Région Sud : Urgence toute !

Publié le 09 avril 2020

« Nous avons aussi récemment été alertés sur les difficultés de l’élevage ovin en grande distribution », s’alarme le président de la Région Sud, Renaud Muselier.

Lundi en fin d’après-midi, le président de la Région Sud, Renaud Muselier, a annoncé un plan d’urgence, de solidarité et de relance de la Région Sud. Son enveloppe ? 1,4 milliard d’euros, « pour accompagner les habitants du territoire à travers cette crise sanitaire sans précédent et pour anticiper l’après-Covid ». Cinq millions d’euros sont sanctuarisés pour l’agriculture.

Les premiers mots sont graves : « En tant que président de Région, président de l’Association des régions de France et médecin, je m’incline devant les professionnels de santé et nos héros du quotidien avec un profond respect. Dans cette guerre implacable que nous menons face au Covid-19, la première ligne (les soignants, ndlr) ne doit pas céder. La seconde – les héros du quotidien, dont nos agriculteurs – doit continuer à œuvrer. Sans eux, la nation s’arrête et notre société s’écroule. » Le président de la Région Sud, Renaud Muselier, a tenu lundi, en fin d’après-midi, une conférence de presse pour présenter un plan d’urgence régional, équivalent au budget annuel de la collectivité.

Après seulement dix jours, 10% des salariés en région Sud sont en chômage partiel, soit près de 150 000 personnes. À l’échelle de la région, 98% des entreprises se déclarent impactées. « L’urgence de la situation appelle à une prise de mesures exceptionnelles pour venir en aide aux soignants, aux entreprises, mais aussi à tous les secteurs directement touchés par cette crise. L’horticulture et le tourisme, dans notre région, sont déjà sinistrés De même, cette situation nécessite de prévoir, dès aujourd’hui, des crédits massifs pour préparer la relance, à l’issue du pic épidémique. »

5 millions d’euros pour l’agriculture régionale…

La Région a donc construit un plan d’urgence, doté de 1,4 milliard d’euros. Et si, pour Renaud Muselier, « le temps de l’analyse viendra », pour l’heure, il faut « d’abord faire bloc ». Ce plan d’urgence a été construit selon deux fronts, ouverts simultanément : « le front sanitaire, et le front économique » d’une part ; et le front des perspectives, d’autre part. En appui du plan de soutien aux entreprises pour maintenir à flot les PME / TPE porté par l'État – un fonds de solidarité national d’un milliard d’euros par mois, une garantie des prêts bancaires de 300 milliards d’euros (lire ci-dessous) –, la Région va amplifier l'effort et « fédérer autour d’elle les collectivités : le bloc Sud est uni et soudé ». Ainsi, la Région va débloquer et sécuriser 124 millions d’euros pour la santé et les entreprises, dont 12 M€ pour le personnel soignant, 42 M€ de fonds européens déjà sécurisés dans cette crise, 65 M€ pour le plan d'urgence des entreprises, 2,6 M€ pour relancer l’industrie touristique, et 5 M€ pour l’agriculture.

« En agriculture, la première urgence est déjà de répondre aux entreprises horticoles sinistrées. Nous travaillons ensuite étroitement avec la Chambre régionale d’agriculture et les branches professionnelles – en lien avec Bénédicte Martin, présidente de la commission ‘Agriculture, viticulture, ruralité, forêt’, et Éliane Bareille, présidente de la commission ‘Ruralité et pastoralisme’ – pour apprécier plus finalement l’impact économique, notamment en termes de main d’œuvre, afin de répondre aux impératifs de travaux et de récoltes dans les terres », explique-t-il, poursuivant : « Nous avons aussi récemment été alertés sur les difficultés de l’élevage ovin en grande distribution, alors que nous avons une production locale conséquente, pour l'heure non privilégiée dans les achats de la distribution, qui lui préfère l’agneau néo-zélandais ». Enfin, 3e axe de travail de la Région : la mise en place de simplifications des règlements, pour maintenir le paiement de toutes les aides Feader. « Il y a, de la part de la Commission européenne, une complexité qu’il faut fluidifier et alléger, pour maintenir ces paiements Feader », a résumé le président de la Région.

.. et l’après-Covid déjà anticipé

Seconde arme de ce plan d’urgence : 103,5 millions d’euros pour « ne laisser personne sur le bord du chemin », en termes de solidarité économique et sociale, avec des mesures notamment ciblées vers les personnes sans domicile fixe, la mise en place d’une chaîne de solidarité pour les bénévoles volontaires souhaitant s’engager, une enveloppe de 4,5 M€ pour la jeunesse et l’enseignement supérieur et la recherche, de 35 M€ pour la culture et de 21 M€ pour les transports.

Enfin, 3e corde de l’arc régional : permettre la relance économique des entreprises post-Covid le plus rapidement possible. C’est pourquoi la Région Sud a également sanctuarisé 1,2 milliard d’euros d'investissements massifs, dont 88 M€ de soutien aux maires et intercommunalités, pour « démultiplier l’action des collectivités », et 50 M€ pour la modernisation du service public d’éducation dans les lycées.

« Toutes ces mesures du plan régional d’urgence et de solidarité, ainsi que le plan de relance, viennent se greffer aux 500 millions d’euros de notre Plan Climat ‘Une coop d’avance’, qui reste notre fil conducteur, avec 30% du budget régional qui lui est consacré », conclut Renaud Muselier.

Céline Zambujo

Pour plus d’informations : http://regions-france.org/ puis ‘Coronavirus : les mesures adoptées par les Régions’


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