Vaison-la-Romaine : Michel Fert, la quête d’exigence et de perfection

Publié le 13 octobre 2020

« J’ai fait le choix d’avoir un panel de variété conséquent, mais sans excès, pour pouvoir privilégier un travail qualitatif », explique Michel Fert. (© P. Nicolas)

Alors que, jusqu’à la fin octobre, la récolte de pommes est en cours dans le Vaucluse, où se récolte autour d’un milliard de ce fruit très apprécié des Français, visite dans la petite exploitation de Michel Fert, à Vaison-la-Romaine, au pied du Géant de Provence.

Il fait partie de ces hommes tranquilles, qui font leur travail seul, avec beaucoup de soin et d’attention, et dans une grande discrétion. Installé à Vaison-la-Romaine, sur des terres en partie exploitées préalablement par son père, Michel Fert est arboriculteur, par choix et par goût.

« Après le lycée, j’ai travaillé quelque temps avec mon frère, Alain. Puis je suis parti dans les Alpes-de-Haute-Provence », explique-t-il. « Là-bas, j’ai travaillé d’abord comme salarié à l’année dans diverses exploitations arboricoles, puis je me suis installé à mon compte, toujours pour faire des travaux agricoles. » C’est dans ce département qu’il va approfondir ses connaissances en matière de conduite des vergers de pommiers.

Il faut rappeler que la région fournit environ un quart de la production française de pommes, ce qui en fait la première région productrice de pommes en France. En effet, d’après les derniers chiffres consolidés de la Draaf Paca, il s’est produit, en 2018, quelque 340 440 tonnes de pommes en région, le Vaucluse étant le premier département de la région, avec plus de 48% de la production régionale.

Et c’est donc assez logiquement que Michel Fert est revenu, en 2014, au pied du Ventoux, pour s’installer à Roaix, et mettre en culture trois hectares de vergers divers. « J’ai repris des terres de mon père, que j’ai en bonne partie arrachées et replantées. Actuellement, je cultive la cerise, l’abricot, la prune, la pêche et la nectarine, un fruit japonais, le nashi, la poire et la pomme. »

Culture raisonnée et circuits courts.

Un tiers ou presque de sa surface agricole utile est consacré à ce fruit. « J’ai fait le choix d’avoir un panel de variété conséquent, mais sans excès, pour pouvoir privilégier un travail qualitatif. » C’est ainsi que se côtoient Gala, Elstar, Golden, Red Delicious, Reinette du Canada, Chanteclerc, Jonagold, Braeburn, Fuji, Granny, Story® et Belle de Boskop… Un choix qui lui permet de commercialiser à l’automne, lors de la récolte, mais aussi au printemps, grâce aux Fuji, aux Braeburn et autres Story®, variétés supportant très bien une conservation en froid normal, sans ajout de gaz. La Story® est sa plus récente variété : plantée en 2016, il fera en ce mois d’octobre sa deuxième récolte de cette pomme à la fois ferme et douce, qu’il mène sur une nouvelle parcelle installée à quelques kilomètres de Vaison-la-Romaine.

S’il n’a pas fait le choix de mener son exploitation en bio, Michel Fert est pourtant très attentif à limiter au maximum les intrants. « Je ne fais qu’une douzaine de traitements par an, pas plus. » Il utilise également la confusion sexuelle, laisse ses vergers enherbés – sauf avant la récolte – et ne passe aucun conservateur sur ses vergers avant la récolte. Une pratique totalement inscrite dans la culture raisonnée.

De façon assez logique, il commercialise cette production en circuit court uniquement, « parce que cela permet une bien meilleure valorisation des produits ». C’est ainsi que l’on peut trouver ses pommes dans divers magasins de producteurs aux alentours de Vaison-la-Romaine, mais aussi à la cantine scolaire, au village vacances et à l’Intermarché de cette commune.

Presque trois mois de récolte.

La récolte 2020 a commencé, pour Michel Fert, aux alentours du 10 août, avec les Gala. « La récolte de la pomme est moins compliquée que celles des fruits à noyau », reconnait-il. « La seule particularité, c’est que les variétés bicolores nécessitent environ trois passages, en fonction de l’évolution de la maturité. » Il récolte ses pommes manuellement, en caisse, pour les préserver. « Je préfère travailler tout seul, car je suis assez exigeant. Comme cela, je suis sûr que les choses sont faites comme je le veux », explique-t-il avec un petit sourire.

La récolte va se poursuivre, dans ses deux vergers, jusqu’à la fin octobre. « Jusqu’ici, tout va bien », reconnaît-il. Les effets du Covid-19 ne se font pas sentir, puisqu’il travaille seul et que, pour l’instant, les cantines scolaires continuent à fonctionner. Pourvu que ça dure…

Pierre Nicolas, CLP


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