VIN
Vendredi dernier, Olivier Becht, ministre délégué au Commerce extérieur, était attendu de pied ferme à Gigondas, à la Maison Pierre Amadieu, puis à La Tour-d'Aigues, chez Marrenon. Au menu : l' exportation des vins français, en présence des représentants des filières vitivinicoles. Un échange cash entre spécialistes.
Olivier Becht (aux côtés de la préfète de Vaucluse), ministre délégué, chargé du Commerce extérieur, de l'Attractivité et des Français de l'étranger, s'est rendu à Gigondas, puis à La Tour-d'Aigues, chez Marrenon, pour rencontrer les viticulteurs et leur présenter les outils de soutien à l'exportation à leur disposition.
© Crédit photo : PN
Vendredi 6 octobre, le ministre délégué au commerce extérieur, Olivier Becht, est allé à la rencontre des vignerons des Côtes du Rhône. La rencontre s'est déroulée dans les locaux de la Maison Amadieu, à Gigondas. La matinée a commencé par une rapide dégustation du tout nouveau cru de gigondas blanc, élevé en amphore, et une visite de la cave. L'occasion, pour Pierre Amadieu, d'illustrer l'une des difficultés des vignerons à l'export, avec les exigences d'étiquetage définies pour chaque pays. Le "pompon" revenant à l'Irlande, avec des normes tellement drastiques que la Maison Amadieu a choisi de cesser tout export vers ce pays. "Nous avons fait des démarches auprès de la Commission européenne pour les ramener à la raison", a répondu plus tard Olivier Becht.
Le ministre, accompagné de la préfète Violaine Desmaret, du sénateur Lucien Stanzione, des deux députés de Vaucluse - Marie-France Lorho et Jean-François Lovisolo -, s'est ensuite installé face aux représentants des professionnels, parmi lesquels figuraient Philippe Pellaton, président d'Inter Rhône, Samuel Montgermont, président de l'Union des maisons de vins du Rhône, Denis Guthmuller, président du Syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône, Philippe Guigal, administrateur de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux, mais aussi Sophie Vache, présidente de la FDSEA de Vaucluse, Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d'agriculture, et Gilbert Marcelli, président de la Chambre de commerce de Vaucluse.
Le ministre a ouvert l'échange en rappelant le contexte actuel. "La consommation baisse sur le marché intérieur, parce que les habitudes changent. L'État n'a jamais découragé la consommation du vin, au contraire. Nous souhaitons mettre en valeur les produits de nos exploitants, dans le cadre bien évidemment d'une consommation modérée. Ce que vous produisez, c'est le cœur du savoir-faire français, ce sont des traditions millénaires. Nous voulons à la fois mettre en valeur cette excellence française, et la partager avec le reste du monde : l'export peut ainsi être un moyen de compenser ce que nous perdons en consommation intérieure."
Puis, il revient sur les tentations protectionnistes : "Certains voudraient que l'on construise des murs pour empêcher les produits des autres pays de rentrer. Mais ils ne comprennent pas que ces murs empêcheraient aussi nos produits de sortir. À l'inverse, les accords de libre-échange, signés avec certains pays, ont considérablement boosté nos exportations, que ce soit vers le Canada, le Japon ou la Corée. Et ce sera le cas avec le Chili, l'Australie ou la Nouvelle- Zélande, avec qui nous sommes sur le point de signer aussi de tels accords".
