Les représentants de la FDO ont été satisfaits de l’entrevue avec le Préfet de Vaucluse qui a montré une forte implication au sein de la filière ovine.
Le préfet de Vaucluse, depuis son arrivée, a pris le temps de découvrir chaque filière économique du département, aux premiers rangs desquelles la filière agricole. Début novembre, il est allé à la rencontre de la filière ovine, en se rendant sur l’exploitation du président de la Fédération départementale ovine, Émilien Bonnet.
Après une présentation de l’élevage en Vaucluse, le préfet a abordé le sujet des contrôles de l’Agence de service et de paiement (ASP) qui sont en cours. Ils portent sur les proratas qu’ont déclarés les éleveurs dans leur déclaration PAC. Pour rappel, les proratas sont un pourcentage de végétation consommable par le troupeau sur une parcelle. Pour valider certains de ces pourcentages, l’éleveur doit présenter un minimum de trois preuves de présence du troupeau, visibles au moment du contrôle, sous peine de voir les parcelles déclassées et l’éleveur pénalisé. « Malheureusement, si les bêtes sont passées sur la parcelle en début d’année ou si elles doivent passer un mois après, il n’y aura pas de preuves de leur passage », rappelait le président de la FDO.
En effet, les éleveurs ne peuvent pas faire pâturer partout en même temps les bêtes, « car il faut des ressources fourragères pour toute l'année ». Hormis le retard de paiement qu’imputent ces contrôles, les éleveurs risquent de ne plus avoir d’aides PAC, car les parcelles déclassées ne sont pas aidées. « Les reprises familiales en cours sont remises en question puisque la pénalité des contrôles impacterait à la baisse le prévisionnel des exploitations, donc la viabilité du projet avec un jeune qui s’installe » poursuivait Émilien Bonnet. Le préfet a donc proposé de rédiger un courrier au président de l’ASP afin de l’inviter à se déplacer pour comprendre le pastoralisme méditerranéen, « différent des autres régions » et qui permet également, comme l’ont rappelé les représentants de la filière, « d’entretenir les bois. Cela profite aussi aux chasseurs, aux vététistes et aux marcheurs ».
Au menu : loup et abattoir.
Sujet incontournable, celui du loup, dont les attaques se multiplient ces dernières années, a bien évidemment été abordé lors de la rencontre. Jusqu’à présent, le zonage répertoriant les communes où le prédateur est présent a été efficace. Mais l’augmentation avérée d’attaques de loups sur les troupeaux inquiète les bergers ces derniers temps. Le préfet a donc encouragé les éleveurs à déposer des demandes de tirs de défense et d’effarouchement, afin de protéger leurs troupeaux. « Ils peuvent être réalisés par les éleveurs ou des tiers, cela ne nécessite pas de procédure administrative », a-t-il rappelé.
Autre sujet sensible, celui de l’abattoir. Au cours de la réunion, les représentants de la filière ovine ont rappelé les difficultés qu’ils ont rencontrées suite à la fête de l’Aïd, cet été. En cause ? Les difficultés à trouver des places dans les abattoirs. Il faut dire que le projet d'un nouvel abattoir en Vaucluse est très attendu par la profession. « Il y a besoin d'un abattoir temporaire de plus sur notre département », rappelait Émilien Bonnet, « précisant qu'en dessous de 500 agneaux abattus pour l'Aïd, rien ne pourra se faire car cela ne sera pas assez rentable ». Côté procédures, il faut solliciter la DDPP pour l'aboutissement de sites d'abattage. « En l’état des exigences administratives, des adaptations plus modestes doivent être trouvées pour les exploitations du Vaucluse », notait le président de la FDO. Quelques pistes ont été évoquées sur le département. Mais le préfet a bien noté que les éleveurs souhaitaient avancer sur ce sujet.
Enfin, le préfet a annoncé que les représentants de l’État allaient communiquer davantage sur la présence de patous (chiens de berger) dans les troupeaux, ainsi que leur rôle. « Les réseaux sociaux de la Préfecture pourront informer le public sur le sujet et l’attitude à avoir lorsqu’il les croise. Une communication avec l'éducation nationale pourrait être pertinente afin de sensibiliser les plus jeunes » a d’ailleurs évoqué Bertrand Gaume.
Après cet état des lieux des sujets d’actualité, une visite de terrain a permis à Émilien Bonnet de partager un moment de son travail en cette période d’agnelage. D’ailleurs, deux naissances en direct ont eu lieu au cours de la visite qui s’est poursuivie par un bref arrêt sur une parcelle de pâturage. À cette occasion, le président de la FDO a pu insister sur les contraintes auxquelles sont confrontés les éleveurs lorsqu’ils sont sur des parcelles communales.
David Granger, FDSEA/FDO 84
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06/06/2023
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