Recherche : Une première pour la R&D bio

Publié le 25 février 2019

Le comité de pilotage de l'UMT Si-Bio, basé sur le site Inra d’Avignon, regroupe une quarantaine de chercheurs et techniciens.

Le lancement, à Avignon, de la première unité mixte technologique 100% bio en France, ouvre la voie au développement de systèmes bio innovants pour le maraîchage, l’arboriculture et la viticulture.

Une cinquantaine de chercheurs a accueilli la presse, le 28 janvier, au centre de recherche régional Inra du domaine Saint-Paul, à Avignon, pour annoncer la création de l'Unité mixte technologique (UMT1) Si-Bio ‘Comprendre, co-concevoir, évaluer et développer en synergie des systèmes horticoles bio innovants’. « L’UMT sert à faire progresser les connaissances scientifiques, mais pour une finalité pratique, concrète », explique Natacha Sautereau, de l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab). Cette unité est la première 100% bio en France. Son objectif est de réunir les nombreuses compétences et connaissances en R&D présentes autour d'Avignon, pour accélérer le développement des systèmes de production bio.

La région Sud Paca est en effet la première en SAU en bio au niveau national, avec 23,2% fin 2017 (source : observatoire régional de l’AB). « C’est une véritable opportunité à vocation nationale, pour produire des résultats concrets, généralisables à court et moyen terme », estime Catherine Decaux, directrice de l’Itab. « Notre centre régional est très orienté sur l’horticulture, la viticulture et la santé des plantes. Cette UMT sera donc structurante pour nos activités. Elle nous donnera aussi de la visibilité pour travailler avec les agriculteurs et les partenaires, car le volet de la valorisation socio-économique est bien présent, en conformité avec le plan stratégique Inra » reconnaît Jean-Philippe Nabot, nouveau président Inra régional.

Au 1er janvier 2019, l'UMT Si-Bio a reçu l'agrément du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, pour une durée de cinq ans, suite à l'avis positif du Conseil d'orientation scientifique et technique de l'Acta. L'UMT Si-Bio est portée par l’Itab et l’Inra via son unité de recherche ‘écodéveloppement’ d'Avignon, en collaboration avec le Groupe de recherche en agriculture biologique (Grab), Bio de Provence Alpes Côte d’Azur, la Chambre d’agriculture régionale Sud Paca et l'Association provençale de recherche et d’expérimentation légumière (Aprel). En termes de moyens humains, une équipe d’une quarantaine de personnes sera affectée, pour une dizaine d’équivalent temps plein (ETP).

« Écologiser » l’agriculture.

« Les enjeux d’écologisation et de diversification de l’agriculture sont forts. Et le secteur bio est en pleine croissance », observe Natacha Sautereau de l’Itab. « Écologiser, c’est comprendre et accompagner les agriculteurs pour que leurs pratiques, adaptées à leurs objectifs, tiennent compte des conséquences sur l’environnement », précise Marc Tchamitchian, directeur de l’unité ‘écodéveloppement’ de l’Inra.

Les partenaires ont construit ensemble le programme de recherche selon quatre axes. Le premier concerne la transition vers la bio et l’analyse des conditions des changements. Le 2e axe s’intéresse aux co-conceptions et évaluations de systèmes horticoles biologiques. L’axe trois s’attache au fonctionnement et à la gestion des agroécosystèmes horticoles biologiques. Enfin, un axe transversal se concentre sur les interactions possibles et la valorisation des résultats.

Parmi les premiers projets portés par la nouvelle UMT, citons : ‘intégrer les animaux aux cultures pérennes’, ‘produire des fruits avec zéro pesticide, avec diversification des espèces et des plantes associées’, ‘gérer des nématodes à galles en maraîchage’… « L’UMT entend produire des références techniques et des guides pratiques. C’est une boîte à outils pour accompagner les agriculteurs dans l’évolution de leurs systèmes de production, avec le développement de partenariats, jusqu’aux écoles. Nous espérons que, dans cinq ans, le territoire autour d’Avignon aura commencé a changé de nature, avec la diffusion de modèles agroforestiers » conclut Marc Tchamitchian.

Cécile Poulain


OPA - Serv. publicsBio recherche avignon UMT Inra