Récupagrie, modèle européen de la collecte

Publié le 20 juin 2022

Les représentants des Schémas de collecte des plastiques agricoles en fin de vie sont venus découvrir la déchetterie au modèle unique de Récupagrie, à Pernes. (ML)

Le plastique n’aura qu’à bien se tenir ! Poussés par l’Europe à trouver des solutions dans le paillage biodégradable et le recyclage, les Schémas européens de collecte des plastiques agricoles usagés visitaient, début juin, l’exemplaire point de collecte vauclusien.

Quelle fierté pour Michel Recordier, producteur de fraises et président de Récupagrie Comtat, la plateforme de collecte vauclusienne associative dirigée par des agriculteurs. Il accueillait – jeudi 2 juin, à Pernes-les-Fontaines – les représentants des éco-organismes européens. Avec la présence du Royaume-Uni, de l’Espagne, de l’Irlande ou encore de la Suède et de la Belgique, il voit une preuve “que l’Europe s’organise pour la gestion des plastiques en fin de vie”.

Dans un contexte de structuration autour de l’objectif ‘Zéro plastique au champs, 100 % recyclés’, la rencontre des Schémas de collecte européens avait effectivement lieu à Avignon, les 2 et 3 juin derniers. L’association APE Europe et Adivalor, l’éco-organisme français, ont proposé aux représentants européens et du monde – puisque l’Australie était également présente en observatrice – tout un programme : une démonstration Rafu sur salade avec l’Aprel, la visite de la SCEA Pantagène qui utilise des films de paillage biodégradable et, enfin, la découverte du site de collecte Récupagrie Comtat, implanté à la déchetterie de Pernes-les-Fontaines.

Un organisme de collecte unique

“Le plastique, ça a été notre révolution copernicienne en maraîchage, dans le Vaucluse comme dans toute la France. Il y a fort à parier que, sans le paillage, la filière ne se serait pas développée”, affirme Gérard Roche, président de l’Aprel. Un plastique utile, mais aux difficultés de recyclage réelles. L’Europe émet chaque année 720 000 tonnes hors emballages, soit 1,2 million de tonnes de plastiques usagés, souillures comprises. Cependant, les dispositifs de gestion de leur fin de vie manquent, et le nettoyage des paillages est peu optimisé, laissant planer la menace d’une interdiction ou d’une forte taxation.

Dans le Vaucluse, la mise en place de Récupagrie a commencé en 2006, avec 26 adhérents. “On est tous des bénévoles. Au départ, on faisait ça pour nous, avec les moyens du bord. Maintenant, grâce aux partenaires qui nous ont accompagné, nous avons un vrai centre”, explique Michel Recordier. “Ici, on ne brûle pas : on recycle”, clame fièrement Robert, employé du point de collecte. Des bennes remplies, il en a vu passer un bon nombre, la plupart venant de maraîchers faisant partie des désormais 350 adhérents que compte le point de collecte. Bernard Le Moine, président de l’APE, souligne par ailleurs l’exemple parfait que représente Récupagrie en termes de “démarche collective et impliquant tous les acteurs du territoire”.

Paillage biodégradable ou recyclable ?

Pour le moment, le recyclage n’est pas privilégié, encore difficile à cause des souillures. Pour cette raison, l’Aprel est “tous fers au feu pour trouver des solutions”, insiste son président. La station travaille avec Invenio – pour la machine Rafu, dédiée à la récupération des films agricoles usagés en vue d’un recyclage – et mène de nombreux essais sur le paillage biodégradable.

“Entre les deux, quelle est la bonne solution ? Nous verrons à la fin des essais”, s’interroge Gérard Roche. Le temps que la filière recyclage fonctionnera aussi mal, le biodégradable semble être la clef. Mais avec l’exemple de Récupagrie et des structures françaises de plus en plus nombreuses, qui dit que le recyclage ne sera pas bientôt la meilleure option, pour les agriculteurs comme pour la planète ?


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