Premiers concours de bières d'avignon : ça brasse, çà brasse en Avignon !

Publié le 14 juin 2021

"Pour cette première année, j'ai été le premier surpris d’avoir 121 échantillons et 27 brasseurs qui nous ont répondu", explique José Gonzalves, à droite, président de ce concours. (© FP)

Cette fois c’était la bonne ! Après quelques hésitations de calendrier dues à la pandémie, le premier Concours de bières d’Avignon a pu se tenir le 29 mai dernier, à la Chambre d’agriculture.

Une trentaine de dégustateurs et huit jurys se sont penchés sur les quelque 121 échantillons envoyés par 27 brasseurs. Une réussite encourageante donc pour ce premier Concours des bières d'Avignon, et cette première n’a d'ailleurs laissé personne indifférent : la bière fait visiblement l’unanimité des jurys jusqu’au sein de certaines coopératives qui se sont mises à brasser avec enthousiasme.

Le premier à louer les qualités des nectars présentés, c’est José Gonzalvez, le président de l’association Avignon Foire Expo du Grand Delta. Si son association ne s’occupe plus de la Foire-exposition depuis deux ans – passée à Avignon tourisme –, elle gère toujours le Concours des vins d’Avignon et donc, depuis cette année, le Concours des bières. L'occasion d'en savoir plus sur la genèse de ce projet aujourd'hui devenu réalité. "Le concours a vu le jour grâce à un ami vigneron Carpentrassien. Il avait lancé la brasserie du Ventoux en partenariat avec la cave coopérative de Caromb. Ils se sont associés, ça a bien marché. Je me suis rendu compte que ces brasseries se sont créées en peu de temps, et qu'elles se sont développées rapidement ces trois ou quatre dernières années. Et comme le matériel pour élaborer la bière est le même que celui utilisé pour faire le vin, des jeunes vignerons et même des caves comme celle de Roquemaure (voir encadré) se sont intéressées à la brasserie", explique le président.

Il faut dire que le chemin à franchir n'était pas si grand, compte tenu de l'expérience acquise en termes de concours. "Je m'étais déjà inscrit en 2019 au concours des bières de Lyon et de Paris", explique José Gonzalvez. De quoi arroser une idée qui ne demandait qu'à s'épanouir. "Cette année, on avait prévu de tenir ce concours début février. Mais il a fallu reporter." Qu'importe, ce n'était que partie remise.

Tout est permis !

"Malgré toutes ces difficultés, pour la première année, j'ai été le premier surpris d’avoir 121 échantillons et 27 brasseurs qui nous ont répondu. Venus de Belgique, de tous les coins de France d'une une grande majorité du Vaucluse : en effet, sur 25 brasseurs, 10 sont du Vaucluse." Pour autant, la bière n'est pas le vin", rappelle le président : "À la différence du concours des vins, la difficulté, c’est de servir dans une salle à part chaque échantillon – forcément anonyme – dans un verre – à vin pour concentrer les arômes – pour chaque dégustateur. Ce qui fait que, pour 120 échantillons, il faut plus de 400 verres !"

Et puis, il a fallu se former, car la dégustation de la bière ne suit pas tout à fait les mêmes codes : "Déguster du vin, c'est facile : tout est normalisé, réglementé et donc, on reconnaît rapidement les défauts et qualités d’un vin". La hiérarchisation sur la bière, en revanche, n'a rien à voir. Dans les vins, les crus, villages, noms de village, génériques, IGP….  créent un classement naturel. "Mais dans la bière : tout est permis !"

En effet, derrière chaque brasseur, chaque artisan a sa recette secrète qui va donner un style de bière, sans parler des robes blondes, brunes, blanches, ambrées, rousses, noires, sans compter les bières aromatisées… "Il y a aussi des bières bio, et j'ai découvert qu'il y en avait beaucoup. Je pense que l’année prochaine nous ferons une catégorie bières bio, comme nous devons être les seuls à le faire pour le vin." Autre segmentation : le degré d'alcool :"On trouve les bières qui ont moins de 6°, plus de 6° ou plus de 8° d’alcool. Mais c’est agréable parce que, à la limite, chaque bière est unique".

Un concours moins facile donc qu'il pouvait apparaître aux yeux des néophytes, comme le reconnaît José Gonzalves : "La dégustation de la bière est difficile, davantage que pour le vin. Mais c’est plus agréable : la palette des arômes et des goûts est beaucoup plus large. Ce qui différencie beaucoup les bières entre elles, c’est l'amertume et ensuite, ce sont les arômes".

Francis Pabst, CLP


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