Week-end gastronomique : un trait-d'union producteurs-consommateurs

Publié le 14 novembre 2022

Rendez-vous di 18 au 20 novembre prochain pour une nouvelle édition du Week-end gastronomique ! (ML)

Dans une ambiance globale anxiogène découlant des crises successives de ces dernières années, la 17e édition du Week-end gastronomique sonne comme un rendez-vous bienvenu. Plus qu’un moment de convivialité, l’événement ambitionne de montrer aux consommateurs l’engagement des agriculteurs pour une souveraineté alimentaire effective.

Pour sa 17e édition, le Week-end gastronomique retrouve à nouveau la place des Corps Saints et les voûtes gothiques de l’église des Célestins, à Avignon, du 18 au 20 novembre prochains. L’espoir de revenir un jour place de l’Horloge semble s’éloigner de plus en plus.

Si le regret de l’ancien emplacement plane toujours vaguement, Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, souligne la chance qu’ont les agriculteurs de pouvoir bénéficier de l’église et de son parvis pour accueillir l’événement. Alors que le thème de ce grand marché reste résolument ‘Patrimoine et gastronomie’, le lieu semble effectivement bien choisi.

Cependant, entre ce nouveau positionnement et le Covid, la fréquentation du Weed-end gastronomique a diminué, passant des habituels 22 000 visiteurs en moyenne sur trois jours, à 12 000 en 2021. “Cette fois, nous nous retrouverons sans contraintes et sans masques, ce qui devrait jouer sur la présence des consommateurs”, estime André Serri, président de ‘Bienvenue à la ferme’.

Pour la présidente de la Chambre, il faut toutefois maintenir la communication, pour encourager les gens à se déplacer, particulièrement dans le contexte actuel. À Christian Rocci – conseiller municipal de la ville d’Avignon, délégué à l’agriculture, à la restauration scolaire et à
la cause animale –, elle rappelle qu’il faut “mieux communiquer pour attirer les consommateurs jusqu’à cet endroit de la ville”, sans pour autant douter de l’engagement de la ville.

“L’aménagement de ce nouveau lieu n’est peut-être pas initialement le plus favorable à l’agriculture, il est donc important de continuer à guider au mieux les visiteurs. Nous allons avancer ensemble dans cette direction, et nous ferons ensuite un bilan pour voir quelles améliorations nous pourrons encore apporter à l’avenir”, lui répond le conseiller municipal. A minima, sa réponse assure déjà la poursuite du partenariat pour de prochaines éditions.

Célébrer proximité et souveraineté alimentaire

Une crise en chassant une autre, une ambiance anxiogène continue de flotter dans les airs. C’est du moins ce qu’estime Georgia Lambertin qui, de fait, voit en ce rendez-vous annuel une possibilité supplémentaire : “Dans ce contexte lourd que nous vivons tous, ce week-end doit être le trait d’union pour montrer aux consommateurs que les agriculteurs ne baissent pas les bras, car ils sont conscients d’être à la base de notre souveraineté alimentaire”.

Au-delà de la promotion de l’excellence des terroirs, l’événement se veut ainsi fédérateur, autour d’une profession et de ses productions. “Nous avons besoin de ramener les consommateurs vers nous. Nous avons besoin d’eux pour poursuivre nos efforts, pour continuer, pour que tout ce que nous avons déjà fait jusqu’ici de reste pas vain”, insiste la présidente de la Chambre d’agriculture.

Là aussi, les partenariats avec les collectivités ont le mérite d’exister et de pousser à une alimentation locale et de qualité. Approvisionnement des cantines scolaires, Projets alimentaires territoriaux, efforts sur le foncier… tous les appuis sont les bienvenus.

De nombreux producteurs et animations au rendez-vous

“Cette année, nous accueillerons 59 agriculteurs de six régions de France, dont 29 exploitations vauclusiennes”, énonce André Serri, qui détaille ensuite le programme des festivités. Une trentaine de stands sera installée dans l’église, et cinq seront positionnés sur le parvis pour des dégustations aussi savoureuses qu’elles devraient réchauffer les visiteurs : aligot-saucisse, châtaignes grillées, saucisses de foie gras ou encore un comptoir à vin chaud, en partenariat avec les Jeunes agriculteurs de Vaucluse. Des jeux concours sur place et sur les réseaux sociaux, ainsi qu’une tombola, seront également organisés tout le long du week-end, pour gagner des paniers garnis.

Pour David Aurand, de l’Étable Montilienne, être présent reste un plaisir. “Voilà cinq ans que nous participons volontiers à ce week-end. C’est vrai que l’année dernière, avec le Covid, il y avait moins de monde. Mais avec les IGP Vaucluse, nous avons le médicament : de la charcuterie et du vin, tout ce qu’il faut pour une bonne ambiance”, plaisante le producteur.

“Notre présence est un peu différente, puisqu’en cet événement est également l’occasion de parler des signes de qualité, tout en mettant en avant des adhérents de ‘Bienvenue à la ferme’. Voilà déjà quelques années que nous participons et ce qui transparaît, c’est notre envie de transmettre l’ambiance et la convivialité qu’il y a entre nous aux consommateurs. Les gens ne viennent pas uniquement faire leur marché : ils prennent trois, quatre heures pour partager des moments d’échanges avec les agriculteurs”, confirme Mladen Grumic, directeur des IGP Vaucluse. Une ambiance tellement bonne que de nouveaux producteurs se joignent encore à la danse, à l’instar de Julie et Romain Vepierre, céréaliers, meuniers et boulangers à Cavaillon.

Tous partagent cet état d’esprit et veulent continuer de sensibiliser à la consommation de produits français et sains. Pour les consommateurs, ce sera également l’occasion de trouver une denrée qui se fera rare sur les étals cet hiver : le foie gras, et de production française bien sûr !

Manon Lallemand


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