Rentrée des classes : vers une année plus sereine pour l’enseignement agricole

Publié le 13 septembre 2021

À l’occasion de la rentrée, les élèves du Campus Provence-Ventoux sont allés marcher dans les Dentelles de Montmirail. Objectif ? Cohésion. (© CPV)

Si septembre sonne l’heure des vendanges, c'est également le mois fatidique de la rentrée des classes. Sur le territoire vauclusien, l’enseignement agricole entame une nouvelle année pleine de promesses, malgré un recrutement en légère baisse lié aux portes ouvertes annulées à cause de la situation sanitaire.

La pandémie les a forcés à tempérer leur dynamisme sur le territoire mais, cet automne, les établissements agricoles du Vaucluse sont optimistes. Le recrutement n’a pas été aussi simple chez les uns que chez les autres : les portes ouvertes n’ayant pu se tenir dans la majorité des cas, les effectifs restent néanmoins relativement stables et les directeurs des établissements sont prêts à entamer cette nouvelle année. "Il y a toujours le Covid, mais nous avons un regard rassurant et positif : nous allons retrouver de la vie et de l’ambition. Il faut croire en l’avenir", résume Hassan Samr, directeur du Campus Provence-Ventoux (ex-Campus Louis Giraud, voir encadré). Partout, cette rentrée se fait en présentiel, une attente de tous qui sera satisfaite si la situation sanitaire ne se dégrade pas. Quatre niveaux d’alerte ont été mis en place pour permettre l’adaptation du protocole. Pour le moment, l’ensemble de la métropole se situe au niveau 2 et peut donc assurer les cours de façon presque normale, les gestes barrières restant de mise partout. Non-soumis à l’exigence du pass sanitaire (sauf si les entreprises les accueillant l’exigent), les élèves et apprenants seront encouragés par les établissements et le ministère à se faire vacciner, tous ayant reçu la consigne de faciliter la vaccination, même sur le temps scolaire.

"Nous souhaitons rouvrir l’établissement vers l’extérieur. De fait, nous avons tout projeté comme si nous allions pouvoir tout faire et que tous les événements pouvaient se tenir. Je pense, entre autres, à Cheval Passion, qui a une réelle importance pour nos jeunes", explique Éric Varnier, proviseur du lycée Pétrarque d’Avignon. Le lycée devrait d’ailleurs accueillir entre ses murs la 'Fête de la science', le 7 octobre, afin de faire découvrir les labos aux collégiens. À Orange, le lycée viticole réorganisera son traditionnel salon des vins, le samedi 27 novembre. "Nous mettrons en place un système mixte qui nous permettra de mobiliser deux classes : le bac pro, pour un accueil en face-à-face ; et le BTS, qui engage de plus en plus au online", détaille Pascal Buron, directeur de l’EPL. Même principe au mois de mai pour le Campus Provence-Ventoux, qui fêtera également ses 50(+1) ans cette année. Une manifestation avec les acteurs du territoire sera organisée le 15 octobre.

BTS et apprentissage toujours très prisés

À Orange, les près de 150 apprenants feront leur rentrée en octobre et sont, pour le moment, occupés par les vendanges dans leurs entreprises. La demande est forte, mais en phase de stabilisation. Sur le Campus Provence-Ventoux, l’effectif est en revanche dans une phase de hausse constante depuis plusieurs années. Par rapport à l’année dernière à la même période, ils seront 5 à 10 % de plus. De la place reste même dans certaines filières : pour le BTS ACSE (Analyse, conduite et stratégie de l'entreprise), le BTS technico-commercial et la certification de spécialisation 'Construction paysagère'. Le premier, nouveau cette année, propose une orientation 'Gestion' forte et des enseignements assez généralistes, pour permettre une insertion large dans le monde du travail. "Pour toutes ces formations, j’invite les intéressé(e)s à se rapprocher du centre. Selon la demande, nous avons la possibilité de doubler les classes", assure le directeur du Campus.

Du côté de l’EPL de la Durance et du Pays des Sorgues, ils seront 110 à cette rentrée contre 90 l’année dernière. "Il y a un vrai intérêt de la part des jeunes et nos partenaires répondent toujours présents, car nos formations sont adaptées à une demande du territoire : la polyvalence", affirme Éric Varnier. Des formations qui répondent aux besoins des petites structures, nombreuses sur le Vaucluse et particulièrement attentives à ce trait devenu compétence à part entière.

Des établissements de territoire pas "agricolo-agricoles"

Pourtant, les équipes discernent une forme de désintérêt pour la production agricole, comme au lycée agricole de La Ricarde, à l’Isle-sur-la-Sorgue. Le bac pro 'Conduite et gestion d'exploitation agricole' a d’ailleurs fermé ses portes cette année, et sera remplacé par une formation orientée vers la foresterie, à la prochaine rentrée. Selon Éric Varnier, cela "s’explique aussi par la transition du monde agricole. On attire de plus en plus de jeunes, et de moins jeunes, vers les nouvelles technologies, l’agroécologie avec le bio et le Haute valeur environnementale. Il y a un vrai intérêt pour la problématique de l’eau et une sensibilisation à la production locale". Une transformation confirmée par le directeur du campus Provence-Ventoux : "Les établissements ne sont plus 'agricolo-agricoles', mais de véritables établissements de territoire qui répondent aux besoins de celui-ci. Nous bénéficions d’une palette d’enseignement très large sur le campus, mais c’est une tendance générale". L’objectif actuel est donc d’être le plus réactif possible et, surtout, d’être en capacité à mettre en place des formations sur une demi-journée comme sur plusieurs années. La formation continue, elle, fonctionne bien, avec des partenaires de longue date.

Les nouvelles formations répondent donc de plus en plus à cette nouvelle orientation. Le nouveau BTS 'Anabiotec' du lycée Pétrarque, ouvert l’année dernière, en témoigne. "C’est une vraie volonté de développer un volet scientifique, qui correspond aux attentes des jeunes et de la société", explique le proviseur du lycée. Grâce à la Région et un financement de 200 000 €, les labos ont pu être réorganisés, et le lycée a pu se doter de micro-méthaniseurs : "Nous serons, il me semble, le premier établissement à en acheter et nous travaillerons avec l’Inrae de Narbonne à l’expérimentation. Nous encourageons tout ce qui peut aller vers la recherche et ouvrir ces milieux vers le public". L’enseignement agricole se redessine donc, et dans une année de presque retour à la normale, ne fait pas moins preuve d’ambition.

Manon Lallemand


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