Projet HPR : Premiers projets déposés !

Publié le 27 février 2020

Les réunions sur le projet HPR continuent sur le terrain, pour élaborer des projets de modernisation ou de développement des réseaux d’irrigation

Le projet territorial Hauts de Provence Rhodanienne avance. L’étude des besoins hydrauliques et des propositions d’aménagements ont été rendues. Reste le mode de gouvernance à définir, mais déjà, des projets d’irrigation ont été déposés à la Région, et d’autres vont suivre. Ces agriculteurs, prêts à s’engager, attendent des financements.

Dans les starting blocks ! À Sainte-Cécile-les-Vignes et Violès, les communes et ASA1 sont prêtes. Elles veulent moderniser leur ancien réseau d’irrigation. Elles ont déjà déposé un dossier de demande de subventions auprès de la Région, la première à hauteur de 10 millions d’euros (M€), la seconde à 12 M€. Et d’autres projets sont en cours : en Vaucluse, à Roaix et Séguret, à Villedieu, Buisson et Saint-Roman-de-Mallegarde, à Châteauneuf-du-Pape. Dans la Drôme, sur Mollans-sur-Ouvèze et Mirabel-aux-baronnies.

Pourtant, l’étude juridique finale du projet territorial HPR (Hauts de Provence Rhodanienne) n’est pas rendue. Cette phase ultime doit conclure sur le mode de gouvernance approprié, pour mettre en place et faire fonctionner les aménagements hydrauliques. Une fois déposé, le préfet de Vaucluse donnera son avis. Des projets concrets sont donc sortis, avant même que l’étude soit achevée. Car sur le territoire concerné, au nord du Vaucluse, et au sud de la Drôme, l’accès à l’eau est un enjeu majeur du maintien de l’agriculture.

Sécuriser 50 exploitations par an.

Au total, ces premiers dossiers prévoient donc d’irriguer environ 5000 hectares, avec le même volume d’eau que les 1500 ha actuellement irrigués sur cette zone. En effet, le projet n’a pas pour vocation d’augmenter le volume d’eau utilisé, mais bien d’économiser l’eau par rapport au système en place, avec la possibilité d’installer des goutte-à-goutte sur les cultures, et donc d’accroître la superficie irriguée pour le même volume d’eau.

Ce projet HPR entre dans les critères du Programme de développement rural (PDR) porté par la Région, avec les financements de la Région, du Département, de l’Agence de l’eau et de l’Europe. « Nos collectivités doivent aller capter le maximum de financement possible, d’abord le contrat de plan État-Région, puis le Feder, le Feader, l’Agence de l’eau et la Compagnie nationale du Rhône » explique André Bernard, président de la Chambre régionale d’agriculture.

« Si l’enveloppe budgétaire annuelle était triplée, cela permettrait de financer les aménagements de 1000 nouveaux hectares par an. De sorte qu’à ce rythme, dans 20 ans, la majorité des terres agricoles intéressantes seraient irrigables », résume Mireille Brun, chargée du dossier HPR à la Chambre d’agriculture de Vaucluse. Dans un contexte de région sensible à la sécheresse, elle estime également que cela permettrait de sécuriser durablement 50 exploitations, en assurant l’accès à l’eau pour leurs productions, pour un budget qui correspond à la construction d’un lotissement de 30 maisons. Après une année 2019 caniculaire, la mobilisation des fonds est impatiemment attendue sur le terrain.

Irriguer ne suffit pas.

L’étude HPR a évalué les besoins en hydraulique du territoire, concernant 81 communes sur deux régions et deux départements, et proposé différents aménagements chiffrés, avec deux grandes possibilités. D’une part la modernisation des réseaux d’irrigation existants ; d’autre part, l’extension du réseau à partir du Rhône, l’un au nord Vaucluse, sud Drôme jusqu’à l’Enclave et le second, depuis Châteauneuf-du-Pape jusqu’à Roaix.

La Chambre d’agriculture de Vaucluse accompagne les porteurs de projets dans le dépôt des demandes de subventions. Elle montre que le projet permet d’économiser la ressource en eau, en réduisant, voire supprimant, les prélèvements d’eau dans les rivières déficitaires (Aigues, Ouvèze, Lez) et dans la nappe du Miocène. Elle met également en évidence que le projet est économiquement durable, avec un coût de fonctionnement intéressant pour les adhérents aux ASA.

Toutefois, « l’irrigation ne suffira pas », rappelle André Bernard. « C’est tout un ensemble de pratiques, de changement de cultures, d’outils d’aide à la décision qui permettront de réduire les besoins en eau » souligne-t-il alors même qu’il vient de rencontrer, le 14 février deux eurodéputées – Irène Tolleret et Sylvie Brunet –, au Puy-Sainte-Réparade, pour évoquer notamment les enjeux de l’hydraulique, et envisager des ajustements sur la réglementation européenne.

Cécile Poulain

(1) ASA : Association de syndicats autorisés ; organisme qui regroupe les propriétaires riverains et assure l'entretien de cours d'eau, le plus souvent pour l'irrigation (mayres, fossés, filioles). Établissement public à caractère administratif, son existence peut être imposée par l'État et son fonctionnement soumis à contrôle et autorisation.


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