Stéphane Honorat est viticulteur sur la commune d’Éguilles, près d’Aix-en-Provence, sur une exploitation familiale d’une vingtaine d’hectares en AOC Coteaux d’Aix et IGP Méditerranée. Installé en 2007 après une formation agricole au lycée viticole d’Orange, puis un BTS à Montpellier, il entame en 2016 son second mandat en tant que président de JA Paca, un mandat qui va courir jusqu’en 2018. Ce vigneron de 34 ans, marié, qui se qualifie de « pugnace, ouvert, déterminé, conciliant et posé » pratique de temps en temps la course à pied avec une association de sa commune, quand il ne participe pas aux réunions du conseil municipal (il est élu), de sa cave coopérative (il est vice-président de la cave Le cellier d’Eguilles) ou bien encore de Coop de France Alpes-Méditerranée (il est secrétaire général), sans parler du temps où il était à JA National (il a été membre au conseil d’administration, secrétaire-général adjoint et vice-président). « Courir de temps en temps, en tant qu’amateur, me permet de m’aérer l’esprit, de souffler un peu, car sinon, on est toujours pris par quelque chose. »
Comme d’autres, il a appris à poser ses propres limites. « On doit apprendre à poser ses propres bornes car les idées, les opinions, les envies… font des projets et des perspectives dans lesquels il faut s’investir. Si on ne s’oblige pas à prendre du temps, physique ou mental, on peut vite être submergé. Cet apprentissage fait aussi partie de l’engagement que l’on peut avoir. »
Car pour le président de JA Paca, l’engagement, c’est d’abord « passer le pas, celui du premier engagement, quand on ne connaît pas encore » mais que l’on veut apporter ses idées au débat et les défendre. « Il y a différentes manières de s’engager, le syndicalisme est l’une de ces formes, mais elle n’est pas la seule. Mais dans tous les cas, il faudra trouver le juste équilibre entre famille, exploitation, santé et engagement. Personnellement, j’ai pu mesurer mes limites, mais chacun doit faire ce chemin, en étant maître de sa volonté, de ses possibilités, tout en ayant dans un coin de la tête ces quatre pôles cardinaux : famille, exploitation, santé et engagement. Mais je suis intimement persuadé qu’il faut savoir dit « non » et avoir de la continuité, plutôt que de dire « oui » à tout et s’effondrer à un moment donné. »
Des dossiers structurants.
Après un premier mandat en tant que président de JA Paca entre 2014 et 2016, il a donc été réélu lors du 30e anniversaire de la structure (lire le Vaucluse Agricole du 13 mai 2016, page 2-3). Aujourd’hui, avec son équipe, il souhaite poursuivre les actions engagées et porter de nouveaux défis structurants. « Le premier enjeu est de pouvoir s’adapter et répondre aux différentes évolutions en renforçant notamment la représentativité de notre région vis-à-vis des autres, car nous sommes désormais plus petits dans ce paysage à 13 régions. Ensuite, nous devons être force de propositions dans le nouveau paysage né de la loi NOTRe, avec le changement de compétences des départements et des régions. L’enjeu sur ce point précis est être performant à la fois dans les départements, mais aussi au niveau régional, par rapport aux moyens financiers, humains et dans notre implication sur ces territoires. »
Au-delà de ces deux dossiers, la ligne rouge posée par JA reste bien entendu celle de l’installation, de la transmission et du renouvellement des générations, des sujets « plus politiques qui portent notamment sur les évolutions de la DJA mises en place en 2015 et qui nécessitent, en 2016, de faire un bilan et d’émettre des propositions ».
Qui dit installation, dit aussi accès au foncier, en lien avec les organismes impliqués, aux premiers rangs desquels la Safer. « Sur ce sujet également, nous allons continuer le travail mené sur les différentes propositions portées, comme la labellisation des points accueils installation, avec un renforcement de la synergie régionale. Nous pourrons d’ailleurs nous appuyer sur l’Arpai Paca, l’Association régionale des points accueils installation, pour répondre aux évolutions de notre environnement agricole. »
Faire entendre notre diversité.
Mais d’autres sujets d’actualité seront bien évidemment au rendez-vous des prochaines semaines, à commencer par le bilan à mi-parcours de la PAC. « Nous souhaitons faire valoir notre territoire et notre diversité, faire entendre nos propositions sur nos typologies d’exploitations, finalement très larges : plaine ou montagne, exploitations arboricoles, maraîchères, rizicoles, d’élave ou viticole…, la région Paca est riche de sa diversité et nous devons la faire entendre, quels que soient les niveaux de discussion. D’autant que dans ces débats à venir, nous devrons également rester fermes sur des sujets qui nous sont propres. Je pense en particulier à l’environnement, avec ses problématiques ‘santé de l’animal et du végétal’ et aux nouveaux problèmes sanitaires comme Xylella ou la flavescence dorée. Mais aussi aux problématiques spécifiques des agriculteurs de montagne, avec les discussions autour de l’ICHN et bien entendu du loup : aujourd’hui, la réintroduction du loup a complexifié l’exercice du pastoralisme. Certes, nous avons des possibilités de prélèvements octroyées par les préfets, mais aujourd’hui, nous n’arrivons pas à répondre à la demande des éleveurs de pouvoir pratiquer leur métier en toute quiétude. Il faut trouver un équilibre entre loup et élevage. »
Céline Zambujo
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