Tomates d’industrie : Une délégation sénégalaise accueillie par la Sonito

Publié le 02 septembre 2019

Visite d’une parcelle de tomates où la Sonito teste des apports réduits en fertilisation et en eau.

La Sonito, l’interprofession de la tomate destinée à la transformation, a accueilli une délégation d’homologues du Sénégal. L’objectif pour les visiteurs : en apprendre plus sur les techniques d’irrigation, de culture et de transformation de la filière tomates d’industrie afin d’accroître leurs rendements. Un partenariat issu d’une rencontre faite au salon de l’agriculture.

C’est lors d’une rencontre au Salon de l’agriculture à Paris en 2016, puis d’un colloque sur l’eau, à Montpellier, avec le Fonds pour le développement du pastoralisme au Sénégal, qu’André Bernard, président de la Sonito, a pris contact avec Ablaye Dinj, le président du Comité de concertation sur la filière tomate d’industrie du Sénégal. Cette structure regroupe producteurs et industriels, comme son pendant en France.

Venu passer 15 jours l’an dernier en France à l’invitation de la Sonito, le président et le technicien du comité ont renouvelé l’expérience cette année, avec une délégation de sept producteurs, eux-mêmes présidents d’unions de producteurs, et de deux industriels. Durant une petite semaine, ils ont visité des parcelles d’essais, des champs en récolte, des installations industrielles et même, ce 21 août, l’Inra d’Avignon, dont une unité de recherche est spécialisée dans la transformation et la conservation des produits d’origine végétale. « L’objectif est d’augmenter nos rendements ! », résume Ablaye Dinj.

 

Moins d’intrants.

Le groupe commence ce jour-là par la visite d’une parcelle d’essais mise en place chez André et Sylvain Bernard, à Uchaux, dans le Vaucluse. Là, sont cultivées deux variétés. La première, la H13-11, très riche en lycopène, présente des tomates très rouges. L’autre, la Terradou, est très riche en sucre, donc en matière sèche soluble (MSS). « Travailler avec une matière première plus riche en MSS nécessite moins d’énergie pour fabriquer le concentré : moins d’eau à évaporer et, pour la même quantité de tomates fraîches entrées en usine, il sera donc produit plus de concentré. Nous les plaçons en condition de stress avec peu d’apport d’eau et d’engrais, et nous voulons observer quel sera leur comportement ensuite, lors de la transformation en usine », explique Robert Giovinazzo, responsable technique de la Sonito. Cinq sondes capacitives ont ainsi été installées, ainsi qu’une station météo, pour piloter l’irrigation. « Pour l’instant, nous voyons qu’en réduisant l’irrigation de moitié au milieu du cycle (autour de 50 à 55 jours), la qualité du fruit et notamment sa viscosité paraissent plus intéressantes » estime-t-il.

En effet, la viscosité est un paramètre qui intéresse de plus en plus. C’est ce critère qui va permettre d’avoir une spécialité suffisamment épaisse pour cuisiner. Le marché va, de plus en plus, vers ce type de produits, au détriment du double concentré de tomate. « L’objectif de nos expérimentations ici est d’obtenir dans 10 à 15 ans des variétés adaptées à une culture nécessitant très peu d’eau », résume le responsable technique.

Au fond de la parcelle, le groupe observe également d’autres variétés, tolérantes au mildiou, et des essais réussis de paillage biodégradable. Ce paillage permet de planter les tomates, de réduire encore l’irrigation, car il maintient l’humidité du sol. « Au final, la production est beaucoup plus jolie avec moitié moins d’eau que la parcelle témoin de l’agriculteur. On récolte mécaniquement, puis on l’enfoui dans le sol avec des disques, et il finit de se dégrader complètement. »

Cécile Poulain


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