Canal de Carpentras
Dans un contexte de coût de l'énergie fluctuant, le Canal de Carpentras réfléchit aux solutions pour réduire sa dépendance énergétique. En parallèle, il poursuit ses missions de sécurisation et de modernisation du réseau existant.
Le 18 mars, le Canal de Carpentras tenait son assemblée générale à Sarrians, sous la présidence d'André Bernard, qui a succédé à Alain Guillaume.
© Crédit photo : MS
Le 18 mars, le Canal de Carpentras réunissait son assemblée générale pour la première fois sous sa nouvelle version, en ne convoquant pas l'intégralité des 17 000 adhérents, mais leurs 100 représentants élus, sous la présidence d'André Bernard, qui a succédé à Alain Guillaume.
L'année 2023 a été marquée par une baisse des précipitations de 20 % : 538 mm à Carpentras, contre 658 mm de moyenne sur les 10 années précédentes. Heureusement, dans un contexte très tendu de prix de l'énergie, et grâce à un printemps pluvieux, les prélèvements sur mai, juin et juillet ont été très en dessous des prévisions, permettant de faire fonctionner en priorité les stations de pompage en heures creuses.
Sur un budget prévisionnel de 2 millions d'euros pour l'énergie, finalement 1,417 M€ ont été investis, ce qui représente tout de même 25 % des dépenses de fonctionnement en 2023.
L'énergie est ainsi au cœur des réflexions des conseillers syndicaux, d'autant plus que le contrat avec le fournisseur doit être renégocié pour l'an prochain. Les tarifs de l'énergie sont passés de 37 €/MWh en 2021, à 99 € en 2022 et... 198 € en 2023 ! La situation en 2024 est plus favorable : 74 €/MWh, d'autant plus "que si vous pompez à partir de 22 heures, le tarif est négatif. On réduit la facture", précise André Bernard.
Le Canal de Carpentras réfléchit aux possibilités qui permettraient d'augmenter la capacité de stocker de l'eau dans les réservoirs, afin de pouvoir différer le pompage en heures creuses. "Un travail a été engagé avec la Safer Paca, afin d'acquérir des parcelles pour augmenter la taille des bassins." Aujourd'hui, le Canal dispose d'une surface de bassins d'un hectare, et voudrait passer à trois, quatre, voire cinq hectares.
"Nous réfléchissons également à produire notre propre énergie", explique le conseiller syndical, Michel Brès, viticulteur à Séguret. "Pour en revendre, mais surtout pouvoir la consommer. Nous ne serons jamais totalement autonomes en électricité, mais le marché de l'énergie est trop fluctuant."
Si "nous n'avons pas assez de surface foncière pour une centrale photovoltaïque au sol, nous étudions la possibilité d'investir dans des panneaux trackers de la société Okwind", qui s'orientent par rapport au soleil, augmentant la production pour une même surface de panneaux, et ne représentent qu'une emprise au sol de 2 m². Le coût : 50 000 à 60 000 €, pour un retour sur investissement évalué entre 7 et 8 ans.
Autre possibilité : installer des microturbines dans les canalisations. L'éolien n'est pas autorisé en Vaucluse, notamment pour des questions de brouillage de radar ; mais le Canal s'est rapproché de la Société du canal de Provence (SCP) pour étudier les possibilités de mettre en place des ombrières sur les canaux, ce qui pose tout de même des difficultés pour l'entretien. Des parcs flottants pourraient également être installés sur les bassins ; mais, dans le cadre de la lutte contre les incendies, les hélicoptères des pompiers doivent pouvoir y accéder.
Au-delà de ces réflexions pour gagner en indépendance énergique, le Canal de Carpentras poursuit ses travaux de sécurisation des canaux, et notamment de cuvelage (pose de béton sur le canal principal), qui sont réalisés régulièrement. Malheureusement, ce type de travaux n'est plus accompagné par les financeurs : Région, Agence de l'eau et Europe, lui préférant les travaux d'extension ou de modernisation. "Seul le Département de Vaucluse nous accompagne à 45 %, nous permettant de réaliser entre 1,5 et 2 kilomètres chaque année", souligne la directrice, Sandrine Pignard.
Pour la modernisation du réseau, et le passage du gravitaire au sous-pression, deux projets ont été menés au cours de l'hiver : 38 hectares dans le quartier de La Crosette vers Carpentras, et 90 ha sur Velleron et L'Isle-sur-la-Sorgue.
Une étude est en cours pour la modernisation du réseau gravitaire Grange Neuve, qui a rejoint le Canal de Carpentras en janvier 2023. Ses résultats mettent en évidence deux types de scénarios techniques : l'un d'eux prend en compte la desserte de l'ensemble du périmètre, l'autre exclut le centre-ville de Sorgues, sachant que plusieurs usagers urbains ne souhaitent pas l'accès à l'eau. Exclure le centre-ville réduirait le montant du projet de 50 %, soit plus de 10 M€. Les élus devront statuer cette année sur ce point.
Autre projet d'envergure : la modernisation du réseau de Sarrians. Il a fait l'objet d'une étude par la SCP en 2020. Différents scenarii efficaces d'un point de vue technique peuvent être impactants pour l'environnement. Le prédiagnostic environnemental est en cours. Les conclusions de l'instruction permettront d'y voir plus clair.
Pour le projet HPR, l'étude de préfiguration a été lancée en 2023. Elle devrait se terminer à l'été 2024. Tous les scenarii sont sur la table (lire page 13).
Enfin, à la demande de la commune - qui souhaitait la réouverture de cet ouvrage - un diagnostic de l'aqueduc de Galas a été mené, comprenant une étude historique, un diagnostic de l'état de l'ouvrage et de la sécurisation possible de l'accès piéton, puisqu'il y a un risque de chute sur 24 mètres. "La bonne nouvelle est que l'état structurel est bon. Le prestataire doit nous proposer un plan d'entretien et de surveillance et des solutions de sécurisation pour le passage du public, pour cet ouvrage classé monument historique", explique Sandrine Pignard.
Quant aux projets d'extension, le budget d'investissement est en baisse, car il n'y a plus d'appels à projets Feader depuis 2022. "On espère pouvoir poser des dossiers cette année", souligne Sandrine Pignard. Les projets réalisés en 2022 et 2023 sont essentiellement les derniers qui avaient été déposés. La réouverture de ces appels à projets est prévue au cours de l'année 2024, ce qui permettra au Canal de Carpentras de déposer de nouveaux projets qui pourront être réalisés- s'ils sont validés- à partir de 2025-2026.
Les CHIFFRES clés-
Depuis janvier 2023, le Canal de Carpentras ne convoque plus 100 % des propriétaires, mais 100 propriétaires élus pour 6 ans pour représenter les 17 000 adhérents.
Les 100 représentants des propriétaires représentent chaque classe d'adhérent du Canal de Carpentras, en fonction de la surface des parcelles et de sa localisation géographique, cette dernière définissant le groupe d'appartenance. Les 100 représentants sont classés en 3 collèges : moins de 3 000 m², de 3 000 m² à 1 hectare, et plus de 1 ha ; et en 22 groupes.
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06/06/2023
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