Week-end gastronomique : des effluves gourmands aux notes de liberté retrouvée !

Publié le 29 novembre 2021

La grande saga du 'Week-end gastronomique', fruit de 'Bienvenue à la ferme' et de la Chambre d'agriculture, s’adapte et s’embellit d’année en année rivalisant d’ingéniosité. La 16e édition n'a pas failli à la règle !

Depuis ses débuts au parc des expositions, poursuivis dans les chalets de Noël, place de l’Horloge, puis sous un grand chapiteau sur la même mythique place, le 'Week-end gastronomique' est une manifestation qui a su conquérir son public et ses exposants. Après une édition digitale en 2020, les 36 stands sont disposés cette année dans un écrin merveilleux, celui de l’église des Célestins, toute proche de la très animée place des Corps Saints. Un must salué par Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d'agriculture de Vaucluse, lors de l'inauguration, et André Serri, président de l'association 'Bienvenue à la ferme', entourés de la maire d’Avignon, de la présidente du Département et du directeur de la Direction départementale des territoires. En effet, lors de l'inauguration, qui se déroulait le vendredi 19 à midi, elle s’est réjouie de cette reprise de l'évènement, qui accueille habituellement 15 000 personnes sur les trois jours : "Les agriculteurs appartiennent tous au réseau 'Bienvenue à la ferme'. Qu’ils soient en agriculture biologique, en HVE ou en conventionnel, ils sont tous sensibles aux circuits courts". Un circuit qui prend des galons au niveau économique, à l'image du 'Week-end', comme le rappelait la présidente : "Excepté l’an dernier, le chiffre d’affaires, faible au départ, n’a cessé d’augmenter, bien que dépendant fortement de la météo quand il se déroulait dehors avec les chalets. Avec le chapiteau, tout le monde étant à l’abri, et cela s'est immédiatement ressenti au niveau économique. Nous espérons retrouver cette année nos clients habituels", a-t-elle souhaité, avant de faire applaudir les membres de la Chambre d’agriculture, du réseau et de l'association 'En direct de nos fermes', qui se sont dévoués pour mener à bien l’organisation de la manifestation.

Une cinquantaine d'agriculteurs

À leurs côtés, sous les belles voûtes gothiques, les stands d’une cinquantaine d’agriculteurs provenant de six régions se mettent en scène, sur un élégant tapis rouge dans la nef et les bas-côtés. Là, ces 'faiseurs de gastronomie' accueillent les visiteurs dûment masqués. Les produits du terroir s’offrent aux regards émerveillés et chacun a vite fait de reprendre ses marques, de reconnaître ses produits préférés et les fidèles exposants, devenus des amis que l’on retrouve avec plaisir.

Certains sont là depuis le début de l’aventure, comme Numa Cappeau, du Gaec La Reboule, qui cultive ses légumes sur l'Île de La Barthelasse et ne se lasse pas d’expliquer les variétés peu connues, comme les radis asiatiques : "Vous avez là le Red meat : rouge à l’intérieur et vert à l’extérieur. Ici, le Misato red à la peau rouge et la chair blanche et, à côté, le Blue cardel de couleur violette à la peau relevée et piquante, avec un cœur sucré et doux et voici un radis japonais à jus…". Le public est curieux et en demande encore. Le maraîcher explique : "Vous avez, à gauche, les panais digestes comme les carottes, les topinambours plus consistants, la courge musquée ; et, à droite, la courge shiatsu au goût de châtaigne et puis une ribambelle de choux, blettes d'Italie et oignons : le Ropodoro ou le bronzé d’Amposta".

Autour de Mladen Grumic, le directeur du syndicat des vins IGP de Vaucluse, on se presse pour déguster et apprécier ces vins qui ont le vent en poupe : "Nous sommes contents, parce que le dynamisme de l’Indication géographique protégée perdure. Les vignerons ne font pas de l’IGP pour de l’IGP, mais bien parce que c’est un signe de qualité à part entière. Les viticulteurs se sont approprié cette appellation. La liberté dans la composition des cépages permet de faire des vins complémentaires aux AOP. En se déchargeant du poids de la tradition, les IGP font preuve d’une grande créativité que l’on retrouve dans les cuvées proposées, mais aussi et dans la présentation, avec des étiquettes originales qui donnent un coup de jeune et de peps". Un bon dynamisme affiché malgré les aléas climatiques : "Notre récolte IGP 2021 a été réduite entre 20 et 30 %", reconnaît le directeur.

Sourires et envie, malgré les difficultés

Les miels dorés ou sombres, liquides ou crémeux sont là malgré une récolte contrastée. Le Goultois, David Ganet, explique : "La récolte de 2021 n’est pas très bonne : nous enregistrons la perte de la moitié de la production sur les lavandes, et elle est catastrophique sur les acacias. Cependant, les prix n’ont pas augmenté pour l'instant". Au Gaec 'Mielice' – fidèle à la manifestation depuis 12 ans – on est tout heureux de retrouver sa clientèle et de proposer miels, nougats, pains d’épices et hydromel, tout droit sortis de l'exploitation creusoise. Le drômois Pierre-Henri Étienne, présent depuis dix ans, retrouve lui aussi sa clientèle, fidèle à ses 'Délices de la ferme du Roure', notamment ses olives et huiles d’olive AOC Nyons, "seule au monde à être composée uniquement de la variété tanche, puissante en goût, charnue, mais aussi douce, car sans acidité et sans amertume".

Le Comité de promotion de la fraise de Carpentras propose des dérivés du fruit préféré du printemps, avec des pâtes de fruits, sirops, croquants et confitures de fraises, en même temps que des casquettes et masques, dont le produit de la vente ira intégralement à l’association 'Sourire à la vie'. Les nougats Sylvain – qui produisent eux-mêmes leur miel et leurs amandes – déclinent des barres de nougat étonnantes : 'L’ermite' avec des myrtilles, 'La coquette' avec des fruits rouges, 'Le Belge' avec des spéculos, et bien d’autres encore.

Pour faire des provisions de noix avant l’hiver, 'Les vergers de la Guillou' installés sur une exploitation de 50 hectares de noyers en Dordogne, présents depuis neuf ans, proposent des montagnes de noix AOP et bio des variétés franquette et corne, tout en louant la fidélité des Avignonnais. Près de l’entrée, 'La ferme des fourches' – éleveurs producteurs de vaches Aubrac – arbore le diplôme de 'Fermier d’or', sommet pour un éleveur. Leur terrine fait fureur, composée de viande de vaches Aubrac qui pâturent dans les gentianes, concoctée avec... une liqueur de gentiane à 45° !

Partout l’église fleure bon les produits du terroir et l’atmosphère est au beau fixe, tant l'esprit est aux prochaines fêtes et de quoi les célébrer à portée de main : foie gras, canards gras, charcuteries, viande d’autruche, confits, fromages, châteauneuf-du-pape, crémants d'Alsace, armagnac, floc de Gascogne, fromages du Cantal, nougats, miels… Des retrouvailles bien sympathiques !

Francis Pabst, CLP


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