Vers un magasin de producteurs à l’échelle du Vaucluse 

Publié le 11 juillet 2022

Devant le panneau annonçant la future zone qui accueillera, entre autres, la Maison des agriculteurs, pour l’instant baptisée ‘Horizon Provence’, les partenaires, élus et le promoteur.

Le Mas des agriculteurs de Nîmes version Vaucluse?? L’idée a séduit les partenaires rapidement. Si les travaux peuvent débuter en fin d’année, reste encore à s’assurer que les agriculteurs seront bien tous de la partie, pour faire de ce magasin une vitrine de l’agriculture.

Beaulieu, sur la commune de Monteux et où se trouve le parc d’attractions aquatiques Wave Island, porte bien son nom. D’ici 2024, le quartier pourrait accueillir une nouvelle zone de proximité, placée sous le signe du bien-être, du bien vivre et du bien manger.

Et pour bien manger, quoi de mieux que de mobiliser les agriculteurs du département??“La première pierre ne sera pas posée demain, même si la convention de partenariat est signée : il faut que les agriculteurs s’emparent du sujet. Déjà, si la Chambre d’agriculture de Vaucluse signe, c’est pour leur montrer que nous croyons véritablement à ce projet”, assure Olivier Gauer, directeur adjoint de la Chambre.

Depuis quelques années, le quartier est déjà classé comme pôle d’intérêt métropolitain du grand bassin de vie d’Avignon. Considérée comme très attractive pour la dynamique territoriale et économique du Vaucluse, la future zone commerciale s’était d’ailleurs attirée les foudres des enseignes de la grande distribution. “Leurs recours sont la preuve qu’ils ont senti que la concurrence était réelle. Mais ils ont tous perdu en cassation, après quatre ans de procédure. Nous allons enfin pouvoir avancer sur ce projet qui répond au nom de code ‘Horizon Provence’”, déclare fièrement Christian Gros, maire de Monteux et président de la Communauté d’agglomération ‘Les Sorgues du Comtat’.

Alors, jeudi 30 juin, au côté de Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d’agriculture, et des partenaires – ‘En direct de nos fermes’, ‘Bienvenue à la ferme’ et le Comité de promotion des produits de Vaucluse –, il a signé une convention marquant officiellement le début du grand projet de Maison des agriculteurs de Vaucluse.

Un idéal ancré
dans la réalité

“La Chambre d’agriculture nous a fait visiter le Mas des agriculteurs de Nîmes, et le concept nous a séduit car, non seulement la démarche prônait les circuits courts et répondait à une demande d’alimentation plus locale mais, en plus, c’était réaliste”, affirme le président de la communauté d’agglomération. Un projet gardois qui regroupe effectivement environ 200 agriculteurs dans la SAS et plus de 350 dans l’espace de vente. “C’est une commercialisation organisée et professionnelle.”

Pour Christian Gros, le partenariat entre la Chambre et le territoire ne saurait se limiter à ce simple projet, bien que d’envergure. Il espère pouvoir faire quelque chose au niveau du foncier, de la limitation de l’artificialisation des terres ou encore des énergies renouvelables. Mais, en attendant, la construction de la Maison des agriculteurs pourrait bel et bien commencer d’ici la fin d’année. “Un partenariat entre nos deux politiques volontaristes s’inscrit dans la logique des choses. Il serait suicidaire de regarder passer le train”, affirme-t-il.

De 900 à 1 000 m² de surface de vente sont envisagés, auxquels se rajouteront 800 m² de stockage. “Ce projet, c’est la mise en place d’une structure rentable, mais aussi celui d’une véritable vitrine qui nous tend les bras. Tous les producteurs doivent en être”, plaide Christian Gély. Pour le président du Comité de promotion des produits de Vaucluse, être de la partie revient à s’inscrire en facilitateur. “On connaît déjà les interlocuteurs des filières. Nous avons déjà pu leur avancer les points du projets et la plupart sont partantes, si ce n’est toutes !”

L’important aujourd’hui est ainsi de savoir inciter les producteurs : qu’importe le syndicat auquel ils sont affilié, l’AOC qu’ils représentent ou les produits sous signes de qualité qu’ils produisent, il faut se regrouper. “Ensemble, innovons pour réussir”, invite Georgia Lambertin.

La Chambre cheffe de file
de l’opération

À l’écoute de Laurent Thomas, directeur général adjoint de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) quelques jours auparavant, la présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse a une révélation : “Il faut que nous prenions conscience de la place que nous occupons au niveau mondial”. Dans son discours, le directeur de la FAO posait le constat : “Un tiers de l’alimentation mondiale n’arrive pas dans les assiettes ou est gaspillée”, “mauvaise répartition”

Dans une décennie tout juste commencée et qui apporte son lot de surprises et complications, année après année, “l’agriculture redevient plus que jamais une activité fondamentale, et la démarche locale peut-être une solution”, affirme la présidente de la Chambre. Dans le département, deux tiers de exploitations produisent sous signes de qualité, plus de 1 000 sont en Haute valeur environnementale (HVE), 21 % en agriculture biologique… Alors que, dans le Vaucluse, elle représente la première économie du département et vient en soutien de la deuxième, le tourisme, c’est “assez logiquement que la création d’un magasin de producteurs à vocation départementale, voire régionale, s’impose”, poursuit-elle.

La Chambre d’agriculture de Vaucluse a donc répondu a un appel à projet Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural). Quatre raisons motivent la structure, désormais considérée comme cheffe de file pour l’organisation du partenariat avec ‘Les Sorgues du Comtat’ : “L’aspect économique des exploitations tout d’abord, en encourageant le développement des circuits courts, et la poursuite de la diversification des exploitations”?; “fédérer les filières autour d’un projet commun dans la valorisation des produits et de nos métiers”?; “développer une vitrine pour le département” ; et, enfin, “en faire profiter la restauration collective”.

La Maison des agriculteurs ne se limitera donc pas à un magasin, mais cherchera aussi à “répondre au besoin et à l’obligation d’approvisionnement en produits frais et de qualité liée à la loi Égalim”, explique la Chambre d’agriculture.

Toute une zone commerciale à l’horizon 2024

Sur la zone, d’autres commerces feront également leur apparition, tels qu’un Super U, qui viendra en concurrence directe du magasin. Les partenaires du projets ne sont toutefois pas inquiets, en témoigne Olivier Gauer : “Il n’y aura pas d’accord commercial. Il faut compter sur le fait que c’est aussi un moyen d’amener sur le site un grand nombre de clients, qui pourront faire ensuite tout ou partie de leurs achats chez les producteurs”. L’expérience du Mas des agriculteurs, à proximité d’un Grand Frais, semble d’ailleurs confirmer ses dires, selon les retours du magasin de producteurs nîmois.

Autorisations purgées, commercialisation bouclée, les travaux devraient pourvoir débuter fin 2022, pour une livraison en 2024. Pour Laurent Tirot, président-directeur général d’Equilis, aménageur de la quasi-totalité des constructions du site, “le timing est respecté par rapport à ce qui était prévu avec la commune, et la dynamique est bonne”. Il estime cette nouvelle zone et le magasin complémentaire en harmonie avec le développement de Beaulieu.

D’ici la pose de la première pierre, il reste cependant encore du temps, celui qu’il sera sans nul doute “nécessaire pour faire le point avec tous les acteurs du projets, et notamment avec les agriculteurs”, conclut Emmanuel Olivari, directeur de la Chambre d’agriculture.


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