Pomme de terre de Pertuis : vers des méthodes alternatives de gestion de la production

Publié le 13 septembre 2021

Ensemble, les membres de l’association forment le noyau dur des producteurs de pommes de terre de Pertuis. (© APPTP)

Peu de temps avant que la récolte ne débute, fin juillet, les membres de l’Association des producteurs de la pomme de terre de Pertuis se sont retrouvés pour une assemblée générale. En ligne de mire pour les prochaines années : la poursuite de la démarche agroécologique, pour une production toujours plus qualitative.

Ils sont huit, mais l’association de producteurs a de beaux jours devant elle, grâce à une dynamique en place bien rodée. Œuvrant pour la promotion de la pomme de terre pertuisienne depuis 2008, elle n’a depuis eu de cesse de participer à toute sorte d’événements agricoles, pour défendre et assurer la mise en avant du précieux tubercule. Cultivée dans la plaine de Durance qui bénéficie d'un terroir sableux-limoneux très favorable, et toujours estampillées du logo officiel de la marque, cette pomme de terre primeur symbolise un terroir que les Provençaux affectionnent.

En 2020, la pomme de terre de Pertuis n’a toutefois pas pu jouir de la communication actuelle autour de sa marque. La faute au Covid qui a obligé l’association à ralentir le rythme. Les manifestations, auxquelles la marque veille à maintenir un stand, se sont vues annulées, les expérimentations également. Comme pour bon nombre d’associations du territoire, elle n’a pas pu mettre à profit tout son enthousiasme auprès des consommateurs, bien qu’un stand et quelques supports de communication aient pu trouver leur place au sein de la Halle de producteurs Terres de Provence, à Plan de Campagne (13).

2021, année de reprise

La pomme de terre de Pertuis ne manque cependant pas de projets. L'année 2021 est marquée par la reprise des actions de communication, malgré un début d’année encore mouvementé à cause de la situation sanitaire. Ainsi l’association a-t-elle pu participer, pour l’heure, à Terroir en fête à Châteauneuf-de-Gadagne, ou encore au marché des producteurs au Mont Ventoux, à l’occasion du Tour de France. Le rendez-vous est donné le samedi 23 octobre à Pertuis, pour la 'Fête de la patate et du vin bourru', organisée avec la cave des Bons Sachants. "Il y a deux ans, nous avions accueilli entre 300 et 400 personnes. Tout le monde avait joué le jeu et nous espérons que cette année puisse permettre de reprendre les festivités", expose fièrement Christine Charri, animatrice de l’association. Si la fête de la moisson de Revest-du-Bion cet été n’a finalement pas pu se tenir, le conseil d’administration de l’association de producteurs mise encore beaucoup sur les retrouvailles du mois d’octobre et la fête de la truffe de Rognes, au mois de décembre.

En parallèle, la communication bat son plein, avec de nouveaux objectifs pour maintenir le site internet et la page Facebook de l’association à flot, créer de nouveau flyers 'recettes', des banderoles ou encore des parasols… aux couleurs de la pomme de terre de Pertuis bien évidemment !

À l’issue de 2021, les producteurs espèrent donc renforcer cette communication, notamment "sur les méthodes de production de la pomme de terre" et la valorisation des "techniques de production agroécologiques de la pomme de terre".

Trouver des solutions agroécologiques

En accord avec son temps, l’association souhaite "faire évoluer les producteurs de pommes de terre de Pertuis vers un développement plus actif, et plus diversifié, des méthodes alternatives concernant la gestion phytosanitaire et agronomique". Comprenez bien : le tournant agroécologique sonne également aux portes du tubercule provençal ! Cette année vient par ailleurs clôturer l’action du GIEE 'Développement de la filière pomme de terre de Pertuis par une amélioration des performances techniques, économiques et commerciales'. Mis en place en 2017, il a depuis fait son chemin et a pu mener plusieurs expérimentations avec l’Aprel, notamment contre les taupins et teignes. Le dernier en date avait pour objectif de tester de nouvelles variétés plus précoces que les variétés en place (majoritairement de la Monalisa ou de la Samba), et adaptées au terroir. Les résultats seront présentés fin 2021 aux membres de l’association, qui dégusteront à l’aveugle et apprécieront les qualités organoleptiques.

Le GIEE avait aussi engagé des expérimentations sur les techniques de défanage afin de limiter les intrants. "Il y a aujourd’hui des producteurs qui sont convaincus et qui font du broyage", explique Christine Chiarri. Bien que le bilan du groupement approche, les producteurs, eux, entendent bien continuer sur leur lancée.

Cette année, la récolte s’annonce quant à elle satisfaisante d’après André Serri, président de l’association : "On part sur une récolte de petits calibres : les pommes de terre ont un peu manqué d’eau, mais rien de catastrophique. Nous sommes passés en phase de stockage, et allons maintenant commencer la commercialisation sur nos stands".

Affaire à suivre donc, mais si une chose est bien sûre, c’est que le petit tubercule de Pertuis n’a pas fini de faire entendre parler de lui !

Manon Lallemand


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