Chambre d'agriculturede Vaucluse
Les étés se suivent et se ressemblent.
Une fois encore, le domaine expérimental de Piolenc, supervisé par la Chambre d'agriculture de Vaucluse, ouvrait ses portes au public. Malgré la chaleur, plus de 130 personnes
s'y sont pressées, le 28 juillet dernier.
Cette été encore, le domaine expérimental de la Chambre d'agriculture du Vaucluse a fait mouche : plus de 130 personnes ont participé aux portes ouvertes.
© Crédit photo : ML
C'est un parcours entre les vignes qui ressemblerait presque à une tradition estivale. Jeudi 28 juillet avait lieu la journée, ou plutôt la matinée, portes ouvertes du domaine expérimental de la Chambre d'agriculture de Vaucluse, situé à Piolenc.
Si d'une année sur l'autre, les expérimentations se poursuivent, de nouveaux ateliers ont toutefois fait leur apparition : les haies en viticulture, l'irrigation et les outils de pilotage, ou encore l'impact de la taille rase de précision sur la vigne. Pour tenter d'éviter le soleil de plomb, techniciens, conseillers et agriculteurs se sont déplacés en nombre dès huit heures du matin. Soit au total près de 130 participants venus écouter les experts sur les stands improvisés.
Si le doute persistait encore chez certains, le Centre de ressource et d'innovation pour l'irrigation et l'agrométéorologie (Criiam) Sud aura remis les choses à plat (lire également page 8 de ce numéro). "Nous sommes véritablement sur une année particulière. La station météorologique produit des données que nous expertisons depuis plus de 20 ans et, actuellement, nous n'avons même pas un tiers de la pluviométrie habituelle sur le Vaucluse", développe Anne-Marie Martinez, conseillère agrométéo et technicienne irrigation du centre. En bref, jamais une année n'aura été aussi sèche et chaude que 2022, pas même 2003.
Alors évidemment, nombreuses sont les expérimentations intimement liées à la chaleur et à la sécheresse qui s'accentuent tous les ans. À Piolenc, l'ombrage est notamment testé sur les vignes, avec les ombrières photovoltaïques suivies en partenariat avec l'Inrae et Sun'R, ou encore les ombrages par l'installation de filet dans les vignes1. Nombreux sont les outils qui se développent aussi : sondes capacitives, tensiomètres électroniques... "Les données que nous récupérons sont ensuite analysées, puis partagées avec les irrigants", ajoute Anne-Marie Martinez.
Avec elle sur le stand, Jean-Christophe Payan, ingénieur de l'IFV spécialisé dans la gestion de l'eau et l'agronomie, parle outils, analyse, mais aussi méthodes d'observation, comme celle des apex : "Il s'agit d'une méthode simple pour caractériser la croissance végétative de la vigne. Elle est basée sur l'observation de l'extrémité des rameaux, que l'on appelle les apex". Accompagnée d'une application basée sur des données météorologiques pour guider les observants, elle reprend les différentes étapes d'observation nécessaires. "Même si on a des outils connectés, rien ne remplace l'expertise de l'agriculteur et le visuel de la plante", insiste cependant l'ingénieur.
D'atelier en atelier, les conseillers du pôle 'Vigne et vin' de la Chambre d'agriculture du département ne manquent pas une seule occasion de faire profiter les visiteurs de leur expertise. Catherine Thomas, qui suit le groupe Dephy Ferme de Châteauneuf-du-Pape, rappelle - avec sa stagiaire, Clara Bertrand - l'intérêt des haies dans les vignes, et la nécessité de bien réfléchir le choix des essences et leur implantation, rappelant l'existence du 'Marathon de la biodiversité' sur le vignoble castelpapal2.
Dernier atelier de la boucle, la Taille rase de précision (TRP) a également interpellé les visiteurs. "Avec la TRP, la vigne devient plus buissonnante année après année, et le rendement augmente d'environ 40 à 45 %", explique Clarisse Ciceron, conseillère viticole de la Chambre. Diminution du temps passé à la taille et du nombre de plaies sur les vignes, réduction des symptômes des maladies du bois... Quelques théories tirent leur épingle du jeu, mais "encore beaucoup d'hypothèses restent à confirmer ou infirmer, surtout que la TRP n'est pas possible partout", ajoute-t-elle. Cette technique de taille est effectivement exclue des cahiers des charges pour les vignobles en appellation.
Dans le Luberon, un groupe Dephy Ferme 'raisin de table' est à pied d'œuvre dans la réduction de l'Indicateur de fréquence de traitement phytosanitaire (IFT) depuis 2012. Antoine Morin, ingénieur réseau du groupe, révèle les résultats obtenus : "Ce qu'on constate, c'est que les biocontrôles prennent de plus en plus de place, tout comme les herbicides en prennent de moins en moins. Ces derniers ont notamment la chance d'avoir une alternative déjà disponible, le travail du sol, bien qu'il génère d'autres contraintes. Pour la majorité des produits utilisés, il s'agit encore de fongicides mais, pour beaucoup, ce sont des traitements obligatoires, par rapport à la flavescence dorée par exemple". Selon lui, c'est exactement pour cette raison qu'il est difficile d'aller plus loin dans la diminution de l'IFT. Le groupe se renouvelle donc en planchant sur d'autres thématiques : profil pédologique des sols, travail sur les couverts végétaux avec l'association Adaele - créée à l'issue des travaux d'un GIEE piloté par la Chambre - ou encore travail du sol, dans le nouveau contrat du groupe Dephy jusqu'en 2025. La tâche s'annonce encore grande.
La matinée portes ouvertes n'aurait évidemment pas été complète sans un point sur les cépages résistants ou encore l'utilisation des fameux biocontrôles. Pour ces derniers, Rémi Vandamme et Xavier Said sont revenus sur le projet 'BioViMed' (Biocontrôles en vignoble méditerranéen), financé par FranceAgriMer, et qui consiste à mener des essais mildiou et oïdium. L'occasion parfaite pour aborder, en pleine période de véraison, l'apparition remarquée des cryptoblabes, petit papillon discret, mais ravageur impitoyable. "Le cryptoblabe est assez opportuniste et polyphage, puisqu'il s'appuie sur plus de 80 plantes hôtes, ce qui rend difficile la localisation des œufs. Cette année, des larves ont été observées avant la véraison et les piégeages ont été très élevés dès le début de saison", alerte Rémy Vandamme. Encore mal connu, le ravageur invite donc à la réflexion autour d'une nouvelle stratégie. De nouveaux essais sont, à ce titre, menés sur cinq parcelles.
Cap sur les vendanges désormais, qui s'annoncent un peu partout plus précoces...
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