Vaucluse 03/03/2023
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FDSEA 84

La préfète en visite avant le congrès

Alors que le prochain congrès du syndicat aura lieu jeudi 9 mars, une visite d'exploitations était organisée, vendredi dernier, avec la préfète de Vaucluse. Si l'objectif était bien de poursuivre la découverte du territoire pour la représentante de l'État, il s'agissait également d'aborder les points bloquants de ces derniers mois.

Dans un premier temps, la préfète s'est attachée à découvrir le fonctionnement d'une pépinière viticole, celle du domaine Fontaine du Clos à Sarrians, capitale de la filière.

© Crédit photo : ML

La présence de Violaine Demaret, préfète de Vaucluse, sur le terrain s'apparentait initialement à une visite de courtoisie. À son arrivée en août 2021, l'ancienne préfète des Alpes-de-Haute-Provence demandait effectivement aux syndicats de lui faire découvrir les différentes filières vauclusiennes, dans l'idée de mieux appréhender les problématiques territoriales1.

Ainsi, la matinée du vendredi 24 février lui a-t-elle permis de visiter la pépinière du Domaine Fontaine du Clos, à Sarrians, puis la truffière des frères Jaumard, à Monteux. Dans l'un prend naissance l'or rouge, le vin, dans l'autre, l'or noir, la truffe. "Ces deux produits concourent à la réputation de notre département, et il est important de les protéger", rappelait la FDSEA en préambule de ces deux visites. La messe est dite.

Impossible cependant de se déplacer sans que les agriculteurs ne fassent part de leurs problématiques actuelles à la représentante de l'État, notamment pour lui faire prendre conscience de l'impact des décisions prises au niveau étatique sur les exploitations.

Jean-François et Céline Barnier sont les premiers à accueillir la préfète dans la matinée. Cinquième génération sur le domaine, ils pensent voir venir la sixième grâce à leurs enfants. Pourtant, la pépinière viticole française semble menacée. "Jusqu'à présent, les générations précédentes voyaient en la pépinière d'à côté un concurrent. Aujourd'hui, la concurrence est à l'étranger. Mais il y a aussi l'impact de cette tendance à vouloir tout réglementer, tout certifier. La vigne, ce n'est pas des boulons. Si, dans l'industrie, un plus un fait toujours deux, ce n'est pas toujours le cas avec nous, puisque nous travaillons avec le vivant", attaque d'emblée Jean-François Barnier, après avoir présenté son exploitation.

Pour Gérald Lambert, directeur général des Pépiniéristes producteurs du Comtat, dont la structure est basée au même endroit, cette sur-réglementation va au-delà du nécessaire et met en danger les petites exploitations : "Il faut aider les petits pour ne pas en perdre en route. En France, on estime qu'on en perd 30 à 40 par an. Ça peut paraître peu, sauf qu'on part de 500".

Dans l'angle mort, la problématique de l'emploi

Intimement lié à ce sujet, la question de la main-d'œuvre reste en filigrane. Difficile à trouver, elle engendre une perte de savoir-faire qui diminue la capacité de production. "Nous sommes tombés à 220 millions de plants greffés et soudés en terre. Si on prolonge la courbe actuelle, dans cinq à dix ans, on sera à 150 millions", affirme Jean-François Barnier.

Pour faire face au manque de ressources humaines locales que la filière ne parvient à capter, nombreuses sont les pépinières à faire appel à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). "Dans notre filière, la main-d'œuvre étrangère c'est sept salariés sur dix", rappelle Vincent Berangier, également pépiniériste sur la commune.

Pas de volonté de restreindre ce type de contrat, rassure la préfère. Mais, pour Sophie Vache, présidente de la FDSEA de Vaucluse, le problème est ailleurs : "La plateforme de gestion des OFII fait face à une explosion des demandes, avec l'utilisation de plus en plus importante d'autres secteurs d'activité que le nôtre. Résultat : elle ne parvient pas à tout absorber, car le temps de faire les contrôles, ils bloquent le site. Tout le monde est logé à la même enseigne, et l'agriculture se trouve pénalisée". De sa visite, Violaine Demaret a noté l'importance de la fluidité des procédures et le besoin de pédagogie pour provoquer de nouvelles vocations.

