SÉCHERESSE
En amont des annonces de la ministre de l'Agriculture, les représentants agricoles vauclusiens ont alerté l'État sur une sécheresse devenue structurelle, réclamant des solutions durables pour sécuriser l'accès à l'eau dans le département.
Sur les dix dernières années, la sécheresse a touché le Vaucluse à sept reprises.
© Crédit photo : Pressagrimed
Réunis à la préfecture de Vaucluse à la demande de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard - qui doit recevoir l'ensemble des préfets ce 28 août pour faire un point sur la situation nationale -, les représentants de la FDSEA 84 et des Jeunes agriculteurs ont profité de cette rencontre pour faire remonter les préoccupations du terrain.
Pourtant, "la sécheresse n'a rien d'un phénomène nouveau. Le Vaucluse est un département précurseur sur ces questions", souligne Julien Latour, responsable vigne à la FDSEA.
"Les épisodes de canicule et de sécheresse, cela fait dix à quinze ans que nous les subissons. Aujourd'hui, le sujet devient national et la ministre s'en empare, mais chez nous, c'est une réalité ancienne." Un constat confirmé par Frédéric Guigues, responsable 'Eau' et président de l'Association syndicale autorisée (ASA) Violès-Sablet, qui rapporte : "On nous a annoncé que, sur les dix dernières années, le département avait été placé en situation de sécheresse à sept reprises. Ici, c'est récurrent. Le Vaucluse ne fait plus figure d'exception."
Si les représentants agricoles saluent l'initiative de la préfecture, ils affichent peu d'attentes concernant les éventuelles aides qui pourraient être annoncées dans les prochains jours. Selon le président de l'ASA, "les dispositifs d'urgence profitent surtout aux territoires frappés par des crises soudaines", alors que les exploitations vauclusiennes subissent une dégradation progressive de leur situation financière au fil des années. "Ce n'est pas ça qui va nous sauver", résume-t-il. "Nos exploitations souffrent chaque année. Les bilans s'érodent progressivement et, lorsque des mesures nationales sont déclenchées, les critères d'éligibilité ne correspondent pas toujours à notre réalité." La diversité des productions du département complique également l'accès aux aides, certaines filières étant plus touchées que d'autres selon les secteurs.
Les agriculteurs demandent avant tout des mesures structurelles pour sécuriser l'accès à l'eau. Ils tirent notamment la sonnette d'alarme sur le plateau de Sault, où le manque de ressources hydriques fait craindre une véritable désertification agricole. Dans le nord Vaucluse également, les infrastructures d'irrigation, conçues il y a plusieurs décennies, nécessitent selon eux une modernisation rapide.
Autre sujet de mécontentement : les dispositifs d'aide à l'irrigation. Les organisations professionnelles dénoncent des mécanismes jugés trop complexes et parfois inadaptés aux territoires les plus en difficulté. Elles citent notamment les secteurs dépendants de l'Ouvèze et du Lez : "Ces zones sont exclues de certains soutiens en raison du classement de ces masses d'eau", déplore Frédéric Guigues.
Tous plaident alors pour des aides plus simples et plus lisibles, sous la forme de forfaits à l'hectare permettant aux exploitants de connaître à l'avance les montants auxquels ils peuvent prétendre et les délais de versement.
Frédéric Guigues rappelle que les réseaux d'irrigation poursuivent leurs efforts de modernisation, "mais que les exploitants n'ont souvent plus les moyens d'investir dans des équipements économes en eau, comme le goutte-à-goutte. Les entreprises sont exsangues. Sans un coup de pouce financier, beaucoup ne pourront pas faire cet effort."
Pour les responsables agricoles, l'enjeu dépasse désormais le seul Vaucluse. "Il est temps d'agir ici, car demain ces problèmes seront ailleurs", insiste Julien Latour. Un message que les représentants de la profession espèrent voir remonter jusqu'au ministère, avant les annonces des prochains jours.
ICI
Votre encart
publicitaire !
COMPAGNIE DES AMANDES
Terroirs en Fête
flavescence dorée

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner