Bénédicte Martin, Région Paca, André Bernard, CA84, Gaëlle Berthaud, Agence de l'Eau, Rik Vandererven, MinAgri et Sami Bouarfa, de l’Irstea. ©C.Z.
Colloque pluvieux, colloque heureux, annonçait Philippe Vitel, le président de la Société du canal de Provence (SCP), en accueillant les participants du colloque ‘Agroécologie et irrigation’ organisé le 22 novembre dernier par l’Afeid (Association française pour l'étude des irrigations et du drainage), l’AIRMF (Association des irrigants des régions méditerranéennes françaises) et la chaire AgroSys de Montpellier. « En région méditerranéenne, il n’y a pas d’agriculture possible sans irrigation. Même nos cultures traditionnelles en sec ont de plus en plus recours à l’irrigation, quand celle-ci leur est accessible car sans irrigation, ni rendement assuré ni qualité au rendez-vous ! Et les conséquences sont connues : l’équilibre agricole et des territoires sont affectés quelle que soit l’échelle », énonçait le président de la SCP.
Mobiliser l’eau du Rhône.
Suite à la loi NOTRe, les Régions sont désormais chef de fil du développement économique. « L’agriculture fait partie des filières stratégiques du développement économique en région Paca », rappelait Bénédicte Martin, présidente de la commission ‘Agriculture, viticulture et ruralité’ de la Région. En décembre se fera d’ailleurs le vote des délibérations cadre et le conventionnement avec les départements sur ces axes prioritaires et donc, sur la politique régionale agricole. Car cette agriculture « est à un carrefour », notait l’élue. « Elle doit mener une révolution agronomique et des enjeux alimentaires nationaux et mondiaux, le foncier étant sans doute le nerf de la guerre. » Des enjeux alimentaires donc, mais aussi sociétal par rapport notamment à la traçabilité, ou environnemental, avec le réchauffement climatique. « Il y a nécessité à mieux gérer l’eau. Dans ce cadre, l’agroécologie est un conciliateur de tous ces enjeux qui permet d’avoir une agriculture compétitive. L’irrigation est un levier et nous travaillons d’ailleurs avec la Chambre régionale et les Chambres départementales sur la rénovation des outils d’expérimentation et de recherche qui ont besoin d’investir les nouveaux champs tel que celui de l’agrométéo. Nous travaillons également sur le volet modernisation des réseaux de transport de l’eau pour maintenir notre potentiel d’irrigation et le développer ; et être aux côtés des Asa afin de les soutenir dans le montage de dossier, en particulier dans l’arrière-pays où l’on a de moins en moins d’agriculteurs ce qui pose problème pour monter les appels à projet. Enfin, au plan européen, nous cherchons à voir comment mobiliser l’eau du Rhône pour arrêter les prélèvements dans la nappe du miocène », résumait Bénédicte Martin annonçant que la Région étant d’ailleurs candidate pour prendre la compétence de l’animation de la ressource en eau à l’échelle régionale.
Céline Zambujo
Posons des tuyaux et faisons des réservesBeaucoup a été fait sur l’agroécologie et son adaptation aux filières de production méditerranéennes – fruits, légumes, viticulture, semences –, et « beaucoup reste à faire », concédait le président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse et vice-président de l’AIRMF, André Bernard. « Mais il faudrait quand même se poser la question de la mobilisation. Entre les régions Paca et Occitanie coule le Rhône. Nous consommons à peine 1% de cette eau qui alimente la Méditerranée. Comment faire évoluer les choses ? », interroge-t-il poursuivant : « L’ensemble des usages agricoles de l’eau du Rhône, c’est 3 jours en débit d’étiage, 1 jour en moyenne. On a des états d’âme en Provence alors que le Sud de l’Espagne investit, avec des financements européens et que le Maroc a une capacité de stockage de 200% quand nous en sommes à peine à 3%. Oui, nous devons optimiser nos pratiques et moderniser nos façons d’utiliser l’eau. Mais nous devons aussi mobiliser les moyens financiers pour optimiser et développer l’irrigation. Car le défi alimentaire de demain se réglera aussi avec l’irrigation, pas contre elle. » Ainsi, pour le président de la CA 84, il ne faut pas seulement « se contenter d’utiliser ce que les anciens nous ont laissé », mais au contraire « se projeter vers l’avenir en tenant compte de l’évolution démographique annoncée ». Et de poursuivre : « Nous dépensons 100 millions d’euros par an pour indemniser les agriculteurs victimes d’aléas climatiques. De l’autre, nous importons pour 15 milliards de m3 d’eau virtuelle alors que nous sommes à côté d’une ressource en eau que l’on regarde passer. Si nous avions mobilisé ces ressources et des fonds européens pour intensifier notre maillage, nous n’en serions pas là. Il est grand temps de poser des tuyaux et de faire des réserves car nous gaspillons 97% de l’eau qui nous tombe sur la tête ! ». C.Z. |
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06/06/2023
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