Viticulture : Le Ventoux a le vent en poupe

Publié le 03 juin 2019

« Nous souhaitons faire du Ventoux une appellation modèle de la Vallée du Rhône » a déclaré Yves Favier, président de l’ODG Ventoux.

L’Organisme de défense et de gestion de l’appellation Ventoux tenait son assemblée générale le 21 mai, à l’hôtel de la Cove, à Carpentras. Après une année difficile, le dynamisme reste de mise, avec des actions de la vigne comme à l’export… avant d’atteindre les sommets !

« Nous bouclons une année qui a été difficile à bien des points de vue. Tout d’abord notre exercice a accusé une perte financière, après la très faible récolte 2017. Des efforts ont été faits », déclare Yves Favier, président de l’Organisme de défense et de gestion (ODG) de l’AOP Ventoux. Aussi, l’ODG va-t-elle poursuivre ses démarches de réduction des charges, en révisant notamment ses cotisations, les basant sur une part fixe et une part variable. « Cette décision est nécessaire » a déclaré le président, accueillant les discussions que cela engendrait.

La récolte 2018 a été heureusement nettement plus importante que celle de 2017, historiquement faible du fait des gelées printanières conjuguées à une sécheresse estivale. Au final, la récolte 2018 enregistre une progression de 26,8% en volume avec 244 024 hl, pour une superficie revendiquée stable de 5700 hectares. Le rendement moyen est de 42,84 hl/ha. Cette hausse est surtout le fait des rosés qui progressent de plus de 50%. Après avoir diminué en 2016 et 2017, les blancs grimpent de 44%. Les coopératives représentent 72% des volumes 2018, les caves particulières 23% et les ventes en vendange fraîche 5%. Ces équilibres sont ceux de 2017.

« Après deux années compliquées, 2019 semble cependant être de bon augure. En effet, nous avons évité le gel, et pour le moment tout semble être normal. Nous sommes confiants pour la récolte à venir et plaçons beaucoup d’espoir dans ce millésime », a reconnu le président. À l’heure où l’appellation fait un travail important sur sa notoriété, « il est indispensable de ne pas relâcher ses efforts pour continuer de disposer d’un outil de production performant ».

D’ailleurs, concernant la qualité de la récolte, l’ODG a modifié son référentiel de contrôles maturité, passant de 44 à 56 parcelles prélevées, dont 12 dédiées au rosé, alors que l’objectif était restreint à la production de rouge auparavant.

Par ailleurs, concernant l’encépagement du vignoble, le syndicat envisage l’introduction dans son cahier des charges du caladoc comme cépage accessoire, et le classement du viognier, du vermentino et du marselan en cépages principaux. « Des changements qui s’opéreront sur le long terme, au rythme des procédures INAO », prévenait son président.

Renforcer la prospection flavescence dorée.

La menace de la flavescence dorée est toujours très présente et Yves Favier a appelé les vignerons de l’appellation à se mobiliser, afin de ne pas la laisser se répandre. « Chacun est responsable face à cette menace. La mobilisation doit donc être générale. Cela passe par l’obligation de traitement dans certaines communes, mais également par les prospections organisées chaque année dans le vignoble ».

Autre sujet d’importance pour la filière viticole, la question du réchauffement climatique. « Cette question est plus que jamais présente dans nos esprits. Nous devons tous réfléchir à l’avenir de notre vignoble à moyen et long terme » a lancé Yves Favier. D’ailleurs, l’ODG et de nombreux vignerons ont participé au forum ouvert consacré à cette question, organisé le 26 mars à Mazan par le GDA Ventoux. En complément, l’ODG participe à un projet d’étude sur le climat, réalisé avec l’Inra. Une première étude avait permis de dresser un bilan, celle-ci devrait l’affiner géographiquement, pour mieux envisager l’avenir. Enfin, l’ODG se lance aussi dans un projet d’installation de stations connectées dans le vignoble, qui devrait se concrétiser en 2020.

« Dans le cadre de l’obligation de rendre le vignoble ‘plus vert’ d’ici 2030, notamment avec la nécessité d’introduire des mesures agro-environnementales dans les cahiers des charges des appellations, nous souhaitons  faire du Ventoux une appellation modèle de la Vallée du Rhône, en particulier sur la connaissance et l’organisation face au changement climatique » a déclaré le président. Rappelons en effet que la loi Egalim impose à toutes les exploitations sous signe de qualité d’être certifiées dans une démarche environnementale d’ici 2030.

Cécile Poulain


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