FDSEA 84
Mardi matin, Violaine Démaret, préfète de Vaucluse, se déplaçait dans la ceinture verte d'Avignon au côté de la maire de la ville, Cécile Helle, sur l'invitation de la FDSEA. Elle poursuit ainsi son tour des agricultures de son territoire.
Dans un premier temps accueillie chez Jean-Philippe Briand et Julie Vié, la préfète, accompagnée de la maire d'Avignon, du secrétaire générale de la FDSEA et du vice-président de la Chambre d'agriculture, a découvert les problématiques de la ceinture verte, notamment la hauteur des serres.
© Crédit photo : ML
Comprendre pour mieux défendre. Il y a un peu plus d'un an, à son arrivée à la préfecture vauclusienne, Violaine Démaret avait bien fait comprendre que ce serait son objectif pour le début de sa mission. Après avoir rencontré les filières arboricole, viticole et trufficole, elle se penchait sur l'agriculture avignonnaise, avec un focus particulier sur la ceinture verte de la ville. Une zone avec "un énorme potentiel et de nombreuses contraintes qu'il est important d'appréhender", souligne Jean-Philippe Briand, président du Syndicat des exploitants agricoles (SEA) du territoire d'Avignon.
Aux côtés de Julie Vié, il accueille la visite organisée par la FDSEA de Vaucluse, mardi 17 octobre. Avec Jean-François Cartoux, qui représentait la présidente de la Chambre d'agriculture, il explique les caractéristiques de l'agriculture en Avignon, si particulière et pourtant malmenée au fil des ans. Dans le hangar qui jouxte sa serre de trois hectares, érigée en 2015, ils sont nombreux à l'écouter : Cécile Helle, maire de la ville, Pierre-Roger Gontard, son adjoint délégué au développement territorial et urbain, Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA 84, François Gorieux, directeur départemental des territoires, et Mathilde Revol pour les Jeunes agriculteurs...
"Peu importe l'identité de ceux qui vous accueillent, au final ce qui est important est ce qui est fait ici", note Jean-François Cartoux.
Car en ceinture verte comme dans les autres zones agricoles d'Avignon (La Barthelasse et les foins de Montfavet), les difficultés s'accumulent et nécessitent de la cohérence, "pour conforter les agriculteurs et en installer de nouveaux", ajoute-t-il. Surtout qu'Avignon ressemble à une zone idéale, reconnue pour ses caractéristiques agronomiques, son territoire maillé par une irrigation gravitaire et sous pression, son mistral et sa proximité avec les trois Marchés d'intérêt nationaux alentours.
Bien que des avancées aient été notées tout au long des années, la zone reste en effet particulièrement marquée par les dernières décennies. Aujourd'hui, ne reste plus qu'une vingtaine d'exploitants dans cette ceinture verte, tiraillée entre son potentiel et ses contraintes. En zone inondable et particulièrement proche de la ville, ce qui accentue la pression foncière, les terres ont déjà été réduites par la ligne TGV. Mais c'est maintenant la crainte d'une balafre en plein milieu qui plane depuis 20 ans : la LEO, cette déviation qui déchaîne les passions et passerait pile dans la ceinture verte.
Les habitants et exploitants ont déjà quitté les lieux, laissant place à de nombreuses friches et à des maisons squattées, qui entraînent elles-mêmes une accentuation des pillages dans les parcelles. Une situation qui interpelle Violaine Demaret. La préfète découvre en effet l'ampleur de la situation et promet de continuer à pousser les maires à investir les démarches civiles et administratives. Les lieux sont également régulièrement souillés par des dépôts sauvages, qui réapparaissent une fois embarqués par les services des collectivités...
De plus, l'urbanisme et la protection environnementale de la ceinture verte ont provoqué, ces dernières années, un empilement des contraintes, réduisant drastiquement les possibilités. Particulièrement pointée du doigt par Jean-Philippe Briand : la limitation des hauteurs de serres. "Nous sommes limités à six mètres de haut. C'est ce qu'on faisait dans les années 2000. Aujourd'hui, les nouvelles serres font plutôt huit à dix mètres, ce qui permet notamment de mieux stocker la chaleur. Pour se projeter, il nous faut avancer avec les technologies actuelles."
Convaincu par l'outil, il milite pour une meilleure compréhension. "Il faut se sortir de l'esprit qu'on arrivera à la souveraineté alimentaire avec le plein champ. Nous sommes dans un système de restrictions avec des croyances. Ce n'est pas parce qu'on va augmenter la hauteur des serres et autoriser leur construction que, soudainement, on va se retrouver à 100 hectares couverts du jour au lendemain. Ne serait-ce que financièrement, ce serait impossible", assure-t-il.
Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA, appuie son propos : "Quand on sait que, sur Avignon, l'agriculture a déjà perdu plus de 1 000 hectares, la serre est la seule solution pour densifier la production. Qu'elle fasse six mètres ou trois de plus, je ne suis pas sûr que la différence se voit, ni depuis Avignon, ni depuis la nationale". En réponse, Cécile Helle défend le bilan de sa mandature sur les améliorations, plaidant la conciliation de la souveraineté alimentaire et l'intérêt paysager. Pour réfléchir à l'agriculture de demain. "Mais sans les opposer, il y a de la place pour toutes les agricultures ici", martèle Jean-Philippe Briand.
La matinée se poursuit à 'La coupe d'or', chez la famille Rippert. Comme chez Jean-Philippe Briand, il y a sur cette exploitation - vieille de cinq générations - une crainte quant à l'impossibilité de pouvoir se développer. "Parmi nos plus grands défis, il y a l'adaptation au changement climatique. Mais nous sommes limités par les contraintes de la zone inondable. Avec des normes qui ont forci et des surfaces qui ont un peu diminué - en raison du confortement des digues de la Durance sur la quasi- totalité du linéaire, dont nous sommes à une centaine de mètres -, nous ne pouvons plus rien faire que du plein air", témoigne Robert Rippert.
L'agriculteur s'inquiète effectivement du renouvellement de ses serres, qui seraient en plus limitées en hauteur et ne permettraient pas d'installation récente. "J'entends ce que vous dites, nous allons travailler avec Madame la maire pour la continuité de l'activité. On ne parle pas de construire des habitations mais bien des serres. On doit pouvoir trouver des solutions", affirme la préfète de Vaucluse.
Également alertée sur la LEO, le besoin de compensations effectives- si le projet devait être mené à bien- et le sujet global d'atteinte à l'environnement- à cause de nombreux dépôts sauvages-, elle a tout de même assuré qu'elle se rapprocherait dès à présent de la municipalité, pour discuter des différents points abordés lors de la matinée. À l'écoute des agriculteurs avignonnais, elle rappelle ainsi son engagement.
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