La Chambre d'agriculture de Vaucluse et la gendarmerie ont signé le 26 juin dernier une convention pour lutter contre les vols en agriculture.
La délinquance en milieu agricole représente environ 1,5% de la délinquance totale du département. « C’est peu au regard des chiffres, mais c’est aussi une priorité ministérielle », expliquait le colonel Yvan Carbonnelle, commandant de la gendarmerie du Vaucluse, lors de la dernière session de la Chambre d’agriculture de Vaucluse. Un plan spécifique de lutte contre les vols en milieu rural a été mis en place en mars 2014 par Manuel Vals, alors ministre de l’Intérieur.
Logistique, connaissance du métier et circuits d’écoulement.
Reste que ces vols simples sont parfois le fait d’individus « organisés » comme ce fut le cas à Bédarrides pour le vol de 800 kg d’ail, mais aussi de 120 plants fruitiers à Saint-Saturnin ou de 800 pieds de vignes à Violès en mars dernier, sans parler des vols concernant la filière truffe, sur laquelle la gendarmerie est mobilisée, notamment sur les marchés, « pour éviter les braquages. Ces vols massifs nécessitent une logistique, la connaissance du métier et les circuits d’écoulement », notait le colonel Yvan Carbonnelle.
Le 2e type de délinquance est le vol de véhicules (une dizaine dans le département), voire de véhicules agricoles, « plutôt rare ». Le 3e type est le vol d’appareil d’irrigation « qui créé un préjudice en valeur et dans le temps ». Enfin, le 4e et dernier type de délinquance est le vol de piquet de vigne « à rapprocher des vols de métaux ». Le vol à main armé avec violence est très rare et se rapproche plus des vols avec violence à domicile « qui existent aussi en milieu rural et pas seulement en ville », tandis que les dégradations volontaires sont aussi enregistrées, tout comme le vol de caisses de vin. « Là aussi, il faut la connaissance, le moyen de transport et la logistique. »
Enquête judiciaire et partenariat professionnel.
Face à ces actes, la gendarmerie dispose de deux moyens d’action : l’enquête judiciaire et le partenariat avec les Chambres d'agriculture et les syndicats, comme acté dans le plan de mars 2014. « Je vous rappelle l’importance du dépôt de plainte en brigade de gendarmerie, car c’est elle qui déclenche l’enquête judiciaire. Sans elle, nous ne pouvons agir. »
Concernant l’enquête judiciaire, le colonel relevait une première difficulté : les données sont souvent périssables. « Pour autant, chaque année, grâce au dispositif de surveillance, nous parvenons à arrêter les voleurs. Nous en avons arrêté 12 en 2014, déjà 10 en 2015. (…) « Même si rapporter aux taux de délinquance total, la délinquance en agriculture est faible avec ses 1,5%, notre détermination est totale. C’est pourquoi nous avons initié avec la Chambre d’agriculture il y a deux ans un partenariat, avant que le plan ministériel de lutte contre les vols en milieu rural ne soit mis en œuvre. C’est une chance de l’avoir fait », déclare le colonel Carbonnelle.
Ce partenariat prend différente forme. Tout d’abord, des conseils émis par la gendarmerie en termes de prévention et d’information sur la réglementation qui paraissent régulièrement dans les colonnes du Vaucluse Agricole. Ensuite, un dispositif d’alerte est expérimenté depuis un an : il s’agit d’alerte des exploitants agricoles par SMS et/ou courriel suite à la commission d'une infraction. « Des alertes spécifiques sont également envoyées à la Chambre d’agriculture qui les relaie ensuite aux filières concernées pour les avertir d’un potentiel danger. Cette alerte est complémentaire à celle mis en place par la CCI sur l’alerte concernant les vols à main armé. » La gendarmerie propose d’ailleurs aux victimes d’agression multiples de s’inscrire sur un registre pour être alerté quand un méfait équivalent à celui qu’ils ont connu se renouvelle.
Autre outil proposé par la gendarmerie : le contact personnalisé, avec les patrouilles sur le terrain. « Nous avons augmenté le nombre et la fréquence de patrouille avec des réservistes. Et ponctuellement, nous faisons également des patrouilles aériennes pour compléter le travail au sol. Car l’autre difficulté, avec la périssabilité des denrées volées, est la surface à couvrir », concluait-il.
Céline Zambujo
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06/06/2023
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