Projet alimentaire territorial : Cueillette intergénérationnelle

Publié le 10 novembre 2020

Le 21 octobre matin, les visiteurs, jeunes et plus âgés, ont récolté une tonne de pommes de multiples variétés : Crimson, Opale, Story ou Granny Smith.

Au Campus Louis Giraud de Carpentras-Serres, dans les vergers écoresponsables de l’exploitation, une cueillette libre de pommes est organisée depuis plusieurs années. Et le succès est là : jeunes et plus âgés remplissent avec plaisir leurs paniers, à prix attractif. Une action qui s’intègre au Projet alimentaire territorial de Vaucluse.

Une tonne de pommes ! Voilà le bilan de la cueillette libre organisée par le lycée Louis Giraud de Carpentras-Serres ce 21 octobre matin. Une centaine de visiteurs locaux sont venus du Gard, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et certains même de Marseille, dont de nombreux enfants accompagnés de leurs grands-parents ou parents, pour ramasser et cueillir des pommes.

L’entrée et la cueillette sont libres, dans le respect de certaines règles. Isabelle Pèlegrin, responsable de l’exploitation, accueille les habitués arrivés de bonne heure, et leur demande d’attendre l’ouverture. Autre condition, par souci d’équité : la récolte est limitée à 40 kg/personne pour chaque variété de pommes rouges et de pommes vertes. C’est donc un bon moment que passent les familles, qui viennent ensuite faire peser leurs paniers et repartent avec leurs Opale, Story, Granny Smith ou Crimson, au tarif de 1,80 €/kg.

L’opération est menée depuis plusieurs années par l’exploitation agricole du campus, avec les pommes. Depuis deux ans, elle s’est élargie aux cerises et raisins. Et le succès est au rendez-vous. Cette année, l’événement a été intégré au Festival ‘Ventoux saveurs’, et donc relayé également par ce biais-là. Mieux, la fréquentation a été forte lors de la première journée, le 21 octobre. « Cela a si bien fonctionné qu’il reste seulement des Granny Smith dans les vergers pour la journée du 28 octobre », constate Isabelle Pèlegrin, qui répond aux multiples inscriptions par SMS, car la deuxième journée affiche déjà complet.

Parmi les vergers mis à disposition, certains ont déjà eu une première récolte, laissant les ‘gueules cassées’. Ces fruits – dont ni le calibre ni la forme ne permettent de les commercialiser dans les circuits classiques –, représentent environ 20% de la récolte d’un verger. « La cueillette libre est donc une voie pour donner vie à ces fruits. C’est aussi l’occasion de rapprocher les consommateurs de l’arbre, tout simplement », souligne le directeur, Hassan Samr. C’est donc une sorte de ‘leçon de chose’, qui aide, comme autrefois, à mieux comprendre la nature et le monde qui nous entoure.

L’événement permet aussi de toucher un public défavorisé avec, à un prix attractif, des fruits frais et sains, issus d’une exploitation certifiée Haute valeur environnementale.

Agir dans son territoire.

Pour le Campus, ce fut donc l’occasion d’inviter quelques personnalités, pour communiquer sur ce type d’action qui s’inscrit dans le Projet alimentaire territorial (PAT) du Département de Vaucluse ou du nouveau Parc naturel régional du Mont-Ventoux, auxquels l’établissement est associé. En effet, « parmi les missions de l’enseignement agricole – qui sont de former, insérer, participer à l’innovation et la R&D, sans oublier la coopération internationale – il y a aussi l’animation du territoire, et nous souhaitons jouer pleinement ce rôle » explique Hassan Samr, directeur du Campus. De plus, l’établissement assure ici une vulgarisation des politiques publiques, répondant au Plan ‘Enseigner à produire autrement’ et à l’ambition de transition agro écologique.

Autour d’Isabelle Pèlegrin et d’Hassan Samr, étaient donc présents Marilyne Gallet, présidente du conseil d’administration de l’établissement, des représentants du Conseil départemental, du service ‘Agriculture’ de la Cove, le directeur du Crédit Agricole de Carpentras, le directeur du nouveau Parc naturel régional du Mont-Ventoux, Daniel Carles, vice-président du conseil d’administration du Campus, sans oublier Luc Reynard, enseignant. « Je suis très fière de représenter le Campus, car cet établissement agricole et général est tourné vers la société, avec beaucoup de coopération entre agriculteurs et consommateurs. Ce genre d’événements permet de faire découvrir l’agriculture sous son meilleur jour » se réjouit Marilyne Gallet.

Deux PAT.

Le Campus Louis Giraud a donc annoncé son partenariat avec le Conseil départemental sur son PAT même si, pour l’heure, aucune convention n’a été signée. À vocation sociale et éducative, ce projet, lancé en 2019, s'intéresse à la question de la précarité alimentaire.  

En 2020, une distribution de paniers solidaires avec la CAF et la MSA a permis de faire connaître les produits, avec un accompagnement pédagogique sur l'alimentation et la façon de cuisiner ses produits.

En 2021, ce projet devrait être étendu sur l’ensemble du territoire, avec d'autres partenaires financiers, tels les communes. L'objectif : mettre en lien les agriculteurs avec le public en précarité, créer un lien et des habitudes de consommation, et poursuivre le volet pédagogique sur l'alimentation. Le Département envisage aussi la mise en place d’une épicerie sociale mobile agricole ‘Consommez Vaucluse’, ou un mini marché agricole solidaire, dans les quartiers prioritaires. Un volet insertion pourrait aussi inciter les producteurs ou fournisseurs à recruter des saisonniers bénéficiaires du RSA.

En 2022, des bons d'achat ‘Consommez Vaucluse’ encourageraient l’achat de produits agricoles directement dans les points de vente collectifs ou la ferme. Par ailleurs, pour structurer la coordination des acteurs de l'aide alimentaire, une cartographie des modes et lieux de distributions et des besoins est en cours.

De son côté, le Parc naturel régional du Mont-Ventoux a également un PAT, destiné à garantir la sécurité alimentaire des consommateurs locaux. Il prévoit aussi de mettre en valeur la qualité des productions agricoles, d’en favoriser le développement économique des filières, et de mieux tisser des liens avec la société civile. Pour l’heure, la première étape consiste à dresser l’état des lieux de l’offre et de la demande en produits locaux, et le Campus Louis Giraud en fait bien partie.

D’ici là, tous ceux qui n’auront pas pu venir à ces cueillettes pourrons retrouver les fruits dans la boutique du Campus Louis Giraud, à l’entrée de l’établissement !

Cécile Poulain


OPA - Serv. publicsPAT carpentras cueillette louis giraud