Région Sud : "Nous sommes déjà prêts" à agir

Publié le 12 juillet 2021

Sans surprise, Renaud Muselier a été élu président de la Région Sud, vendredi dernier, avec 89 voix, les 39 représentants du Rassemblement national votant blanc. (© Florent Gardin)

Les élections régionales ont pris fin vendredi dernier avec l'élection du président du Conseil régional. Avec ses 57,3 % récoltés dimanche 27 juin à l'issue du second tour, c'est tout naturellement Renaud Muselier, président LR sortant, qui l'a emporté. Lors du vote de cette assemblée, il a été élu avec les 84 voix des élus de l'alliance LR-centriste, les 39 représentants du Rassemblement national votant blanc comme un seul homme.

Dans un discours quasiment d'une demi-heure et à l'issue de son élection avec 84 voix (39 votes blancs des élus du Rassemblement national), le président de la Région Sud, Renaud Muselier a salué la "première région bio de France", celle du sud qui rayonne. "Nous allons écrire l'avenir. Précédemment, nous avons agi pour améliorer le cadre de vie de nos concitoyens, parfois en dehors de nos compétences." Revenant sur la crise sanitaire "aux répercussions économiques majeures et aux répercussions humaines incroyables", il a souligné combien le Covid avait été et est encore "un révélateur de la force de la région. Nous n'avons laissé personne au bord du chemin. Nous avons réagi avec calme, responsabilité" a-t-il rappelé.

Désormais, il s'agit d'ouvrir un nouveau chapitre, et Renaud Muselier en a clairement fixé le cap : "Nous devons aller chercher des fonds européens, avec l'ambition d'atteindre dix milliards d'euros pour les six ans à venir", afin de consolider le budget régional. Mais la Région devra aussi être à même de "travailler avec l'État, pour mettre en place notre contrat d'avenir de 5,1 milliards d'euros, validé en janvier dernier. Nous devons faire vivre nos territoires et faire vivre cette décentralisation que j'appuie de mes vœux".

Mobiliser tous les moyens disponibles

Pour cela, le président a détaillé la méthode qu'allaient suivre les 84 élus de la majorité, forte de dix sensibilités politiques et de 60 % de nouveaux entrants, soulignant que les équipes "étaient déjà prêtes". Puis, le président a souligné que "notre politique régionale doit être une plus-value pour la France" confirmant qu'après "une campagne sans concession ni complaisance", Jean-Laurent Felizia (EELV) qui s'était désisté au 2e tour, et Jean-Marc Governatori (Cap Écologie) "seraient associés au pilotage de cette région en vertu de la parole donnée" et pourraient déposer "des vœux et des motions et des délibérations", ensuite soumises au vote de l'assemblée. Et de poursuivre : "Nous devons maintenant panser les plaies et renouer le dialogue, car le véritable travail commence".

Déroulant ensuite sa méthode pour les mois et les années à venir, Renaud Muselier a martelé qu'il s'agissait de "mobiliser tous les moyens disponibles", sans pour autant "augmenter les impôts" dans le mandat. "Notre capacité à investir reposera sur notre capacité à aller chercher dix milliards de fonds européens et les 5,1 milliards d'euros du plan d'avenir, au bénéfice de tous les territoires (…) et dans le but de développer les circuits courts et la proximité. Le robinet finira par se tarir, mais en attendant, nous devons utiliser tous les moyens à notre disposition."

Dans son discours, le président a également annoncé que la décentralisation fonctionnait dans les deux sens, et qu'il comptait bien faire confiance aux communes, aux intercommunalités, aux départements. Dans ce sens, il a annoncé l'installation d'un conseil des intercommunalités, qui se réunira pour la première fois en fin d'année.

Pour finir, il a énoncé quelques rendez-vous à venir dans les six premiers mois, dont l'accueil du congrès mondial de la nature et le lancement du fonds souverain agricole destiné à faciliter la transmission des exploitations, en septembre ; la tenue d'un grand rendez-vous euroméditerranéen, et la réunion du premier conseil régional des intercommunalités, en novembre ; ou bien encore l'accueil du congrès alpin et la création du chèque conversion des exploitations pour nos agriculteurs, en décembre. Sur les six prochains mois, la Région Sud compte ainsi engager quelque 300 millions d'euros pour tous les territoires, au bénéfice des cinq millions d'habitants de la région.

Une fois le président élu ont eu lieu les nominations des vice-présidents, des présidents des commissions et de la commission permanente, organe l'exécutif de la Région, suivies de l'assemblée plénière. Bénédicte Martin, 6e vice-présidente, est en charge de l’agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir.

Céline Zambujo


OPA - Serv. publicsRégion sud élection muselier bénédicte martin RN agriculture proximité agriculteurs feader plan stratégie