduite de l’exploitation familiale.
« C’est devenu intenable au bout d’un an : soit j’arrêtais et je vendais, soit je m’installais dans les Baux-de-Provence pour reprendre l’exploitation. » Il choisit la deuxième option et opère un changement de vie radical, même si le saut dans l’inconnu n’est pas total. « Tout petit déjà, je passais mes journées de vacances à monter sur les tracteurs, à grimper dans les oliviers pour chercher les cigales, à reconnaître les différentes variétés d'olives avec mon grand-père, à les cueillir à la Toussaint », se souvient Laurent Belorgey. Il se forme et apprend pendant un an, « avec passion et humilité », avant de créer sa marque commerciale en 2011 : ‘La Lieutenante’.
Une reconnaissance rapide.
Quatre ans après son installation, Laurent Belorgey se déleste de la partie élevage, en revendant le troupeau d’un millier de brebis, pour se recentrer sur la production d’olives AOP Vallée des Baux-de-Provence et le foin de Crau (105 ha en AOP). Il choisit également de consacrer à l’élaboration et l’assemblage d’huiles d’olive premium, couronnées dès le lancement de sa marque, ‘La Lieutenante’, d’une médaille d’or et d’une autre d’argent au Concours général agricole. En parallèle aux huiles classiques ‘fruité vert’ et ‘fruité noir’ AOP Vallée des Baux-de-Provence, ‘La Lieutenante’ propose désormais des innovations plus inattendues comme une huile d’olive agrémentée de basilic et baies de Sichuan, ou une autre aux délicats arômes de menthe et de foin de Crau, « très appréciée à Saint-Barth ».
La gamme comprend également plusieurs variétés d’olives de table, emballées dans un packaging élégant : olives cassées et noires AOP Vallée des Baux-de-Provence, Picholine nature et au piment d’Espelette, Verdale, Cailletier… Elle sera complétée, dès cette année, par des tapenades, élaborées dans un laboratoire construit spécialement à côté d’un de ses vergers, sur la commune d’Arles. Commercialisé via internet, l’ensemble des produits est également vendu via un réseau d’épiceries fines en France (Paris, Lyon, Aix-en-Provence) et à l’étranger (Japon, Brésil, USA, Allemagne, Belgique, Pologne).
Une culture en bio limitée.
La production d’huile d’olive bio reste en revanche cantonnée à la portion congrue avec dix hectares cultivés en agriculture biologique, sur un total de 48 ha d’oliveraies. « La demande des consommateurs reste forte, mais le bio était jusque-là difficile à valoriser. Ce mode de culture redevient intéressant », note Laurent Belorgey.
La culture de l’olivier en AB reste en effet délicate, avec des rendements par hectare plus faibles qu’en conventionnel mais, surtout, une plus grande vulnérabilité aux attaques des insectes ravageurs, dont la mouche de l'olive (Bactrocera oleae). Autant de raisons qui ont poussé l’oléiculteur à poursuivre la culture en bio, tout en limitant l’expérience aux parcelles déjà converties.
Celui-ci plaide désormais pour une solution alternative : la Haute valeur environnementale (HVE). « C’est un mode d’exploitation qui répond aux attentes des consommateurs, tout en offrant davantage de marge de manœuvre aux professionnels de l’oléiculture », confrontés annuellement à une incertitude sur les volumes de production à venir. « Il faut jongler chaque année pour ajuster l’offre à la demande », résume Laurent Belorgey. Un vrai casse-tête, reconnaît cet ingénieur de formation, habitué dans sa précédente vie professionnelle à construire des modèles mathématiques destinés à optimiser les profits et minimiser les risques financiers, mais désormais confronté aux aléas de la nature.
Professionnaliser la filière oléicole.
Élu président de l’Association française interprofessionnelle de l'olive (Afidol) en juillet dernier – en remplacement d’Olivier Nasles qui occupait ce poste depuis 12 ans – Laurent Belorgey entend poursuivre les efforts entrepris par son prédécesseur pour « professionnaliser la filière, la rendre plus attractive pour les jeunes générations et surtout augmenter la productivité des vergers tout en abaissant le coût de la récolte ». Un vaste chantier qui passe, selon lui, « par un pilotage plus précis des apports en eau et en éléments nutritionnels, une lutte plus efficace contre les ravageurs mais aussi un approfondissement de la recherche sur les variétés et la pollinisation notamment ». Avec une moyenne de 200 à 300 litres d’huile d’olive/ha, contre 1000 à 1200 l/ha en Espagne ou au Maroc, la marge de progression de la France est encore importante, malgré les bons chiffres de la récolte 2018, estimée à plus de 5000 tonnes, dans la lignée de la précédente (6000 t en 2017).
Julien Dukmedjian
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06/06/2023
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