Groupe CAPL
Le moral agricole n'est pas à la fête en 2024. Alors, à défaut de célébrer son 140e anniversaire, la Coopérative agricole Provence-Languedoc préfère se tourner vers la suite. Jamais à court d'idées, elle continue de se réinventer au fil des ans, comme une preuve par l'exemple de sa durabilité.
Jacques Hilaire, président de la Coopérative agricole Provence-Languedoc, et Patrice Florentin, directeur, lors de l'assemblée générale 2023.
© Crédit photo : ML
Il y a maintenant 18 jours, la Coopérative agricole Provence-Languedoc (CAPL) célébrait officiellement ses 140 ans. Beaucoup de bougies sur le gâteau qui, depuis 1884, n'a cessé de s'élargir. "Avec la diversification, l'horizontalité des tâches est venue écraser la verticalité de nos différentes structures. L'inconvénient, c'est qu'il faut plus de monde pour gérer les différentes filiales ; mais l'avantage, c'est que nous sommes moins sensibles aux perturbations", pose Patrice Florentin, directeur général du Groupe depuis 2021, mais dans l'entreprise depuis près de 25 ans.
140 années de crises multiples à traverser ; et 2024 ne fait pas exception. À la CAPL, impossible de le nier, notamment sur la partie approvisionnement, qui représente environ 69 millions d'euros en 2023, contre près de 80 M€ l'année précédente. Pour les engrais, c'est l'effondrement des coûts autant que des volumes, mais malgré tout, le marché se maintient. Les fertilisants devraient repartir, bien que le problème reste présent à moyen terme. Le directeur de la coopérative estime, en revanche, beaucoup plus problématique la situation sur le secteur palissage, avec une baisse d'environ 25 % du chiffre d'affaires. Même la partie 'cave et vin' est à la peine depuis la perte de marchés pour le verre, et malgré le développement d'autres contenants.
"De manière générale, nous essayons de changer les gammes pour les rendre plus économiques pour nos adhérents. Mais s'il n'y a pas de sous, il n'y a pas de sous ! Ni pour eux, ni pour nous", résume Patrice Florentin. "On le voit bien avec le nombre de vignes non taillées cette année et qui peuvent devenir de véritables foyers infectieux par exemple", poursuit-il. La CAPL tente donc, par tous les moyens, de garder son équilibre, et si la diversification des activités aide en partie, rester vigilant est particulièrement nécessaire, y compris sur la partie agroalimentaire et avec les distributeurs en bout de chaîne. "C'est un problème de toujours devoir justifier ce que cela coûte de produire", regrette le directeur.
Seule solution pour maintenir la tête hors de l'eau ? Continuer à proposer des activités ramenant de la valeur ajoutée jusque dans les exploitations. En 2023, la reprise de la Maison Potier, usine de création de sauces cuisinées à Monteux (84), venait notamment compléter l'activité du Panier Provençal, à Tarascon (13). "L'objectif est d'aller vers la deuxième transformation. Nous apportons la gamme tomate, eux disposent d'une véritable expertise", note Patrice Florentin.
L'outil est désormais en pleine activité depuis janvier et commence à développer de nouveaux marchés, aux États-Unis entre autres. Avec un outil d'une taille surdimensionnée par rapport à la production actuelle, le directeur reste sûr de lui quant à la capacité à produire davantage, tout en menant à bien la francisation des gammes 'Cuisine provençale' en ce début d'été.
L'outil industriel Phénix en Provence, qui porte la valorisation des co-produits de la tomate vers la cosmétique, poursuit également son développement, et continue de s'améliorer : "Au départ, nous avons eu quelques difficultés avec le séchage qui se faisait en trois heures. Nous sommes maintenant à 20 minutes, ce qui nous permettra d'aller vers la pleine production dans l'année qui arrive."
D'autant que l'outil pourrait également être utilisé avec d'autres productions. Dès l'inauguration en juillet 2023, Leila Falcao - qui détient la structure à 50/50 avec la CAPL - envisageait déjà la pomme, mais aussi le raisin.
Pour ce dernier, la fusion de Gigondas LaCave avec la CAPL - et donc la cave du Gravillas déjà dans son giron depuis 2020 - permet le développement d'un pôle vin, et ouvre de nouvelles perspectives sur ce point. "Le fil rouge, c'est la captation de valeur sur toute la chaîne", ajoute le directeur. D'où le déploiement d'AgriUp et de ses modèles d'intelligence artificielle sur vignes et tomates, qui permettrait d'optimiser la production.
En janvier, la société de services 'TerrADN' voit le jour, dans la même perspective que les filiales 'Champ libre' - pour une gestion centralisée des achats - ou 'Services partagés' : que chacun puisse se concentrer sur son cœur de métier.
Plus qu'une création, l'arrivée de 'TerrADN' relève en réalité de la transformation de la société Biotisa, initialement spécialisée dans la gestion des effluents. "Le personnel se spécialise dans le conseil et l'accompagnement, qu'il s'agisse d'agronomie ou de formation. C'est une façon de mieux valoriser le service déjà proposé", souligne Patrice Florentin.
Une dizaine de conseillers est déjà en place et accompagne, par exemple, les groupes de progrès de la CAPL.
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