Énergies et ressources au centre de l'attention

Profitant de la présence de la préfète, Sandrine Pignard, directrice de l'ASA du Canal de Carpentras, et Philippe Bon, vice-président du Syndicat de défense de la Fraise de Carpentras, l'ont interpellée sur les hausses des tarifs de l'électricité, malgré les boucliers tarifaires. "Le problème vient du tarif heure plein été qu'on nous applique. Nous sommes montés jusqu'à 320 € le kilowattheure, alors qu'avant nous étions autour de 40 € ! Nous n'allons pas nous battre sur le prix en hiver, mais pourquoi en sommes-nous arrivés là en été ?", insiste la directrice.

Si la préfète tempère le propos, rappelant les efforts proposés par le gouvernement, elle cherche du coin de l'œil François Gorieu, directeur départemental des territoires (DDT) de Vaucluse. Ils affirmeront s'accorder pour faire remontrer ces informations à la Draaf. Une intervention un peu en décalage avec les visites du jour, mais qui ne manque pas de pertinence compte tenu de la situation critique de certaines exploitations. "Il y a un ras-le-bol et un manque de vision, on voit bien qu'on n'arrivera pas à répercuter les hausses", note Sophie Vache. Pas de réponse de l'État, malaise croissant avec une nouvelle tentative de suicide il y a peu, besoin de soutien politique et d'avancer sur le sujet 'grande distribution'... Les points de crispation sont nombreux.

De manière générale, les énergies restent au cœur de toutes les discussions, tant sur le terrain qu'entre agriculteurs. Pour cette raison, la FDSEA de Vaucluse proposera lors de son congrès du jeudi 9 mars un grand-angle sur les énergies renouvelables. "Concrètement, nous n'imaginons pas pouvoir apporter de réponses précises ou de solutions d'avenir, mais plutôt venir dégager des pistes pour permettre aux exploitants de disposer de quelques clefs, afin de démarrer ou pas d'éventuels projets", dévoile Claire Merland, directrice du syndicat.

La sécheresse inquiète déjà

Toujours au premier plan également, les questionnements autour de la sécheresse, de l'irrigation et de l'eau en général. Chez les frères Jaumard, trufficulteurs à Monteux, la triste récolte de l'année témoigne d'elle-même. "C'est déjà la fin de la saison, qui se termine rapidement. Le manque d'eau a pénalisé la production", énonce Alexis, un des deux frères. Pour eux aussi, le changement climatique oblige à réfléchir différemment : "Par exemple, nous laissons les arbres plus bas pour que la consommation d'eau soit mieux optimisée." Leur père, encore présent sur l'exploitation, souligne la désormais nécessaire irrigation des arbres.

La recherche se penche sur le sujet, propose des essences d'arbres différentes et plus résistantes à la chaleur- tels que le charme, le noisetier ou encore le pin-, mais aussi sur la possibilité de leur apporter un ombrage. Un projet pilote d'ombrières photovoltaïques entre Ombréa et la Maison Jaumard fera d'ailleurs son apparition à l'automne dans la truffière. 

Manon Lallemand •

EDITO

Donner du corps à notre collectif

© Crédit photo : ML

"C'est quoi un syndicat ? Un syndicat est une association de personnes qui a pour but de défendre les intérêts professionnels et économiques de ses membres. Association d'entraide et de secours mutuels à l'origine, les syndicats sont apparus en France au XIXe siècle reconnus officiellement en 1884 avec la loi Waldeck Rousseau.

La FDSEA de Vaucluse a été créée le 11 mars 1945, dans le but de défendre les intérêts collectifs de ses membres. 78 ans plus tard, la FDSEA est toujours là, sur la défense des intérêts des agriculteurs. La défense des produits est assurée par les syndicats de filière.

Qui défend les exonérations de charges pour les travailleurs saisonniers ?

Qui défend les dossiers calamités ?

Qui défend les employeurs ?

Qui négocie au nom de tous les agriculteurs avec les pouvoirs publics ?

C'est bien la FDSEA qui défend les agriculteurs dans leur ensemble, qui vous défend, qui nous défend !

Adhérer, c'est donner du corps à notre collectif.

Adhérer, c'est donner son avis.

Adhérer, c'est faire partie d'un réseau d'entraide et de solidarité.

Alors pour 2023, sans hésiter, ADHÉREZ !" 

Sophie Vache, présidente de la FDSEA de Vaucluse •

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