Chambre d'agriculture
Pourquoi l'agriculture a-t-elle besoin d'eau et ce malgré un Serre-Ponçon plein et des orages tout le mois de juin ? Pourquoi s'en passer mettrait l'économie en péril ? Comment optimiser l'utilisation de la ressource ? Opération pédagogie auprès des consommateurs ce lundi.
Pour expliquer les besoins en eau des agriculteurs, élus et chargées de mission eau ont donné rendez-vous à la presse.
© Crédit photo : ML
Pour cette conférence de presse matinale de lundi, la présidente de la Chambre d'agriculture du Vaucluse, Georgia Lambertin, commence par un constat : "À cette période, le sujet de l'eau est toujours abordé sous l'angle des restrictions et des économies. Alors, aujourd'hui, ce que nous souhaitons montrer, c'est pourquoi l'agriculture a besoin d'eau et en utilise, pourquoi elle est primordiale." Opération communication donc.
Alors que les habituelles pluies automnales et printanières se raréfient, le sol s'assèche de plus en plus rapidement. "Avec le changement climatique, la plante transpire de plus en plus tôt, engendrant ainsi un besoin en eau qui est, lui aussi, anticipé", poursuit la présidente. Elle n'est pas alarmiste, mais souligne le principal : sans eau, le rôle nourricier de l'agriculture sera bel et bien remis en cause, d'autant qu'il est bien difficile de l'honorer en n'étant pas économiquement rentable.
Selon le secteur, la ressource peut être abondante... Ou pas du tout. Élu à la Chambre d'agriculture du Vaucluse en charge des questions hydrauliques, Michel Brès déroule. Aspersion, gravitaire, goutte-à-goutte grâce à la mise sous pression... "C'est ce qu'il y a de plus à la page, grâce à sa facilité d'utilisation et la capacité d'optimisation. Mais le coût est important pour l'installation, sans compter aussi les coûts d'utilisation, la mise sous pression étant dépendante d'énergie", note-t-il.
Pour faire simple, il faut de l'eau toute l'année, pour différents usages. Même avec le lac de Serre-Ponçon rempli en ce début d'été et les orages de juin. Simplement parce que ces derniers ne permettent pas de recharger uniformément les nappes.
Besoin ne veut cependant pas dire qu'il est possible de faire n'importe quoi, insiste-t-il auprès de la presse généraliste. Les irriguants sont soumis à un cadre réglementaire strict pour quantifier et payer ce qui est consommé. "L'État détermine par bassin-versant un volume prélevable sans que l'environnement ne le subisse. Ces quotas, partagés entre les agriculteurs des différentes zones, sont limités et mesurés à l'aide de compteurs, comme pour les particuliers", explique Claire Bernard, chargée de mission 'Eau' à la Chambre.
Le volume est ensuite déclaré à l'Organisme unique de gestion collective de l'eau agricole du département (OUGC 84) qui transmet ensuite à l'Agence de l'eau. L'agriculteur paie ensuite sa taxe et gare au dépassement, sous peine d'amende ! La réduction est cependant importante et les efforts fournis depuis des années par les producteurs et les collectivités le sont tout autant.
"La modernisation des Associations syndicales autorisées, les ASA, est largement enclenchée, ainsi que le projet des Hauts de Provence rhodanienne. Nous travaillons aussi sur le suivi à la parcelle, grâce à des sondes capacitives pour quantifier le besoin et lancer l'irrigation au moment opportun", ajoute Manon Dublet, également chargée de mission. En pilotant à la parcelle et en proposant accompagnements et formations, l'objectif est d'apporter une irrigation efficiente et adaptée.
"J'ai pour vœu de revoir l'agriculture au cœur des acteurs économiques du département, pour que nous soyons considérés à notre juste valeur. Sans l'agriculture à la base, le château de cartes s'écroule", appuie Georgia Lambertin. Et de son homologue à la Chambre régionale, André Bernard, d'ajouter : "Il est temps de mener une vraie politique pour la gestion de l'eau. Il y a 50 ans que rien n'a été fait. Nous devons franchir cette étape."
Stocker l'eau va, pour lui, de soi : si le consommateur est un bon citoyen quand il récupère l'eau de pluie, il en va de même de la récupération de l'excès d'eau ne s'infiltrant pas par les agriculteurs. "La Garonne aura besoin d'un Serre-Ponçon à l'avenir", avance-t-il avant de conclure. "On nous accuse de consommer l'eau, mais nous la restituons ! Sous forme solide, dans l'alimentation de tout un chacun. Si on ne le fait pas chez nous, on ira chercher les productions chez nos voisins, qui ont moins d'eau et des pratiques culturales bien différentes..."
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06/06/2023
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