Syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône : Demain, des côtes-du-rhône éthiques et équitables

Publié le 09 février 2021

Le 26 janvier, le nouveau président, Denis Guthmuller, a présenté sa feuille de route. Elle s’inscrit dans la continuité des mandats de son prédécesseur, Philippe Pellaton. (© C. Zambujo)

L’objectif de Denis Guthmuller, nouveau président du syndicat général des Côtes du Rhône, est de « construire une filière de production durable en impliquant tous les acteurs ». Il veut un juste partage de la valeur, pour des côtes-du-rhône éthiques et équitables.

À l’occasion de l’assemblée générale du Syndicat des vignerons des Côtes du Rhône, le 26 janvier, le nouveau président, Denis Guthmuller, a présenté sa feuille de route. Elle s’inscrit dans la continuité des mandats de son prédécesseur, Philippe Pellaton.

D’abord, il veut redonner du revenu au vigneron. Cela passe par le rendement, facteur clé de la rentabilité des exploitations, avec un haut niveau d’exigence qualitatif : « Il nous faut du volume et de la qualité pour être rentables, ce qui nous obligera à travailler sur l’irrigation, les pratiques culturales et, bien sûr, à poursuivre les travaux sur les cépages résistants ». Il prévoit un accompagnement pour un accès collectif à l’eau et une utilisation raisonnée. Objectif : atteindre le rendement plafond de l’appellation et sécuriser les récoltes via le VCI (Volume complémentaire individuel), et une assurance récolte mutualisée. Rehausser le revenu passe aussi par la valorisation. « Le partage de la valeur prévu par la loi Égalim n’a pas fonctionné. Il nous faut développer une valorisation durable de notre métier, pour transmettre nos exploitations. » Il projette d’élargir les pratiques vertueuses avec négoces et courtiers, en tenant compte des coûts de production.

Devenir une référence nationale en développement durable

Deuxième priorité : accentuer les actions pro-environnement et biodiversité avec l’ambition de faire des Côtes du Rhône une référence nationale en développement durable, et de certifier 70% du vignoble en Haute valeur environnementale et bio en 2025. « Je suis fermement convaincu que travailler sur la biodiversité ne nous apportera que des avantages, à la fois pour la protection de notre environnement, mais aussi vis-à-vis du consommateur, qui y est très sensible. Il nous faut parler de nos pratiques sur l’enherbement, les engrais verts, la pose de nichoirs… partager les plus vertueuses ». Ainsi, est prévue la création d’une commission ‘environnementale’ et d’une plateforme, type réseau social, pour le partage d’expérience.

Troisième priorité : travailler sur le profil des vins rouges, rosés et blancs, pour s’adapter au réchauffement climatique et aux attentes des consommateurs (et contrer les baisses de vente chroniques en grande distribution), en s’appuyant sur l’Institut Rhodanien.

« Ces trois priorités doivent permettre de construire une filière de production durable, impliquant l’ensemble des acteurs, de l’amont et de l’aval, dans une démarche éthique, vertueuse et responsable. Elles pourront nous amener à faire évoluer nos pratiques, notre travail en cave, et le relationnel avec nos interlocuteurs. Il faudra en parler et décider » explique Denis Guthmuller.

Autres projets : redynamiser la Commission des Jeunes vignerons au sein du Syndicat, qui sont « l’avenir de nos appellations » ; mais aussi continuer de protéger le nom ‘Rhône’, en déployant le timbre de garantie ; et délimiter et hiérarchiser l’appellation.

Enfin, Denis Guthmuller se veut être un « président à l’écoute de tous » et proche de sa base. « Ma motivation aujourd’hui est de pouvoir porter une vraie réflexion sociétale sur notre produit, et de raisonner en termes de durabilité et d’équité, tout en proposant un vin qui plaît au consommateur ».

Cécile Poulain


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