Bouches-du-Rhône, Vaucluse 07/06/2023
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importations de tomates

Haro sur l'origine Maroc

Les producteurs français de tomates dénoncent la sur-représentation de tomates du Maroc dans les rayons de la grande distribution et exigent un affichage plus lisible de l'origine des produits.

Producteurs du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône se sont rendus dans deux enseignes de la grande distribution à Arles, jeudi 1er juin.

© Crédit photo : ED

Le contingent de tomates marocaines n'a cessé d'augmenter ces dernières années sur le marché français. En 2022, le Maroc est même devenu le 3e exportateur de tomates, affichant ainsi la plus forte augmentation des exportations sur une année (+ 17 %) parmi tous les pays producteurs.

Sur le marché intérieur, le produit marocain représente 63 % des volumes de tomates importés, dont une large partie en pleine saison de production française. Les producteurs des organismes Légumes de France, de l'AOP nationale 'Tomates et concombres de France' et de la FNSEA pointent régulièrement cette situation désastreuse pour la filière française (lire également notre dossier). Pour donner du poids à ce qu'ils dénoncent à l'approche de la saison estivale, ils organisaient une action d'étiquetage les 1er et 2 juin derniers dans toute la France.

De nombreux maraîchers français appellent le gouvernement à un soutien clair, notamment en vue de prochaines échéances législatives françaises et européennes. Dans cette optique, ils se sont donc rendus dans plusieurs supermarchés de leurs départements. Sur le secteur d'Arles notamment, une action - visant à dénoncer la sur-représentation de tomates d'importation marocaines sur les étals des grandes surfaces en pleine période de production française - s'est déployée jeudi 1er juin dans deux magasins des enseignes Intermarché et Leclerc. Une trentaine de maraîchers des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, adhérents au groupe Rougeline, y ont participé.

"Le Maroc a développé de nouvelles zones de production dans le Sahara occidental. Les productions marocaines sont présentes toute l'année dans la distribution française, favorisées par des barrières douanières quasiment inexistantes. Ces importations viennent notamment concurrencer nos produits sur le segment de la tomate cerise. Le résultat est que nous vendons moins bien, tout en payant toujours plus de charges", explique Henri Jourdain, producteur à Pierrelatte.

Des mentions d'origine quasi illisibles

À l'intérieur des magasins, les producteurs se sont saisis - dans le calme - des quelques barquettes de tomates marocaines repérées pour y coller leurs stickers. "Nous voulons simplement informer le consommateur d'où vient le produit qu'il achète. Sur certains emballages, le pays d'origine est écrit en tout petit, comme sur ces barquettes de tomates cerises vendues 99 centimes d'euro pièce", indique Laurent Israelian, secrétaire général de la FDSEA des Bouches-du-Rhône.

Les producteurs veulent légitimement "un affichage plus visible pour les consommateurs français, avec l'impression du drapeau du pays producteur d'une hauteur de 15 mm minimum, et que la mention écrite d'origine soit conservée à proximité immédiate du drapeau".

C'est aussi grâce au coût extrêmement bas de la main-d'œuvre que les producteurs marocains parviennent à présenter sur les étals français des prix défiant toute concurrence. Mais il n'y a pas que les avantages concurrentiels impossibles à suivre que les producteurs français dénoncent.

Non-sens écologique et hypocrisie commerciale

Autre absurdité pointée par les serristes locaux : l'aberration environnementale de ces produits d'importation. Malgré des conditions météorologiques favorables qui lui permettent d'alimenter le marché français même l'hiver, le Maroc est classé parmi les pays à "stress hydrique élevé". Il a, par ailleurs, presque atteint le seuil de pénurie d'eau, à la suite d'un important épisode de sécheresse en 2022. En effet, le développement de l'irrigation dans le cadre du Plan Maroc vert a contribué à la surexploitation de la plupart des ressources en eaux souterraines, conduisant à la baisse alarmante des niveaux de plusieurs nappes, ainsi qu'à la dégradation de la qualité de l'eau.

Dans les allées des rayons, les maraîchers munis de leurs étiquettes maisons estampillées 'Origine Maroc' ne souhaitaient "pas créer de scandale", précise Jean-Pierre Perez, mais simplement de pouvoir délivrer un message clair à leurs partenaires commerciaux. Alors que les enseignes de la grande distribution vantent leurs engagements visant à soutenir les producteurs locaux et valoriser les légumes français, "elles ne jouent pas réellement le jeu et continuent de privilégier des légumes importés au détriment des produits français. Certaines enseignes vont encore plus loin, en surfant sur les trimestres 'anti-inflation', initiés par le gouvernement, pour justifier la présence de produits importés à prix cassés dans leurs rayons". Ce double discours est insupportable pour le producteur de Saint-Rémy comme pour ses collègues du jour.

Les producteurs français sont pourtant en capacité, en saison, d'alimenter le marché français. "Lorsque l'offre de produits français est disponible, les enseignes de la grande distribution doivent absolument mettre en avant nos productions et proposer exclusivement des tomates françaises aux consommateurs", lance à son tour Sébastien Manelli, producteur à Saint-Martin-de-Crau.

Alors que trois mois de pleine production s'annoncent sur la tomate, les producteurs de la région sont conscients que "c'est maintenant qu'il faut faire le forcing auprès des distributeurs et des pouvoirs publics", ajoute Sébastien Manelli.

Même si elle n'est qu'une goutte d'eau, cette opération d'étiquetage à Arles aura trouvé un écho certain chez les consommateurs. Elle aura surtout rappelé aux acteurs commerciaux aux quatre coins de la France leur engagement visant à soutenir la production locale, qui semble déjà si loin... 

Emmanuel Delarue •

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