ROAIX
Fondée par Léon Fert, développée par la famille Bonino, la ferme de 'La buissonnière', à Roaix, perdure depuis près d'un demi-siècle sur un modèle polycultural. Et la jeune génération prend le relais.
Guillaume Bonino et Mathilde Rancelli
© Crédit photo : PN
C'est une histoire ordinaire, mais qui démontre bien que, n'en déplaisent aux oiseaux de mauvais augure, l'agriculture vauclusienne se renouvelle, se prolonge et évolue, tout en restant elle-même. C'est l'histoire de Mathilde, qui a rejoint son compagnon, Guillaume, à Roaix, pour prendre en charge l'activité maraîchère de l'exploitation familiale, tout en développant la vente à la ferme.
Mathilde est née il y a 29 ans, pas loin de là, à Rasteau, dans une famille de viticulteurs coopérateurs de la cave locale. Elle obtient un bac général en 2013, poursuit ses études avec un BTS 'Viti-œnologie' et fait son stage dans un domaine viticole de Rasteau, dans lequel travaille Guillaume, tractoriste à mi-temps. Un coup de foudre plus loin, les deux jeunes gens s'aperçoivent qu'ils ont les mêmes projets de vie, autour des métiers agricoles.
Guillaume a un autre mi-temps, dans l'exploitation créée par ses parents, Marie-France et Michel Bonino, en 1981. "Mes beaux-parents ont eu beaucoup de flair", analyse Mathilde. "Alors qu'à ce moment-là tout le monde passait à la monoculture, ils ont fait le choix volontaire de maintenir une activité polyculturale. Ils avaient quelques dizaines d'hectares de raisin de cuve, qu'ils apportaient en cave coopérative, et ils ont développé une activité de maraîchage en plein champ, sur deux hectares, autour de la ferme de 'La buissonnière' dont Michel avait hérité", rembobine la jeune femme.
En 2018, les deux jeunes gens désormais en couple quittent le domaine Rastellain où ils se sont rencontrés. Guillaume crée sa microentreprise agricole, pour exploiter l'aspect viticole de la ferme de ses parents. Sur 12 hectares, il produit toujours du raisin de cuve, en Haute valeur environnementale (HVE), apporté à la cave coopérative de Villedieu. Mathilde, elle, rejoint une autre exploitation agricole, afin d'assurer au jeune couple un deuxième salaire.
Et c'est, assez logiquement, lors du départ en retraite de Marie-France et Michel, en 2022, que les deux jeunes gens se retrouvent de nouveau à travailler ensemble, puisque Mathilde crée à son tour sa microentreprise, afin de gérer le volet maraîcher de la ferme de 'La buissonnière'. En effet, si la production est restée la même, la commercialisation a évolué : avec la fermeture de l'un des trois marchés hebdomadaires de Vaison-la-Romaine, suite au Covid-19, Marie-France et Michel avait commencé une activité de vente directe sur l'exploitation, notamment pour la production de fraises.
En 2022, la jeune femme arrive donc avec son énergie et les compétences propres aux nouvelles générations d'exploitants, notamment en termes de marketing et de commercialisation. "Nous avons conçu un logo, déposé à l'Inpi, et, avec mes beaux-parents, nous avons voulu donner une identité propre au point de vente directe." À l'origine de la ferme de 'La buissonnière', il y a le père adoptif de Michel, Léon Fert, premier propriétaire des lieux. "Nous avons voulu lui rendre hommage, et permettre à son nom de continuer à être associé à cette exploitation agricole", explique Mathilde.
Le point vente 'La ferme Léon Fert' prend donc son rythme de croisière. "Nous ouvrons neuf mois de l'année. En avril, et de septembre à décembre, il est ouvert le lundi et le jeudi soir, de 17 heures à 19 h. Pendant la haute saison, nous ouvrons tous les jours, sauf le dimanche et le mardi, de 16 h à 19 h 30." Un rythme qui suit les productions de l'exploitation. "En fruitiers, nous avons figues, abricots, prunes, pêches, depuis l'année dernière pommes et poires. En légumes d'été, asperges blanches, fraises, fèves, tomates, courgettes, salades, aubergines, oignons, ail, melons, haricots, et en légumes d'hiver les différents choux, verts, fleurs, de bruxelles ou romanesco, poireaux, fenouil, épinards et mâches."
On trouve aussi quelques produits transformés dans le petit stand installé dans la cour de la ferme. Il y a d'une part l'huile produite avec les oliviers de l'exploitation, d'autre part les confitures maison : pêche, abricot, figue et prune. "C'est Marie-France qui a commencé, dès les années 80, à proposer ces confitures sur le marché. L'année dernière, nous avons installé une serre de 400 m², pour protéger nos cultures de tomates contre les chenilles, et j'ai donc élaboré une recette de coulis de tomate, qui a un certain succès aussi. À terme, peut-être qu'on s'équipera d'un petit atelier spécifique, si ces confitures et coulis continuent à trouver leur public !"
Mathilde ne se repose par pour autant sur les lauriers de cette initiative de commercialisation réussie. "Depuis peu, la cantine du village nous achète de plus en plus de légumes. Parce que c'est la volonté des élus, mais aussi parce que la cantinière est sensible à l'importance des approvisionnements locaux et frais. Et puis, nous avons postulé pour entrer dans le réseau 'Bienvenue à la ferme', qui offre à nos clients une meilleure lecture de l'origine des produits. C'est aussi une plus grande visibilité. Et la cerise sur le gâteau, c'est que c'est un réseau au sein duquel on peut rencontrer d'autres agriculteurs, et donc échanger des idées et des pratiques." Quant à Guillaume, il s'engage pour le collectif : secrétaire général du bureau des Jeunes agriculteurs de Vaucluse, il vient d'être élu à la Chambre d'agriculture de Vaucluse.
ICI
Votre encart
publicitaire !
SORGUES
rasteau
Pernes-les-Fontaines

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner