Réseau agro-pastoralisme : Vers un réseau méditerranéen

Publié le 16 mars 2020

Le 25 février dernier, au Salon international de l’agriculture, les organisations pastorales de Paca, d’Occitanie et de Rhône-Alpes ont lancé le ‘Réseau élevage pastoral méditerranéen’.

Plus de la moitié des surfaces en pâturage permanent de France sont concentrées sur 13 départements méditerranéens. Pour défendre les spécificités des systèmes agro-pastoralismes, les organisations pastorales lancent le 'Réseau élevage pastoral méditerranéen'.

Pour sortir de l'ornière la filière élevage de ces zones, un peu à la traîne derrière la filière végétale, les organisations pastorales – soutenues par la Région Sud, la région et Auvergne-Rhône-Alpes et les Chambres d'agriculture d'Occitanie – ont lancé le 'Réseau élevage pastoral méditerranéen', le 25 février au Salon international de l’agriculture, sous l'impulsion des éleveurs. Annoncée par le président de la Maison régionale de l'élevage (MRE Sud-Paca), la profession de foi compte infléchir « la fragilité économique, l'isolement social, la précarité du foncier et la pression sociétale » qui menacent l'activité des éleveurs.

L'élevage agro-pastoral méditerranéen ovin, bovin et caprin, concerne 9800 élevages (Agreste, 2010), 14 100 emplois à temps plein (RGA 2010), produit 2,6 millions d’hectolitres de lait, 31 000 tonnes équivalentes carcasse (Agreste 2015-2016), et entretient 1,4 million d’hectares (Pac 2015). « Il fallait s'organiser sur le plan interrégional », explique Georges Zinsstag, éleveur et élu à la Chambre d’agriculture du Gard.

Pour une reconnaissance des surfaces pastorales.

Espaces menacés par la désertification, spécificités des parcours boisés et herbacés qui doivent « rester éligibles dans le cadre du premier pilier de la future Pac », vecteur de biodiversité, pare-feu… L'agropastoralisme, c'est tout cela. Défenseur de cette « pratique ancestrale dans trois régions », Luc Falcot, éleveur de chèvres du Rove dans les Bouches-du-Rhône et président du Cerpam, escompte « réunir les personnes ressources pour peser sur les politiques européens et français ». Éleveuse et conseillère régionale d'Occitanie, Judith Carmona en appelle à une « reconnaissance des surfaces pastorales », car « Omnibus et les prairies permanentes ne suffisent pas ! », sans compter « les baisses annoncées sur le second pilier de la PAC».

Députée LREM des Alpes-de-Haute-Provence, Emmanuelle Fontaine Domeizel entend « aller au-delà du cercle méditerranéen », assurant transmettre la profession de foi au groupe 'Élevage pastoral' à l'Assemblée nationale. Deux semaines avant la tenue du Sia 2020, l'association des Communes pastorales du Grand Sud, présidée par Denise Leiboff, annonçait d’ailleurs la naissance d'une fédération nationale.

Conseillère en charge des filières animales au cabinet de Didier Guillaume, Nathalie Barbe assure que le ministre « est convaincu de l'enjeu du maintien de la filière » dans le cadre pluriannuel de la prochaine PAC. « C'est encore nébuleux, mais il faut rester dans la continuité de la précédente PAC », espère Frank Dieny, éleveur ovin membre de l'Institut de l'élevage.

Philippe Douteau


Autres productionsElevagePastoralisme réseau méditerranéen parcours élevage