De leur côté, les représentants du monde viticole ont rappelé que la filière jouait le jeu de l'export, "en y investissant 14 millions d'euros", pointait Philippe Pellaton. De son côté, Samuel Montgermont a précisé que les vins de la Vallée du Rhône représentaient "8 % des 11,7 milliards d'excédents de la balance commerciale". Philippe Guigal, quant à lui, a évoqué plusieurs points essentiels au développement de l'exportation, tels que "l'ouverture de nouveaux marchés grâce à des accords commerciaux de libre-échange. Je ferais notamment un focus sur l'Inde qui, vu la taille du marché, est un enjeu majeur. Les Indiens sont prêts à s'approprier la culture du vin. Le frein, ce sont des taxes, de 150 % au minimum et pouvant dépasser les 300 %". Il est également revenu sur le problème des normes, déjà évoqué par Pierre Amadieu : "Nous développons une information consommateur complète par le biais des QR Code. Mais à quoi bon, si la commission européenne exige demain des mentions descriptives sur les étiquettes, que nous devrons décliner dans les 24 langues de l'Union ? Certains opérateurs ne pourront pas suivre. Cela fait cinq mois que nous attendons une prise de position claire de la France contre cette réglementation, qui doit entrer en vigueur le 8 décembre prochain".
Enfin, la quasi-totalité des représentants présents a évoqué son inquiétude sur les conflits commerciaux entre la France et les États-Unis, sur l'acier et l'aluminium, mais aussi entre Airbus et Boeing.
Le ministre a attentivement écouté ces propos, prenant de nombreuses notes. Il a ensuite rappelé les mesures prises par le gouvernement. "Le premier outil mis à votre disposition, c'est le VTE (volontariat territorial en entreprise pour l'export, ndlr). Il y avait déjà les VIE, volontariat international à l'export, un jeune que l'on envoyait dans les pays pour trouver de nouveaux marchés ou distributeurs. Mais si on n'a pas organisé préalablement l'entreprise pour l'export, ça ne marche pas. D'où l'idée des VTE, pris en charge à 50 % par l'État". Ce dispositif intéresse aussi bien les primo-exportants, que ceux qui pratiquent déjà le proche export, en Europe, et qui voudraient aller plus loin.
"Le second outil, c'est l'académie de l'export, dont la fonction est de former les salariés, les agents de maîtrise et les cadres de vos entreprises à l'export", a complété Olivier Becht. "La Team France doit aussi davantage emmener les acteurs sur les grands salons internationaux, avec le Pavillon France : nous allons doubler la prise en charge de l'État pour accompagner les entreprises sur les salons. Enfin, nous allons aussi accompagner les entreprises sur les plateformes numériques, où se font en grande partie les affaires en BtoB." Et le ministre de pratiquer franchement l'autocritique : "Nous devons refondre également certaines vitrines numériques qui n'ont pas été une grande réussite".
Enfin, Olivier Becht est revenu sur le plus grand sujet d'inquiétude des vignerons, à savoir les conflits commerciaux avec les USA : "Fin octobre, l'accord transitoire que nous avions avec les États-Unis se termine. C'est donc le sujet sur lequel nous travaillons en priorité. J'ai bon espoir que nous puissions trouver une issue positive et rapide. Mais il faut regarder la vérité en face : si Trump et les néoconservateurs reviennent au pouvoir, rien ne nous garantit qu'ils ne remettront pas ces accords en question".
Le gouvernement a annoncé, par un communiqué le 2 octobre, la mise en place "début 2024" de prêts bonifiés à 2,5 % à destination des viticulteurs,"de manière à leur permettre d'étaler dans le temps leurs obligations bancaires et ainsi de libérer de la trésorerie". Le dispositif sera soumis au régime de minimis (plafond triennal d'aide nationale par exploitation agricole). Et le gouvernement précise que son déploiement fera l'objet d'un "appel à candidature auprès des établissements concernés". L'exécutif rappelle qu'une enveloppe de 200 millions d'euros (M€) a déjà été débloquée pour soutenir la distillation. Le président des Vignerons indépendants, Jean-Marie Fabre, avait rencontré Marc Fesneau début septembre. Il avait demandé au ministre des allègements de charges sociales et foncières. Le syndicat avait aussi demandé la mise en place d'une aide similaire à celle obtenue après le gel du printemps 2021. "C'est une victoire syndicale !", relevait Thierry Vaute, présidente des Vignerons indépendants de Vaucluse, le 4 octobre (lire page 5), rappelant que "sur les 1,7 milliard de PGE souscrits, 1,4 milliard l'avait été par la filière vitivinicole".
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