sitevi
Quatre mois avant sa tenue à Montpellier fin novembre, le Sitevi organisait un teasing de son événement autour du changement climatique, le thème phare de l'édition 2023, et sur la situation du marché du machinisme en viticulture.
Pour Gilles Masson, Éric Paul et Fabrice Meacci, dirigeant de DM Agri, le Sitevi est un véritable laboratoire au sein duquel chercheurs, prescripteurs, constructeurs et vignerons se rencontrent et co-innovent ensemble.
© Crédit photo : ED
En préambule du salon international des filières viticole, vinicole, arboricole et oléicole - qui tiendra sa grand-messe biennale du 28 au 30 novembre 2023 -, le Sitevi faisait une étape média à Marseille en ce début juillet. Dans ce teasing estival, acteurs de la production, industriels et start-up de la région étaient conviés à échanger ensemble sur ce qui sera au cœur du rendez-vous.
Comme l'indiquait d'abord Laurent Noël - directeur général de Comexposium, l'organisateur du salon - à cinq mois de son ouverture, "cette institution, qui date de 1977, affiche déjà complet sur les réservations". Quelque 1 000 exposants, soit davantage que les précédentes éditions, sont attendus cette année.
Malgré la crise que la viticulture traverse, il y a une attente forte du marché sur les innovations du Sitevi. "Le salon n'a pas d'équivalent ailleurs dans la planète vigne : il est toujours le leader mondial en la matière, d'autant que, cette année, 64 pays seront représentés." Pour faire venir le maximum d'acheteurs, tous les métiers de la filière seront présents sur les stands.
Le directeur de Comexposium note aussi qu'aux côtés de la viticulture, "la filière des fruits à coque, en pleine émergence, mais aussi bien entendu l'oléiculture auront leur place parmi les exposants".
Au regard du changement climatique, les nouvelles technologies prennent à l'évidence une autre dimension au Sitevi. Et "l'édition 2023 promet d'être à la hauteur, avec 77 produits innovants qui seront présentés pour aider la filière à relever les enjeux qui l'attendent".
En parallèle, une cinquantaine de conférences et ateliers travaillés avec l'Institut français de la vigne et du vin (IFV) sur la création variétale, les vins bio, le pilotage des vinifications, les équipements numériques, la limitation des intrants, les maladies de la vigne, le dépérissement et le changement climatique rythmeront les trois jours. Le salon va également mettre tout particulièrement l'accent sur l'évolution des métiers. "Outre l'espace job dating, le Sitevi va communiquer sur le fait que les métiers changent et qu'ils sont vecteurs d'emplois en viticulture", ajoute le directeur de Comexposium.
La situation de la filière viticole française est pourtant aujourd'hui contrastée : certes, les résultats économiques ne sont pas mauvais, d'après les observations de Laurent de Buyer, directeur général d'Axema (voir encadré). Mais l'humeur est morose.
Pourtant, il y a de quoi rester optimiste au vu de "l'extraordinaire savoir-faire français, sur la vigne en particulier", estime Laurent de Buyer. Les nouvelles technologies se développent, on voit apparaître de nombreuses start-up, les grands groupes s'y mettent également. Elles se dirigent vers les besoins de précision et celui de main-d'œuvre. "Ce savoir-faire est en mesure de nous donner les ressources pour prendre le virage du changement climatique plus vite. Il y a en effet des domaines où il est possible de progresser. Nous avons la technologie pour faire aujourd'hui, par exemple, de l'application localisée, de la pulvérisation de précision. Mais en vigne, mis à part l'aspect financier qui peut bloquer, il y a aussi beaucoup de résistance à changer. Le renouvellement du machinisme vers des technologies beaucoup plus pointues ne s'opère pas dans tous les vignobles. Il faut donc arriver à ce que la technologie puisse redescendre vers tous les viticulteurs", conclut le directeur d'Axema.
Même si elle semble conjoncturellement fragilisée au plan économique, la viticulture fait aussi malgré tout face en amont. L'IFV et ses 150 chercheurs partout en France se préparent au changement climatique déjà bien amorcé.
Comme l'expliquait Gilles Masson, son directeur, le Centre du Rosé se consacre à continuer à produire "du très bon, tout en s'adaptant". Et d'une manière générale, "depuis trois ou quatre ans, l'ensemble des projets de l'IFV sont tous frappés au sceau du changement climatique. Il n'y a pas un sujet que l'on travaille sans prendre en compte ses conséquences", indique le directeur.
Afin d'atténuer et déjouer les effets du changement climatique, la filière au plan national s'est également mobilisée, avec la constitution d'un groupe de travail autour de FranceAgriMer et de l'Inao. La concertation a abouti à la rédaction d'une feuille de route comprenant 40 actions 'barrage,' pour adapter le vignoble français et ses pratiques.
"De façon différente, le changement climatique aura un effet sur toutes les régions viticoles. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes appuyés sur le projet 'Laccave', au sein duquel les chercheurs ont exploré et inventorié de nombreux leviers d'adaptation et d'atténuation, pour imaginer différents scenarii. Nous en avons choisi un, celui de pouvoir conserver les valeurs de la filière viticole sur la base de l'innovation", explique Éric Paul, président du comité national IGP 'Vins et cidres' de l'Inao et du Syndicat des vignerons du Var.
Dans les régions, les vignerons et les interprofessions - qui ont amendé les propositions avec des adaptations spécifiques - ont validé tous ces leviers dans une stratégie nationale. Parmi eux, la formation. "Elle est capitale pour que tous les outils, technologies et méthodes dégagés par la recherche et l'expérimentation soient transférés le plus largement possible vers et au bénéfice des vignerons", ajoute Éric Paul.
"Si l'on regarde les productions et les livraisons de machines à vendanger, le marché est tout à fait dans la moyenne de ces dernières années, avec 476 livraisons. Les enjambeurs ont même fait un bond très surprenant, avec 576 livraisons. Le marché du machinisme, c'est 525 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 37 % à l'export", explique Laurent de Buyer, directeur général d'Axema.
Avec ces chiffres, la cartographie du marché du machinisme n'est cependant pas représentative de la situation observée sur les marchés du vin. "Si l'on regarde les débouchés des vins français, on constate qu'il y a des vins de qualité qui se portent bien. Mais d'autres rencontrent plus de difficultés, avec des marchés bouchés à l'export", tempère Laurent de Buyer. "Le secteur du machinisme est donc à l'image des marchés du vin. Depuis le début de l'année 2023, on enregistre entre - 30 % et - 50 % sur nos ventes selon les typologies de machine", explique le directeur d'Axema.
ICI
Votre encart
publicitaire !
DOSSIER SITEVI
Mobilisation

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner