Les maires ou leur représentant lors de la présentation du projet d'aménagement hydraulique pour l'avenir du territoire Nord Vaucluse/Sud Drôme. (© F.Pabst)
Une vingtaine de maires, accueillis par le président de la Chambre d'agriculture André Bernard et le DDT Jean-Louis Roussel, ont été informés par Marc Chemouni, chef de projet et par Mireille Brun, chargée de mission à la Chambre d'agriculture, du grand projet d'aménagement hydraulique pour l'avenir de deux territoires : le Nord Vaucluse et le sud de la Drôme. Un seul projet pour deux régions et deux départements.
C'est un projet dont on parle depuis déjà de nombreuses années, les réseaux d'irrigation collectifs étant notoirement sous-dimensionnés sur ce territoire. En outre, à partir de 2003, l'Agence de l'eau met en garde sur l'utilisation abusive de la nappe du Miocène (classée aquifère patrimoniale) et les sécheresses successives de 2003 à 2007 sonnent l'alerte : « Dès 2009, la Chambre d’agriculture de Vaucluse rédige un rapport sur la mobilisation du Rhône pour l'irrigation (débit du Rhône 1700 m3/s), suivi en 2013 d'un rapport du ministère de l'Agriculture sur l'intérêt de mobiliser les eaux du Rhône pour l'irrigation » détaille Mireille Brun. Entre-temps, poursuit-elle : « L'Agence de l'eau réalise une étude sur les volumes d'eau prélevables sur le Lez, l'Aygues et l'Ouvèze, de même que sur les étiages du Rhône. Et en 2014, le préfet désigne la Chambre d'agriculture de Vaucluse, maître d'ouvrage des études de préfiguration. Enfin, en 2016 les bassins-versants Lez-Aygues-Ouvèze dont classés en zone de répartition des eaux ».
En l'état actuel, quelques chiffres sont avancés, mais ils sont à prendre avec précaution, car ils doivent être affinés avec les études à venir : « Le projet porterait une superficie d'environ 12 000 ha (qui ne représentent que 20 % de la SAU) et se chiffrerait autour de 150 millions d'euros. In fine, le coût à supporter par l'agriculteur serait de 400 à 500 €/ha irrigué tout compris (si les subventions sont à hauteur de 80%, comme envisagé sur le projet) » explique Marc Chemouni, soulignant : « Est également à l'étude, le système de prélèvement des eaux dans le Rhône. À ce jour, trois ASA fonctionnent par pompage en surface, sur des biefs, à Bollène, Mornas et Châteauneuf du pape. Elles sont propriétaires de leurs installations. Il faudrait entrer en relation avec elles, et obtenir leur accord, pour éventuellement les utiliser et les redimensionner, ce qui n'est pas encore fait à ce jour. On peut aussi envisager une prise d'eau nouvelle, puisque la CNR n'y est pas opposée. Une autre solution vise à utiliser l'eau qui affleure dans les carrières, nombreuses au bord du Rhône, mais compte tenu de l'importance du volume à prélever, environ 2,5 m3/s à 3 m3/s, des études d'impact sur l'environnement souterrain doivent être réalisées avant de l'envisager ».
Il reste encore beaucoup à faire puisque les travaux d'aménagement sont prévus pour les années 2020/2050... Restent encore les phases de concertation qui ont lieu actuellement et se poursuivront jusqu'en 2018, et l'étude de faisabilité (entre 2016 et 2019) : « Nous devons travailler sur les besoins, dans un contexte de réchauffement climatique, c'est toute la difficulté. Cela est nécessaire pour bien dimensionner le projet » précise Marc Chimouni. Dans ce cadre, deux phases sont programmées : « la première porte sur le diagnostic agricole du territoire, les besoins en eau agricole et non agricole avec une proposition d'adaptation des réseaux d'irrigation. La seconde phase se concentre sur les plans des aménagements, les coûts et plans de financement et l'impact sur l'environnement ».
Utiliser d'autres sources d'alimentation.
L'accueil par les maires présents a été positif, et quelques remarques ont été formulées « Il faudra utiliser d'autres sources d'alimentation des bouches d'incendie (actuellement branchées sur le réseau d'eau potable). Il ne faudrait donc pas réserver ce projet d'irrigation à l'agriculture, mais aussi aux autres usagers » note Joseph Saura, maire d'Uchaux. « Le cœur du projet territorial, c'est que ce réseau serve à tout le monde » répond Jean-Louis Roussel. « Ce projet doit être porté par l'ensemble des acteurs du territoire » confirme André Bernard, qui révèle également que ce projet pourrait avoir un impact auprès des assureurs : « Nous avons obtenu que les agriculteurs qui ont une irrigation sécurisée, sur tout ou partie de leur exploitation, pourraient voir leur prime diminuer, parce qu'il n'y a plus de risque sécheresse ». Le président souligne encore « Aujourd'hui, au-delà de savoir qui va piloter, il faut faire avancer le dossier, même si l'on ne connaît pas encore l'opérateur : Canal de Carpentras, ou pas... ». Le DDT rajoute : « Il y a des études, il faut d'abord voir ce qu'en pensent les maires, les intercos, après on verra pour l'opérateur ». Pierre Gonzalvez, vice-président des maires de Vaucluse relève : « Le portage peut aussi être assuré par une collectivité. Ce projet va rendre attractif le territoire et attirer de nouveaux investisseurs. Je ne doute pas que les collectivités s'engagent sur un projet cohérent pour les territoires ».
Francis Pabst, CLP
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