Semenciers du Vaucluse : Situation contrastée entre espèces

Publié le 01 mars 2019

Les semenciers de Vaucluse dressent le bilan de la campagne écoulée, envisagent celle à venir, aux côtés de la Chambre d’agriculture et du Gnis.

Les agriculteurs multiplicateurs de semences du Vaucluse tenaient leur assemblée générale le 18 février, à Piolenc. Au programme : bilan de la campagne écoulée, tendances à venir sur les espèces et point sur la PAC.

Le Vaucluse recense 1973 ha de production de semences en 2018. C’est une progression de 12% par rapport à 2017, qui survient après trois années de tendance à la baisse, sans rejoindre toutefois les surfaces de 2014. Le département arrive ainsi en 7e position derrière la Drôme (10 000 ha), le Puy-de-Dôme (6637 ha), l’Isère (5609 ha), les Alpes-de-Haute-Provence (3299 ha), les Bouches-du-Rhône (2915 ha), et le Gard (2339 ha).

 « Ce chiffre recouvre une réalité disparate selon les espèces, avec de grandes fluctuations »  constate Philippe Roux, du Gnis. En particulier, en 2018, on observe à nouveau une chute importante des semences pour céréales à paille (-31%) par rapport à 2017. En blé dur, les surfaces descendent de 356 à 243 hectares, en blé tendre elles basculent de 35 à 5 ha. À l’inverse, les surfaces consacrées aux semences de plantes fourragères sont en progression (+33%). Cette hausse est essentiellement le fait des plantations de légumineuses, en particulier de luzerne. Le maïs est encore en baisse, tombant de 246 à 218 ha. En revanche, une hausse est à noter sur les oléagineux, passant de 444 à 497 ha pour le tournesol, et de 39 à 54 ha pour le colza. Enfin, les semences potagères et florales ont quasiment doublé (+99%), notamment grâce au pois chiche.

Les semences en bio pour tout le secteur Sud-Est sont en progression de 21%, passant de 512 à 622 ha. La progression annuelle est de 10 à 15% depuis plusieurs années. Toutefois, ces surfaces représentent à peine 1,6% des surfaces totales de semences. Cette hausse en 2018 concerne surtout les céréales à paille et le maïs.

Fédérer les syndicats au niveau régional.

Le nombre de semenciers en Vaucluse, atteignant 120 en 2018, marque un ralentissement sensible dans la descente des années précédentes. Toutefois, « la diminution du nombre d’agriculteurs, la difficulté de renouveler le conseil d’administration et de le rajeunir, sont un constat, au Syndicat des agriculteurs multiplicateurs de Vaucluse, comme dans de nombreuses autres organisations agricoles », observe le président, Bruno Doche. Un projet de fédérer les Sams de la région Sud Paca est donc dans les tablettes, « pour que la profession soit bien représentée à l’avenir et continue son travail de défense du monde agricole ».

Sur cette dernière question, André Bernard, président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, a souligné la participation de moins d’un agriculteur sur deux aux récentes élections des Chambres d’agriculture. « Ceux qui n’ont pas voté portent la responsabilité de l’affaiblissement du poids des organisations agricoles face à l’administration. » Il a rappelé la nécessité de construire, ensemble, des solutions concrètes pour répondre aux attentes sociétales, aux changements du climat et pérenniser les exploitations.

L’inventivité vs la baisse de budget.

Christian Étourneau, de la Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences (Fnams) Sud-Est, succédant à Louis-Marie Broucqsault, s’est présenté à l’assemblée. Basé à Etoile-sur-Rhône, il a en charge, en particulier, le pôle machinisme. « Nous allons vers plus d’andainage, cela demande d’adapter le matériel, de le maîtriser. » Sur la problématique des récoltes, « nous testons des barres de coupe utilisées dans certains pays d’Europe de l’Est, en particulier pour le tournesol qui ne s’andaine pas. Les résultats sont intéressants », remarque de son côté Romain Fillol, de l’Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses (Anamso). En effet, l’évolution du matériel est aussi une piste pour améliorer le rendement et réduire le coût de production. « Il faut savoir que pour nourrir un Français aujourd’hui, la matière première brute qui sort du champ coûte 1,20 euros par jour et par habitant ! Et la PAC contribue à hauteur de 0,30 euros par jour et par habitant pour l’alimentation des Français » relève André Bernard. La recherche de solutions a d’autant plus d’importance que le budget de la PAC est appelé à baisser. « Les semences sont une filière d’excellence française, troisième au niveau des devises dans sa balance commerciale » rappelle André Bernard. « À nous de mieux expliquer le travail de multiplication des semences ! »

Cécile Poulain


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