L’an dernier, la pression liée au black-rot, maladie cryptogamique provoquée par le champignon Guignardia bidwellii, a été plus que virulente en Vaucluse, notamment en Ventoux, région la plus touchée d’après l’enquête menée par la Chambre d’agriculture de Vaucluse. « La raison est connue : moins de vent, une durée d’humectation plus longue, et des cépages sensibles à très sensibles, comme le grenache, l’alphonse-lavallée et le muscat », expliquait Eric L’Helgoualch, conseiller viticole de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, en janvier dernier à l’occasion de la conférence sur le sujet organisé à Millésime Bio. « L’intensité est allé de 10 à 100%, avec en moyenne 60% des cépages touchés », poursuivait-il.
L’essai Ecophyto mis en place à Piolenc a mis en évidence deux épisodes de contamination importants, mi-avril et mi-juin. Les premiers symptômes sur feuille sont apparus autour du 10 mai, et sur grappes en juillet après des épisodes orageux conséquents entre le 10 et le 15 juin. Sur le témoin non traité de cet essai Dephy-Ecophyto, l’intensité liée au black-rot a atteint 92%, contre 30% en bio en fin de récolte après un traitement à base de soufre (12,5 kg) et de cuivre (400 g) sur le 2e épisode de contamination (rien sur le premier), et 0% sur la référence chimique. « En bio, le cuivre et le soufre ont permis d’avoir une efficacité de 66% en intervenant assez tard. Nous aurions certainement eu une meilleure efficacité si nous avions traité le premier épisode », résumait Eric L’Helgoualch.
Un modèle en cours de test.
Pour traiter le black-rot et l’intégrer dans une stratégie de protection, il va donc falloir revenir à des traitements plus précoces (2 à 4 traitements avant 10-12 feuilles étalées, stade actuellement atteint en muscat sur le secteur précoce, d’après le BSV du 24 mai), complétés par 2 à 3 traitements entre fermeture et véraison, « soit un surcoût de 300 à 370 € par hectare », précisait le conseiller viti. Un modèle de prévision est en cours d’élaboration, il est testé par la Chambre d’agriculture de Vaucluse dans trois stations cette année (en partenariat avec le Cirame), mais des mesures prophylactiques doivent être mises en place en complément, car l’inoculum peut se conserver au moins dix ans, voire plus d’après l’IFV. « Ce modèle, encore non validé, a été testé par l’IFV Sud-Ouest avec des résultats assez intéressants en contaminations primaires. Mais nous manquons encore de recul », notait Nicolas Constant, de SudVinBio.
Le black-rot est désormais intégré dans les BSV (www.bsv-paca.fr) avec le suivi de la maturation des périthèces et l’intégration de la lutte dès différenciation des ascospores. Pour Caroline Le Roux, de la Chambre d’agriculture de l’Ardèche, la température moyenne hivernale n’aurait que peu d’impact – « après 1956, nous avons eu une très forte contamination » –, contrairement aux températures printanières douces.
Céline Zambujo
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06/06/2023
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